Le laser ne guérit pas que la myopie

Dernière mise à jour 18/06/12 | Article
Myopie
Faire opérer ses yeux au laser pour se débarrasser de sa myopie ou d’un autre défaut visuel. Comment cela marche-t-il au juste?

«A l’avenir, chacun aura dans sa vie une proposition de chirurgie réfractive», prédit le Dr Majo de l'Hôpital ophtalmique Jules-Gonin. Apparu dans les années 1990, l'emploi d'un laser pour corriger des défauts de vision est en effet devenu de plus en plus commun. De même, le prix de cette intervention s'est démocratisé: selon la technique utilisée, comptez généralement entre 2700 et 6000 francs par oeil. Zoom sur une opération qui peut changer la vue.

L’importance de la forme

Pour voir bien, il faut, entre autres, que l’image arrive précisément sur la rétine au fond de l’œil après être passée à travers la cornée, la pupille et le cristallin. Or, si le globe oculaire a un défaut de géométrie (trop grand, trop petit ou irrégulier), l’image n’est pas projetée tout à fait au bon endroit. En remodelant la forme de la cornée avec l’aide du laser, on peut remédier à ce problème. On réalise en fait directement sur l’œil la correction qu’opéreraient des lentilles ou des lunettes.

© shutterstock.com/Saginbay

Si l’œil est trop grand, on parle de myopie ce qui induit une mauvaise vision de loin. Lors d’une opération pour la myopie, le laser aplatira la cornée en diminuant son épaisseur. Si l’œil est trop «court», il s’agit d’hypermétropie qui donne une mauvaise vision de près. On utilisera alors le laser sur le pourtour de la cornée de manière à bomber artificiellement sa partie centrale.

Si l’œil n’est pas tout à fait sphérique, on est astigmate (un défaut qui peut se cumuler avec la myopie ou l’hypermétropie) ce qui dissocie les composantes verticale et horizontale de la vision. Le laser sera alors utilisé pour rendre à la surface de l’œil sa régularité.

La presbytie, enfin, apparaît avec l’âge et n’est pas un problème de surface: ici, le cristallin ayant perdu de sa souplesse et ne peut plus nous permettre d’avoir une vision nette de près. Néanmoins, le laser peut être utilisé pour la corriger dans certains cas.

PRK, plus long et plus ancien

La première technique de chirurgie laser à être apparue est la PRK (kératectomie photoréfractive). Ici, le laser taille directement la cornée sans l'avoir découpée au préalable. On éprouve parfois des douleurs durant les 48 premières heures qui suivent l'opération et le temps de récupération de la vision est long. Le patient ne voit en effet bien qu'au bout de cinq semaines et il doit mettre des gouttes pendant trois mois, un processus à répéter pour le second œil puisque généralement, on opère qu’un œil à la fois. Compter donc six mois en tout. Cette technique s’applique aussi pour de petites valeurs d’hypermétropie.

Le principal risque de cette intervention est une infection qui peut survenir durant les 2 ou 3 premiers jours. Le problème le plus fréquent? Une qualité de vision insatisfaisante, par exemple un halo sur les objets lumineux. Dans ces cas, il faut attendre car généralement, le problème se résoud avec le temps. Si cette gêne persiste et qu’un défaut visuel résiduel est identifié, un nouveau traitement laser est alors envisageable. On compte de 1 à 2 traitements pour 1000 qui sont vraiment insatisfaisants.

LASIK, un petit frère véloce

Plus récente et plus rapide, la technique du LASIK commence par la découpe au laser d'un volet à la surface de la cornée. On rabat ensuite celui-ci pour corriger le défaut optique dans l'épaisseur de la cornée. Avantage sur la PRK, on voit bien dix à vingt-quatre heures déjà après l’opération, et l’on peut donc traiter les deux yeux à la fois. De plus, il s’agit d’un traitement indolore et le traitement local (gouttes oculaires) ne dure qu’une vingtaine de jours.

Les risques principaux du LASIK sont les mêmes que ceux de la PRK: infection (dans moins de cas cependant) ou mauvaise qualité de vision. Il n’y a par contre pas de danger de cicatrice permanente qui viendrait gêner la vision puisqu’il n’y a pas d’inflammation postopératoire contrairement à la PRK. Il y a des risques spécifiquement liés au LASIK comme une mauvaise découpe du volet, une inflammation sous celui-ci ou encore une prolifération de cellules qui se glisseraient dessous, deux problèmes que l’on traite de manière satisfaisante dans la plupart des cas. A nouveau, de 1 à 2 traitements sur 1000 sont vraiment insatisfaisants.

A quel laser se vouer?

Les personnes exposées à des risques de coup dans l’œil (boxe, sports violents) choisiront plutôt la PRK. Puisqu’on n’a pas fait de découpe de lamelle, la cornée est plus solide. On ne traite cependant pas les myopies sévères (supérieures à 7 dioptries) ni les grandes hypermétropies (1,2 à 2 dioptries) avec la PRK. Le LASIK a l’avantage de la rapidité tout en étant plus cher.

En définitive, le choix entre les techniques se fait avec le chirurgien ophtalmologue lors de la consultation préopératoire. A cette occasion, il fait passer au patient une batterie d’examens qui l’orienteront vers l’une ou l’autre technique en fonction des caractéristiques spécifiques de son œil et de ses préférences.

Des compromis et des impossibilités

Restent des cas intraitables par la chirurgie avec le laser, ceux des personnes jeunes et très hypermétropes, ceux également des myopies très sévères (supérieures à huit ou neuf dioptries) chez qui la correction impliquerait d’enlever une trop grande quantité de matière à la cornée. Quant à la presbytie, elle suppose de faire des compromis comme la monovision ou la chirurgie intraoculaire (implants multifocaux ou lentilles intracornéennes).

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