Les substituts nicotiniques sont efficaces

Dernière mise à jour 11/03/11 | Dossier
substitut_nicotine
Patches, chewing-gums ou pastilles, inhalateurs... Pour aider les fumeurs réellement motivés à s’arrêter de fumer, les substituts nicotiniques sont des armes de choix qui doublent les chances de réussite. Pourtant, il y a un an, la presse mettait en doute l'efficacité des apports de nicotine

Introduction

Patches, chewing-gums ou pastilles, inhalateurs... Pour aider les fumeurs réellement motivés à s’arrêter de fumer, les substituts nicotiniques sont des armes de choix qui doublent les chances de réussite. Pourtant, il y a un an, la presse mettait en doute l'efficacité des apports de nicotine en relayant des résultats obtenus chez l'animal - résultats publiés notamment par un scientifique ayant travaillé pour d'industrie du tabac. Mise au point avec le Pr Jacques Cornuz, de la Policlinique médicale universitaire (PMU) de Lausanne.

Quels sont les substituts les plus efficaces?

Globalement, ils ont tous la même efficacité. Ils sont toutefois complémentaires: les patches diffusent de la nicotine de façon continue dans le sang, tandis que les chewing-gums, les pastilles et les inhalateurs ont une courte durée d’action et peuvent être utilisés dès qu’une sensation de manque se fait ressentir. De plus, ils permettent de reproduire une certaine gestuelle du fumeur avoir quelque chose dans la bouche ou dans les mains. On peut donc combiner soi-même les substituts, en bi- ou en trithérapie, sans aucun risque de surdosage.

La nicotine absorbée par l’intermédiaire de ces substituts est-elle toxique?

Non. Cette absorption de nicotine n’a aucun impact sur la santé : ce sont les fumées inhalées qui provoquent les maladies liées au tabagisme. La nicotine est en revanche l’une des principales substances – mais il y en a probablement d’autres – qui provoquent la dépendance au tabac. Lorsqu’un fumeur décide d’arrêter de fumer, sa quantité de nicotine dans le sang passe brutalement à zéro; c’est ce qui provoque les effets de manque ou « sevrage tabagique »: irritabilité, maux de tête, troubles du sommeil, augmentation de l’appétit, et quelquefois dépression. Des apports modérés, contrôlés de nicotine permettent de corriger ces troubles.

Existe-t-il d’autres substances pour aider au sevrage?

Il existe deux médicaments, sans nicotine, mais qui permettent de soulager les manifestations du sevrage: le bupropion, un antidépresseur, et la varénicline, qui imite l’action de la nicotine dans le cerveau. Ces traitements peuvent dans certains cas permettre d’individualiser au mieux la prise en charge des personnes désirant s’arrêter de fumer. Ils sont parfois plus appropriés que les substituts, mais ils sont évidemment prescrits sur ordonnance et peuvent avoir des effets secondaires.

A LIRE AUSSI

Tabac
Arrêt du tabac et prise de poids: qui est concerné et qui ne l’est pas?

Arrêt du tabac et prise de poids: qui est concerné et qui ne l’est pas?

La prise de poids associée à l’arrêt du tabac représente un obstacle chez les fumeurs qui envisagent...
Lire la suite
Alcool
oktoberfest

Les excès d’alcool provoquent des arythmies cardiaques

Même ponctuelle, l’alcoolisation massive est délétère pour le cœur. Elle expose des personnes jeunes...
Lire la suite
Addiction au travail
Qu’est-ce que la dopamine?

Qu’est-ce que la dopamine?

C’est le New York Times qui l’écrit: notre cerveau «regorge de substances chimiques», et l’une de ces...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
substances_mieux_fonctionner

Des substances pour mieux fonctionner?

Le marché regorge de produits qui nous permettraient d’aller mieux, d’être plus efficace et moins stressé. Faut-il pour autant céder à la tentation? Au salon Planète Santé live, une conférence menée par la Pre Barbara Broers, spécialiste des addictions aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), et Bengt Kayser, professeur à l’Institut des Sciences du sport de l’Université de Lausanne (UNIL), pose la question et nous invite à nous interroger.
vapotage_nocif_pas

Le vapotage: nocif ou pas?

Inventée en Chine au début des années 2000 puis peu à peu distribuée sur le marché mondial, la cigarette électronique constitue une alternative à la cigarette classique. Plusieurs millions d’utilisateurs l’ont adoptée pour se sevrer du tabac. Mais est-elle inoffensive? Et aide-t-elle vraiment à cesser de fumer?

Comment l’addiction modifie le cerveau

Neuroscientifique à l’Université de Genève, Christian Lüscher a élucidé les mécanismes cérébraux qui conduisent à l’addiction et a trouvé le moyen de les neutraliser chez les souris. Le chercheur a reçu le prix Théodore Ott 2017 pour ses travaux qui pourraient avoir d’importantes implications cliniques.
Videos sur le meme sujet

Pourquoi le tabac est-il dangereux pour la santé?

Fumer des cigarettes est nocif, parce que le tabac est dangereux surtout quand il brûle.

Comment la Suisse abandonne ses enfants à l'industrie du tabac

Grâce à la prévention, le nombre de fumeurs diminue en Suisse, sauf chez les jeunes.

Journée sans tabac: l'IQOS sous la critique

L’IQOS, un produit fabriqué par Philip Morris permettant de fumer du tabac de manière moins nocive, ne tiendrait pas ses promesses.
Maladies sur le meme sujet
Radio des poumons

Cancer du poumon

Chaque année en Suisse, on dénombre environ 4100 nouveaux cas de cancer du poumon (carcinome bronchique), ce qui représente 10 % de toutes les maladies cancéreuses. Le cancer du poumon touche plus souvent les hommes (62 %) que les femmes (38 %). C’est le deuxième cancer le plus fréquent chez l’homme, et le troisième chez la femme. C’est aussi le plus meurtrier, avec 3100 décès par an.