Génétique et environnement favorisent l’obésité

Dernière mise à jour 15/01/15 | Questions/Réponses
Génétique et environnement favorisent l’obésité
L’épidémie actuelle de surpoids et d’obésité demande des actions de notre part.

L’obésité et le surpoids sont toujours plus présents dans les sociétés développées. A tel point que cette augmentation ressemble à une épidémie. Comment l’expliquer? Le Pr Luc Pellerin, du département de physiologie de l’Université de Lausanne, donne des pistes.

Des facteurs génétiques sont-ils à l’œuvre dans l’accroissement actuel de l’obésité?

Pr Luc Pellerin: Certainement. Nous formons l’hypothèse que l’être humain a acquis, puis conservé, des gènes qui facilitent le stockage de réserves énergétiques sous forme de graisse. En effet, on peut s’imaginer qu’à des périodes anciennes au cours de notre évolution, l’approvisionnement en nourriture était aléatoire. Pouvoir stocker des graisses en période d’abondance constituait alors un avantage adaptatif.

Toute la difficulté est de déterminer quels sont les gènes qui rendent ce processus de stockage plus ou moins efficace. Mon équipe en a identifié un mais ce n’est que le début d’une longue série

En tous les cas, la génétique influe certes sur les capacités des individus, mais il faut aussi considérer l’environnement dans lequel elle s’exprime.

Justement, quelles sont les grandes causes environnementales de l’obésité?

Il y a tout d’abord la sédentarité. Notre mode de vie fait que nous n’avons plus besoin d’une activité physique régulière et importante et que nous évitons les efforts soutenus. Nous prenons tous les jours l’ascenseur ou les escalators plutôt que l’escalier, nous utilisons la voiture pour des trajets de quelques centaines de mètres. Il en va de même professionnellement: rares sont aujourd’hui les métiers physiques et pratiqués à l’extérieur.

Ensuite, nous avons accès sans effort à une nourriture riche et abondante. De plus, les rythmes de repas se sont modifiés et l’on mange continuellement des petites quantités très vite. Or, l’organisme possède des mécanismes pour signaler qu’il a assez mangé, mais ceux-ci ne sont pas instantanés. Ils sont donc faussés si l’on mange trop vite.

Le stress de nos existences agit, lui, indirectement en réduisant le temps consacré direct sur le stockage des graisses.

Enfin, les substances chimiques présentes dans l’environnement, par exemple les perturbateurs endocriniens, jouent peut-être un rôle, mais on n’en a pas encore de preuve irréfutable.

L’environnement ou l’héritage génétique: qui est le plus responsable?

Il est très difficile de le savoir: c’est l’interaction entre les deux qui compte. Par contre, il est plus facile d’agir concrètement et rapidement sur notre environnement!

Alors, que peut-on faire?

Il faut favoriser la reprise d’une activité physique plus importante. On ne peut pas obliger les gens à consacrer trois heures au sport, mais on peut promouvoir des gestes simples comme préconiser la marche pour effectuer de courts trajets ou ne pas prendre l’ascenseur.

Il faut aussi réapprendre à prendre du temps pour manger et apprécier une nourriture plus saine et plus simple. Cela passe notamment par une éducation au goût. Enfin, il faut parvenir à se ménager des plages de repos ou de loisir, dans le cadre d’un rythme de vie plus en accord avec notre rythme endogène ou physiologique. 

 

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