Consommation excessive d’alcool: deux clics pour savoir où on en est

Dernière mise à jour 14/08/14 | Article
Consommation excessive d’alcool: deux clics pour savoir où on en est
Un questionnaire ultrarapide permettrait aux médecins généralistes de détecter simplement leurs patients les plus à risque.

La consommation excessive d’alcool constitue un fléau souvent sous-estimé. Selon l’OMS, elle serait chaque année à l'origine d'environ 2,25 millions de morts prématurées et d’une part importante de la morbidité au niveau mondial. Un récent rapport des Centers for Disease Control (Etats-Unis) établit que les boissons alcooliques sont aujourd’hui directement responsables d’un décès sur dix chez les citoyens américains en âge de travailler.

Il s’agit donc d’un problème considérable de santé publique. Et s’il était possible d’élaborer un questionnaire rapide, permettant aux médecins généralistes de diagnostiquer d’éventuels problèmes dans le cadre d’une consultation de routine? C’est la question que s’est posée un groupe de chercheurs de l’Université de Leicester (Grande-Bretagne).

Rapide et précis

Leur étude vient d’être publiée dans le British Journal of General Practice(1). Les chercheurs ont travaillé à partir de dix-sept travaux menés auprès d’un total de 5646 personnes. Cette analyse statistique leur a permis de constater que dans 87,2% des cas, les deux questions suivantes permettaient d’identifier les volontaires souffrant de problèmes liés à l’alcool:

  • A quelle fréquence vous arrive-t-il de consommer six verres d’alcool ou plus au cours d’une seule occasion?
  • Au cours des douze derniers mois, l’alcool vous a-t-il poussé à faire quelque chose que vous regrettez aujourd’hui?

Le Dr Alex Mitchell, auteur principal de l’étude, explique que les médecins généralistes sont particulièrement pressés par le temps. «Ils n’ont pas le temps de soumettre une longue liste de questions à chaque patient. Plus le questionnaire est court, plus il convient au médecin –et plus il y a de risques qu’il soit imprécis.»

Pour aller plus loin

L’étude statistique réalisée est efficace. Mais le Dr Mitchell souligne toutefois qu’elle ne peut à elle seule permettre de réaliser un diagnostic complet: «Notre travail montre que ces deux questions fonctionnent assez bien, mais lorsqu’elle permet de détecter une personne souffrant potentiellement d’un problème lié à l’alcool, un questionnaire plus détaillé de quatre questions doit alors être utilisé», tel que le test «CAGE», composé des questions suivantes:

  • Avez-vous déjà ressenti le besoin de réduire votre consommation de boissons alcooliques?
  • Votre consommation a-t-elle suscité des critiques ou de l’agacement parmi votre entourage?
  • Vous êtes-vous déjà senti coupable de boire?
  • Avez-vous déjà ressenti le besoin de boire au réveil, pour calmer vos nerfs ou vous remettre d’une gueule de bois?

Les chercheurs expliquent qu’en associant leurs deux questions à ce test plus poussé, il est possible d’identifier les patients concernés par l’alcoolisme dans environ 90% des cas.

«De nos jours, les médecins généralistes n’interrogent leurs patients sur leur consommation d’alcool que dans 3% de leurs consultations, résument-ils. Les dépistages de routine basés sur des questions simples sont une tentative visant à améliorer la situation. Les données laissent penser que la stratégie des deux questions suivies par un test plus poussé est la plus pertinente.»

Mais rien n’interdit à chacun de ne pas attendre les questions de son médecin pour répondre à ce questionnaire. Et, si nécessaire, de l’informer du résultat obtenu.

__________

(1) Un résumé (en anglais) de cette étude est disponible ici.

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