Révolution dans l’imagerie de la rétine

Dernière mise à jour 22/03/21 | Questions/Réponses
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3 questions à la Dre Irmela Mantel, coresponsable de l’unité de rétine médicale à l’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin.

        

Vous testez, au sein de l’hôpital, un nouveau système d’imagerie. Quelle est son utilité pour votre pratique?

Dre Irmela Mantel Il a été développé pour visualiser les changements de l’épithélium pigmentaire, une structure de la rétine impliquée dans de nombreuses maladies, notamment la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Nous visualisions jusqu’à présent cette partie de l’œil en «bandes» par tomographie en cohérence optique (OCT); ce nouveau système nous permet désormais de le faire cellule par cellule. Cela peut potentiellement révolutionner notre pratique dans la détection précoce de certaines maladies, en collectant des images et des informations auxquelles nous n’avions pour l’instant accès qu’en histopathologie à partir de tissus d’une personne décédée.

En quoi consiste cette méthode exactement?

Elle associe une technologie déjà très poussée, Adaptive optics (AO) - concept de caméra fond d’œil qui permet d’obtenir une image de forte résolution des couches profondes de la rétine -, à une illumination d’orientation oblique d’un faisceau de lumière infrarouge à travers la sclère (blanc de l’œil). Cette technique diffère des appareils utilisés jusqu’à présent et dont l’orientation d’illumination alignée à l’axe visuel nous transmettait essentiellement des images de photorécepteurs.

Quelles sont les prochaines étapes pour tester son efficacité?

Cette machine, mise au point par l’équipe du Pr Christophe Moser, professeur associé au Laboratoire de dispositifs photoniques appliqués à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), et développée par une start-up, EarlySight, est actuellement en phase clinique. À l’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin, nous utilisons un prototype pour documenter la variation des résultats en fonction de l’âge, de la myopie ou de différentes pathologies de la rétine. Le but est de mieux comprendre et de dépister précocement les maladies impliquant l’épithélium pigmentaire, entre autres la DMLA. Cette technologie novatrice intéresse plusieurs centres ophtalmologiques en Suisse et ailleurs dans le monde. Certains sont également en train de s’en équiper.

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Paru dans Bien vu!, le magazine de la Fondation Asile des aveugles, Mars 2021.

Article repris du site  BienVu!

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Après s’être passionnée pour les mathématiques et l’informatique au Canada, avoir fait sa thèse à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et être notamment devenue professeure associée à la Nanyang Technological University à Singapour, Pina Marziliano dirige depuis sept ans le Centre d’imagerie biomédicale (CIBM), avec un enthousiasme sans cesse renouvelé.
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