«Sauter» le petit-déjeuner n’a pas d’effet sur le poids

Dernière mise à jour 24/09/14 | Article
«Sauter» le petit-déjeuner n’a pas d’effet sur le poids
Des chercheurs britanniques démontrent que le premier repas matinal de la journée n’est pas aussi important qu’on le dit.

C’est une conclusion qui va à l’encontre de bien des idées reçues. Elle est avancée par un groupe de chercheurs de l’Université de Bath (Royaume Uni) et vient d’être publiée dans The American Journal of Clinical Nutrition1. Les auteurs y expliquent, chiffres à l’appui, pourquoi le petit-déjeuner n’est pas «le repas le plus important de la journée».

Ce premier repas est, selon eux, sans conséquences véritablement significatives sur le poids, le métabolisme ou les différents indicateurs biologiques témoignant de la santé du système cardiovasculaire.

Sensation de bien-être

Attention: cette étude a été menée sur un faible échantillon de volontaires et ne permet pas de conclure au caractère totalement facultatif de ce premier repas de la journée. Aucune leçon générale ne peut ici être donnée et les personnes qui sont amenées à dépenser de fortes quantités d’énergie le matin ne peuvent pas, à la différence d’autres, faire l’économie du petit-déjeuner.

Cette étude n’a d’autre part pas porté sur les effets possibles d’un jeûne prolongé sur différents paramètres (comme la concentration, l’humeur ou la sensation de bien-être) souvent associés à une prise calorique matinale. Pour autant, les chercheurs semblent démontrer l’absence d’effet significatif de la prise d’un petit-déjeuner sur le contrôle du poids.

De nombreuses études se sont intéressées aux effets du petit-déjeuner sur la santé et notamment à l’effet «PEBO» (proposed effect of breakfast on obesity). L’étude dirigée par James Betts et Dylan Thomson (Departments for Health and Biology and Biochemistry, University of Bath), a été menée auprès de 38 personnes suivies durant six semaines. Les participants étaient âgés de 21 à 60 ans, de poids normal (IMC: 20 à 25 kg/m2) ou en surpoids (IMC: 25 à 30 kg/m2).

720 calories ou rien

La moitié des volontaires prenaient un petit-déjeuner, l’autre non. Le groupe «petit-déjeuner» recevait environ 720 calories dans les deux heures suivant le réveil. Le groupe «jeûne matinal» n’était autorisé qu’à boire de l'eau avant midi. Tous les participants devaient tenir un journal alimentaire et étaient équipés d’un appareil permettant d’évaluer leur dépense énergétique et d’un dispositif de surveillance de la glycémie.

Au départ de l’étude, chaque participant avait subi un test sanguin afin d’évaluer la concentration d’hormones, de différents métabolites et de graisses dans le sang. Les mêmes analyses ont été pratiquées six semaines plus tard. Au final: absence d’effet significatif sur le métabolisme, la masse corporelle, la masse de graisse ou les indicateurs cardiovasculaires (cholestérol et marqueurs inflammatoires).

Les résultats montraient aussi que le groupe «petit-déjeuner» dépensait en moyenne plus d'énergie avant midi et qu’il ne montrait pas un appétit réduit au déjeuner. Aucune différence n’a été constatée entre les deux groupes sur la durée du sommeil, la masse corporelle et graisseuse, les hormones, le cholestérol ou les marqueurs inflammatoires, la glycémie à jeun ou l'insuline. Seule différence notable: après six semaines, le groupe «sans petit-déjeuner» montrait une plus grande variabilité de la glycémie l’après-midi et le soir.

En toute hypothèse, le fait de «sauter le petit-déjeuner» ne permettrait en rien de lutter contre le surpoids ou l’obésité.

_________

1. Le texte complet (en anglais) de la publication de The American Journal of Clinical Nutrition est disponible ici.

A LIRE AUSSI

Microbiote
Il est parfois difficile de distinguer les douleurs de l’intestin de celles de l’estomac

Maux de ventre et ballonnement, ça s’explique

Au plaisir de déguster un bon repas se succèdent parfois des désagréments digestifs tels que des maux...
Lire la suite
Anémie
Femme fatiguée

Le manque de fer touche surtout les femmes

Lors de grosses fatigues, on oublie souvent de chercher du côté d'une carence en fer. Or, ce phénomène...
Lire la suite
Anémie
Et si c’était un manque de fer?

Et si c’était un manque de fer?

Perte de cheveux, ongles fragilisés et fatigue sont les signes d’une carence, souvent féminine, qui se...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
Statines

Les médicaments anticholestérol se retrouvent au coeur du débat

Si l’alimentation et l’activité physique sont les premières mesures à prendre en prévention primaire contre un taux trop élevé, la prise de statines peut s’avérer nécessaire et sauver des vies.
Arrêter le sucre est-il bon pour la santé?

Arrêter le sucre est-il bon pour la santé?

Traduit en français l’an dernier, le livre de l'Australienne Sarah Wilson «I quit sugar» («C'est décidé, j'arrête le sucre»), est rapidement devenu un best-seller. Au-delà de l’effet de mode, que faut-il penser d’un régime sans sucre? Le point avec Alain Golay, spécialiste de l’obésité aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).
Videos sur le meme sujet

Régimes: ils font tous grossir!

Les régimes amincissants semblent avoir encore de beaux jours devant-eux. Ils nous ont vanté mille et une recettes pour maigrir vite et sans effort. L'émission "L'Antidote" se penche sur ces promesses miracles vendues pour nous faire perdre du poids en compagnie du Dr Eric Heraïef.

Cholestérol: lutter contre les excès et sauver ses artères

Qu'est ce que le Cholestérol exactement? Que fait-il, à quoi sert-il? Pourquoi en parle-t-on autant? Quels liens existent entre le cholestérol et certaines maladies? Le Prof Roger Darioli nous donne quelques clés à ce propos.