Voyager en toute sécurité: le vaccin avant de partir

Dernière mise à jour 13/02/18 | Article
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Si vous voyagez dans des pays tropicaux, la vaccination avant de partir est sans doute un passage obligé. Il est donc important de vérifier vos vaccins de base et de vous renseigner attentivement sur les maladies courantes dans la région où vous vous rendez.

La vaccination est une méthode efficace pour se protéger contre les maladies contagieuses. Elle consiste à exposer le corps humain à une forme inactive ou à des fragments de l’organisme pathogène contre lequel on cherche à le protéger. Le système immunitaire apprendra ainsi à reconnaître le pathogène et à se défendre efficacement contre lui en cas d’infection.

Lors de la consultation avec votre médecin, munissez-vous de votre carnet de vaccination et mentionnez vos éventuels traitements ou problèmes de santé.

La plupart des vaccins nécessitent des injections, plus rarement ils peuvent être pris par voie orale. Il est possible de se faire vacciner contre plusieurs maladies en même temps; les injections se feront dans différents endroits des bras. Certains vaccins peuvent entraîner des effets indésirables tels que des réactions locales (rougeurs et douleurs) ou des états grippaux, qui disparaissent en quelques jours. Si vous avez de la fièvre le jour où vous aviez prévu de vous faire vacciner, mieux vaut reporter. Enfin, soyez attentif au suivi de vos vaccins et aux éventuels rappels, afin de bénéficier de la meilleure protection possible.

Vaccinations obligatoires et spécifiques

Attention, vérifiez vos vaccinations de base

Il est conseillé aux voyageurs d’être à jour par rapport aux vaccinations de routine recommandées en Suisse contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite, la rougeole, la rubéole, les oreillons et le papillomavirus. Attention, pour certains de ces vaccins, les doses reçues dans l’enfance ne suffisent pas pour être protégé, et il est nécessaire d’effectuer des rappels. Par exemple, pour la diphtérie et le tétanos, le rappel doit être effectué tous les vingt ans entre 25 et 65 ans, puis tous les dix ans au-delà.

Certains pays exigent que les voyageurs qui entrent sur leur territoire soient vaccinés contre la fièvre jaune. Un vaccin contre les quatre types les plus courants de méningite à méningocoques est par ailleurs obligatoire pour les pèlerins à La Mecque. Une fois vacciné, votre médecin vous remettra un certificat international de vaccination avec un tampon d’authentification. Conservez-le précieusement: il vous sera demandé à votre arrivée à destination et il vous permettra de conserver la trace des différentes injections que vous aurez reçues.

En plus de vos vaccins de base et de ceux qui sont obligatoires à votre destination, d’autres vaccins pourront vous être proposés. C’est à vous de choisir si vous désirez les effectuer ou pas, après discussion avec votre médecin et en fonction de différents critères: votre état de santé, les maladies fréquentes à votre destination, la durée de votre séjour et votre type de voyage, plutôt catégorie «confort» ou «sac à dos».

Les vaccins les plus courants

Il existe un certain nombre de vaccins courants, qui vous seront fortement recommandés si vous rendez dans une zone à risque. Parmi eux, on trouve notamment les vaccins:

  • Contre l’hépatite A, dite «hépatite des voyageurs»: cette affection du foie est très répandue dans les pays en voie de développement et se transmet par l’eau et les aliments contaminés. La vaccination nécessite deux injections avec six à douze mois d'intervalle et confère une immunité à vie.
  • Contre l’hépatite B: l’hépatite B, présente dans le monde entier, peut notamment se transmettre lors de rapports sexuels non protégés ou de transfusions avec du sang contaminé. Le vaccin vous sera proposé si vous partez pour une longue période ou si vous avez des activités à risque. Trois doses, à effectuer sur six mois, confèrent une protection à vie. Un schéma rapide est possible.
  • Contre la fièvre jaune: le vaccin contre cette maladie transmise par des moustiques est recommandé pour tous les pays d’Afrique subsaharienne et ceux d’Amérique latine touchant le bassin amazonien. Elle est même obligatoire pour certains pays d’Afrique subsaharienne. Même si une injection confère une protection à vie, un rappel est encore exigé tous les dix ans pour certains pays africains.
  • Contre la fièvre typhoïde: un vaccin oral existe contre cette maladie, particulièrement répandue en Asie du Sud (notamment en Inde, au Népal, au Bangladesh et en Indonésie) et en Afrique, qui se transmet par l’eau ou la nourriture contaminée. Il est à envisager en cas de voyage de longue durée ou si vous prévoyez de séjourner dans des conditions précaires. Trois gélules prises sur cinq jours confèrent une protection partielle (50 à 75%) pendant un an.
  • Contre la rage: le vaccin contre la rage est recommandé aux personnes se rendant dans des zones à risque pour une longue période ou pour celles dont les activités entraînent des contacts avec les animaux (sports de plein air, bivouac, spéléologie, etc.). Il offre une bonne protection de base, mais ne dispense pas d’effectuer de nouvelles injections en cas d’exposition suspectée à la maladie. La vaccination préventive nécessite trois injections à effectuer au minimum un mois avant le départ, puis une quatrième dose un an plus tard. Il n’y a pas d’autre rappel nécessaire en l’absence de contact suspect avec un animal.

D’autres vaccins moins fréquemment proposés

Il existe également quelques vaccins spécifiquement recommandés pour certaines destinations ou pour des types de séjours particuliers. Parmi ceux-ci figurent les vaccins:

  • Contre l’encéphalite japonaise: cette maladie est transmise par des moustiques dans les régions rurales d’Asie du Sud-Est ou du sous-continent indien. Le vaccin vous sera proposé lors de voyages de plus d’un mois dans une zone à risque, par exemple si vous séjournez dans une ferme pendant la période de transmission de la maladie (en général de mai à octobre) ou lors de séjours plus courts en cas d’épidémie. Deux doses initiales à un mois d’intervalle sont nécessaires pour obtenir une protection pendant un an. Des rappels sont nécessaires en cas de séjour prolongé.
  • Contre la méningite à méningocoques: cette grave maladie bactérienne est surtout présente le long de la «ceinture de la méningite», qui s’étend en Afrique du Sénégal à l’ouest à l’Éthiopie à l’est et se transmet par gouttelettes («postillons» salivaires, éternuements) ou contact. Il est recommandé de se faire vacciner lors d’un voyage de plus de quatre semaines dans cette zone pendant la période à risque (de décembre à juin) ou dès sept jours de voyage en cas d’épidémie. Une injection garantit une protection de cinq ans.
  • Contre la grippe: il peut être intéressant de se protéger contre la grippe pour les voyageurs de plus de 65 ans ou ceux souffrant de maladies chroniques. La saison grippale survient de novembre à avril dans l’hémisphère nord, d’avril à septembre dans l’hémisphère sud, et toute l’année sous les tropiques. Le vaccin doit être renouvelé chaque année.
  • Contre la méningo-encéphalite verno-estivale (ou encéphalite à tiques): cette maladie transmise par les tiques est répandue aussi bien en Suisse qu’en Allemagne, Autriche, Scandinavie, Europe centrale et de l’Est et en Russie. La vaccination est recommandée aux personnes pratiquant des activités en forêt (randonnée, chasse, camping, etc.) entre février et novembre dans ces régions. Trois doses de vaccin reçues sur six à douze mois protègent pendant dix ans. Un schéma rapide est possible.
  • Contre le choléra: un vaccin contre cette maladie transmise par l’eau et les aliments contaminés n’est généralement nécessaire que pour les personnes travaillant au contact direct de la maladie, par exemple en cas de séjour dans un camp de réfugiés où le choléra est présent.

Vaccins et contre-indications

Certains vaccins sont constitués d’agents infectieux vivants dont la dangerosité a été atténuée en laboratoire. Ce type de vaccin est contre-indiqué chez les personnes immunodéprimées, c’est-à-dire dont le système immunitaire est défaillant, car elles risquent de développer la maladie dont on cherche à les protéger, ou au contraire de développer une réponse immunitaire insuffisante. L’immunodépression est une des conséquences du VIH, mais peut aussi survenir chez les personnes qui reçoivent une chimiothérapie contre le cancer ou des médicaments immunosuppresseurs, prescrits en raison de maladies auto-immunes ou suite à une greffe ou une transplantation. Les vaccins vivants sont également à éviter chez les femmes enceintes ou qui allaitent et chez les nourrissons. Toutes ces situations devraient être discutées avec votre médecin. Dans certains cas, il pourra vous proposer des vaccins plus adaptés à votre situation.

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Extrait de J’ai envie de comprendre… Ma santé en voyage, de Pascaline Minet, en collaboration avec le Dr Blaise Genton et la Dre Laurence Rochat, Ed. Planète Santé, 2015.

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