Covid-19 et addictions

Dernière mise à jour 22/11/20 | Article
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La pandémie a-t-elle influencé les consommateurs et précipité certains dans l’addiction? Éléments de réponse…

La fermeture des frontières liée à la crise du coronavirus a eu un impact mineur sur l’approvisionnement en psychotropes et autres produits illégaux. «Nous avons toutefois vu des consommateurs de crack à Genève, ce qui est plutôt nouveau, précise le Pr Daniele Zullino, médecin-chef du Service d’addictologie au Département de santé mentale et de psychiatrique des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Ce produit est fait avec de la cocaïne de mauvaise qualité et il est fort probable qu’il a permis de substituer cette dernière lorsqu’elle venait à manquer.»

Plus globalement, le semi-confinement a eu comme conséquence une augmentation de la consommation d’alcool, de tabac et de cannabis chez les personnes les plus fragiles. «Parmi mes patients abstinents, nombreux sont ceux qui ont recommencé à boire, précise Daniele Zullino. Être cloîtré à la maison, c’est être confronté aux problèmes que l’on a.» Un avis partagé par Jean-Bernard Daeppen: «Les angoisses et le mal-être liés à l’isolement ont clairement eu un impact sur la consommation des personnes dépendantes à l’alcool.» Chez les autres, ceux qui aiment partager un apéro en terrasse ou une bière après le travail, le semi-confinement a plutôt limité les occasions et donc la consommation.

Quant aux fumeurs, ils ont grillé plus de cigarettes qu’à l’accoutumée, selon Addiction Suisse. Myriam Kohler Serra, responsable de la consultation ambulatoire de tabacologie de l’Hôpital de Morges, constate qu’une partie de sa patientèle a remis à plus tard son projet d’arrêt du tabac: «La pandémie a engendré plus d’inquiétudes, de stress et de tristesse chez la plupart des gens. Pour certains de mes patients, abandonner la cigarette dans une période aussi anxiogène était trop difficile.»

Le confinement a aussi eu un impact sur la consommation de jeux en ligne qui deviennent vite très coûteux. Markus Fleury tire la sonnette d’alarme: «Ce n’est pas anodin: ces jeux sont parmi les plus addictifs, car on peut jouer à tout moment et continuer sans interruption.»

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Paru dans le hors-série « Votre santé », La Côte, Novembre 2020.

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