Nouveau centre facultaire: tous unis contre le diabète

Dernière mise à jour 23/05/16 | Article
Nouveau centre facultaire: tous unis contre le diabète
Récemment ouvert à Genève, le Centre facultaire du diabète rassemble en un même lieu plusieurs équipes de chercheurs et de cliniciens travaillant sur cette maladie. Objectif: concentrer tous les efforts et les expertises pour découvrir de nouvelles stratégies préventives et thérapeutiques.

La recherche sur le diabète est l’un des domaines phares de la Faculté de médecine de l’Université de Genève depuis plus de 30 ans. Actif depuis octobre 2015, le Centre facultaire du diabète s’inscrit donc dans le prolongement naturel de cette tradition. En unissant les forces de tous les chercheurs travaillant sur le diabète et les maladies qui y sont associées, quelle que soit leur spécialité, ce regroupement de compétences et d’expertises vise une meilleure interaction entre les différents corps de recherche en collaboration avec les médecins. Le Centre facultaire compte ainsi une quinzaine de groupes représentant une centaine de chercheurs. «Concentrer nos efforts et nos expertises permet de mieux utiliser les ressources qui existent sur Genève sans aller nécessairement chercher des experts à l’autre bout du monde», souligne le Professeur Pierre Maechler, chercheur en biologie. Le rôle du centre est de chapeauter ces différents groupes de recherche, dont certains étaient entièrement dédiés au diabète et d’autres moins. «Ils avaient peu d’occasions de se rencontrer jusque-là. Le fait de participer à des réunions inter-experts mensuelles crée une émulation qui nous enrichit mutuellement».

Spécialistes en réseau

Le but est d'éviter le cloisonnement des recherches et de faciliter l'interaction entre les différents médecins et scientifiques qui s'occupent du diabète. Pour l'UNIGE, «les projets transversaux permettent à la recherche de progresser et conduisent plus souvent à des applications cliniques. Cette mise en réseaux des spécialistes doit permettre de complémenter les expertises, de favoriser les découvertes et de mettre au point des stratégies préventives et thérapeutiques efficaces contre le diabète». Le centre accueille ainsi des spécialistes en physiologie cellulaire et métabolisme, en médecine génétique, en médecine interne des spécialités, en chirurgie ou encore en pédiatrie. Leurs domaines de recherche concernent aussi bien le métabolisme du cancer et du diabète que la migration cellulaire ou encore l’isolation et la transplantation cellulaires. Des experts du foie s’intéressent par exemple aux moyens d’agir sur cet organe pour éviter les hypoglycémies tant redoutées par les patients diabétiques.

Zoom sur les mitochondries

Le domaine de prédilection du Pr Maechler, c’est le rôle joué par les mitochondries dans le métabolisme énergétique en général et dans le contrôle de la sécrétion d'insuline en particulier. «Les mitochondries sont des sortes de centrales énergétiques présentes dans toutes les cellules. Elles ont été un peu délaissées par la recherche pendant plusieurs années puis elles ont regagné en intérêt grâce aux nouvelles techniques d’imagerie cellulaire», précise le spécialiste. Des défauts de la mitochondrie (génétiques ou métaboliques) sont connus pour perturber les fonctions cellulaires, comme celles de la cellule bêta-pancréatique. «Nous étudions ces dysfonctionnements qui peuvent faire le lien entre obésité et diabète, ainsi que d’autres maladies métaboliques». Les cellules bêta sont regroupées en petits amas et elles représentent 65-80% des cellules des îlots de Langerhans, l'un des types cellulaires du pancréas. «Tant qu'elles sont sans défauts, les cellules bêta compensent la résistance à l’insuline, mais à un moment donné on bascule dans le diabète parce que certaines cellules s’abîment, s’affaiblissent, voire disparaissent. Le problème, c’est que nous disposons d’un pool de cellules bêta et qu’à partir de 25 à 30 ans, elles ne se régénèrent plus. Pour comprendre le mécanisme de déclenchement du diabète, il faut connaître les raisons pour lesquelles elles sont atteintes. Cela peut être dû à la toxicité du glucose, des lipides, mais on a peu d’évidences. A l’heure actuelle, on ne bénéficie pas encore d’une imagerie médicale efficace pour les cellules bêta, ni de la possibilité d’effectuer une ponction des îlots de Langerhans qui représentent seulement 1% du pancréas et sont de plus dispersés dans cet organe. Beaucoup d’efforts sont donc investis pour obtenir une meilleure imagerie de ces îlots et donc un diagnostic précoce qui permettrait d’anticiper l’apparition du diabète».

Le diabète en Suisse

En Suisse, plus de 500000 personnes sont diabétiques. Parmi elles, 10% souffrent d’un diabète de type 1, d’origine immunologique, et 90% d’un diabète de type 2, qui survient après plusieurs années d’une alimentation trop riche, particulièrement en sucre et en graisses, et par manque d’activité physique. Le problème, c’est qu’un diabétique de type 2 sur deux ignore qu'il est atteint du diabète car la maladie reste longtemps silencieuse. Elle n’est souvent dépistée que lorsque les premières complications se manifestent, 10 à 20 ans après le début de son développement.

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