«Alcochoix+»: contrôler sa consommation d’alcool avant d’en dépendre

Dernière mise à jour 06/02/12 | Article
Tas de bouchons
Eviter la dépendance à l’alcool avant qu’il ne soit trop tard. Facile à dire mais comment s’y prendre? Une méthode originale très appréciée au Canada est arrivée en Suisse romande grâce au Groupement romand d’Etudes des Addictions (GREA). Des précisions avec le Dr Thierry Favrod-Coune, référent alcool en médecine de premier recours aux HUG.

«Alcochoix+» est un programme destiné aux gens qui s’inquiètent de leur consommation d’alcool ou de ses conséquences. Ceux qui arrivent encore à contrôler leur penchant pour la boisson mais qui prennent déjà entre 14 (pour les femmes) ou 21 (pour les hommes) et 48 verres d’alcool par semaine ou plus de 4 verres par occasion, et désirent modifier leurs habitudes. Car n’oublions pas que l’alcool peut aussi être un problème même s’il n’y a pas encore dépendance au sens médical du terme. Cette méthode ne s’adresse donc pas aux alcoolodépendants qui n’arrivent plus à réduire par eux-mêmes leur boisson.

Pour le Dr Thierry Favrod-Coune, «c’est une très bonne idée de proposer une approche de contrôle et  de réduction de leur consommation à des gens qui ne sont pas dépendants mais  ont une consommation excessive. Ce projet concerne une population qui ne fréquente pas habituellement les services d’aide aux personnes dépendantes. On veut toucher les gens qui ne sont pas encore malades.»

Des résultats prometteurs

Au Canada, ce sont d’ailleurs des travailleurs sociaux, des associations, des éducateurs qui proposent gratuitement «Alcochoix+ » à la population. La méthode est donc diffusée à une très large échelle et a même été rachetée par le Ministère de la Santé. «Là-bas, c’est l’approche bottom-up qui prévaut, on fait même de la pub pour «Alcochoix+» à la radio, précise le Dr Favrod-Coune.

Près de 90% des gens qui ont suivi le programme au Québec en 2004 considèrent qu’«Alcochoix+» leur a permis de modifier leurs habitudes de consommation d’alcool et 95% d’entre eux le recommanderaient à un ami. En outre, des chiffres canadiens montrent que trois mois après le début du programme, les hommes avaient diminué leur consommation de 44% passant de 34 verres hebdomadaires à 19, alors que les femmes accusaient une baisse moyenne de 41% et réduisaient leur consommation de 27 à 16. Un an plus tard, les hommes avaient conservé leurs nouvelles habitudes et les femmes avaient diminué encore un peu plus, en passant à 14 verres par semaine.

Effort de prévention

Quand on désire tenter cette méthode, on reçoit un «Guide pour choisir et atteindre vos objectifs» qui offre des informations, des pistes de réflexion, et des outils d’auto-observation et de contrôle. L’idée est que l’individu se prenne en main et opère des choix éclairés. Et, surtout, qu’il établisse son objectif de consommation en toute connaissance de cause. « Avec cette brochure, chacun peut avancer à son rythme, l’objectif est laissé libre, explique le médecin. C’est une optique différente que recevoir un patient en consultation. Ce côté guide pratique permet de responsabiliser les gens. Ils reçoivent un outil et sont suivis par un conseiller s’ils le souhaitent. Une approche groupale est aussi possible, et très efficace. C’est vraiment une approche de prévention au sein d’une population à risques afin d’éviter la dépendance.»

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