Quand jouer, ce n’est plus gagner

Dernière mise à jour 26/09/18 | Article
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Dans une conférence sur l’addiction aux jeux d’argent, la psychologue Coralie Zumwald et le Dr Olivier Simon du Centre du jeu excessif du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) aborderont les risques de ces comportements, pour soi et pour l’entourage.

Au salon Planète Santé live

du 4 au 7 octobre 2018
Palexpo, Genève

Loterie à numéros, billets à gratter, jeux en ligne, paris sportifs, casinos… Les possibilités de jouer de l’argent dans l’espoir d’en gagner plus ne manquent pas. Seulement voilà, lorsque le jeu d’argent devient un rituel dont on ne peut plus se passer, les conséquences pour soi et pour ses proches ne se font pas attendre. «Pour chaque personne concernée, dix autres en paient également le prix», prévient Coralie Zumwald, psychologue au Centre du jeu excessif au CHUV à Lausanne. En Suisse, 1 à 2% de la population est touché par une telle addiction, dont une grande majorité d’hommes.

Un véritable cercle vicieux

L’espoir de gain est au cœur de ce comportement, «mais plus on joue, plus on perd! Et plus on perd, plus on veut se refaire. C’est un véritable cercle vicieux», explique la psychologue. Et souvent, le joueur s’enlise et souffre. La perte de contrôle qui s’installe entraîne petit à petit des symptômes d’anxiété, voire de dépression. Le sentiment d’être dans l’impasse qui naît peut conduire au désespoir et même à des idées suicidaires. Le jeu excessif est associé le plus souvent à une perte de productivité. C’est la porte ouverte aux problèmes professionnels d’abord, puis financiers et judiciaires, dont il peut être difficile de se relever. C’est alors que tout l’équilibre social et familial de la personne vacille.

Heureusement, dans tous les cantons romands, des structures existent pour sortir la tête de l’eau. La prise en charge proposée est pluridisciplinaire, avec des psychologues, des psychiatres et des assistants sociaux. Ici, pas d’accompagnement type, mais un suivi individualisé en fonction des objectifs de la personne et de ses besoins (situation de crise avec la famille, le conjoint, l’employeur, démêlés judiciaires, endettement). L’entourage peut y être associé.

Informations et aide

www.sos-jeu.ch Liste des lieux d’aide par canton et autres ressources pratiques.

www.jeu-excessif.ch Informations complémentaires sur le site du Centre de jeu excessif du CHUV.

0800 801 381 Numéro vert gratuit et anonyme pour la Suisse romande. Au bout du fil, des personnes formées pour répondre aux questions et inquiétudes des personnes concernées et de leurs proches.

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Paru dans Planète Santé magazine N° 30 – Août 2018

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