Des foies ont été créés à partir de cellules souches humaines

Dernière mise à jour 16/07/13 | Article
Des foies ont été créés à partir de cellules souches humaines
Cette prouesse technique laisse espérer de futurs progrès dans le domaine de la médecine régénératrice.

C’est un tournant dans le secteur, aujourd’hui en plein développement, de l’usage médical qui pourra, demain ou après-demain, être fait des cellules souches. Un groupe de chercheurs japonais vient d’annoncer dans la revue scientifique Nature1 être parvenus à créer l’équivalent de foies humains à partir de ces cellules; des cellules qui ont pour caractéristique de pouvoir se transformer pour prendre les multiples formes de celles qui constituent l’ensemble des tissus, des organes et des fluides de l’organisme humain.

Ebauches fonctionnelles en trois dimensions

L’équipe des chercheurs était dirigée par les Prs Takanori Takebe et Hideki Taniguchi (département de médecine régénératrice, Yokohama City University). Les «foies» dont il est aujourd’hui question sont plus précisément des amas de cellules hépatiques humaines qui ont été obtenues après manipulations in vitro et cultures de cellules souches issues de trois sources différentes. Ces ébauches de foie (iPSC-lbs-liver buds) en trois dimensions d’une taille de quatre à cinq millimètres ont ensuite été transplantées dans des organismes de souris où elles ont pu se développer grâce au réseau de vascularisation qu’elles ont pu y trouver. Ces ensembles cellulaires présentent, selon les chercheurs, toutes les caractéristiques des fonctions hépatiques.

C’est ainsi que le tissu qui s'est développé a été notamment capable de produire des protéines spécifiques comme l'albumine ou d'avoir une fonction de détoxification. Selon les chercheurs, le temps de survie de la souris chez qui une défaillance hépatique avait été provoquée a pu être significativement amélioré. Pour le Pr Takebe, il est «beaucoup trop tôt pour dire si la technique pourrait fonctionner chez l'être humain».

Cellules iPS

Ce chercheur estime que les premiers essais sur l’homme ne commenceront sans doute pas avant une dizaine d’années. Il se montre néanmoins optimiste. En 2012 une autre recherche japonaise, alors publiée dans la revue Cell Transplantation2 laissait déjà espérer que la thérapie cellulaire appliquée au foie pourrait peut-être constituer une alternative à la transplantation hépatique.

La publication de Nature s’inscrit d’autre part dans un contexte particulier, puisqu’elle ne fait pas appel à des cellules souches embryonnaires obtenues après destruction d’un embryon humain. Elle a pour origine une autre découverte japonaise. Il s’agit de celle du Pr Shinya Yamanaka, qui a mis au point une technique de création de cellules souches à partir de prélèvements cellulaires sur des organismes adultes. Ces cellules sont ensuite génétiquement «déprogrammées» pour retrouver toutes les possibilités des cellules souches trouvées dans des embryons. On parle ici de cellules iPS. Cette nouvelle voie constitue une alternative au possible usage thérapeutique, contesté par certain pour des raisons éthiques, qui pourrait être fait des embryons humains.

 

1. Un résumé (en anglais) de la publication deNaturepeut être lu ici: http://www.nature.com/nature/journal/vaop/ncurrent/full/nature12271.html

2. Un résumé (en anglais) de cette publication peut être lu ici: http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21669046

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