Médecine humanitaire: l’innovation low cost

Dernière mise à jour 09/11/16 | Article
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Pour certaines régions du globe, prendre en compte les conditions dans lesquelles on utilisera les équipements médicaux est fondamental.

Pour soigner efficacement dans les pays en voie de développement, il faut innover. En développant par exemple des instruments qui prennent en compte les contraintes dans lesquelles on les utilisera –électricité intermittente, chaleur et humidité notamment. Le Pr Antoine Flahault, directeur de l'Institut de santé globale de l'Université de Genève, décrit l'impact de l’«innovation low cost» sur la médecine humanitaire.

Planète Santé­: Comment proposer des solutions adaptées à la réalité du terrain des pays en voie de développement­?

Pr Antoine Flahault: Dès le départ, il faut concevoir ces projets avec les régions concernées. C’est une question d’efficacité: ce sont les personnes sur place qui connaissent les contraintes de sécurité, de météorologie, d’acceptation sociale, etc. Cela évite des projets voués à l’échec comme celui d’instaurer des autopsies systématiques dans un pays où le respect dû aux morts l’interdit totalement.

Le consortium suisse Global Diagnostix est-il un bon exemple de cette approche­?

Absolument. Global Diagnostix développe un appareil de radiologie robuste, simple d'emploi et bon marché. Mais des appareils solides et demandant peu de maintenance sont aussi intéressants dans des économies développées aux budgets contraints!

Le Sud a besoin d'équipements médicaux mais aussi de moyens de connaître précisément la santé de ses populations.

Un système d’information fi able est la clé de voûte d’un système de santé. Sans registres des naissances et des décès, on n’a aucune chance d’orienter les politiques de santé ou de définir des priorités. Recueillir et analyser ces données contribuerait aussi à organiser une meilleure chaîne de transmission entre santé communautaire et médecine plus spécialisée. Actuellement, les hôpitaux des pays du sud fonctionnent mal dès qu’ils sont en périphérie. Par conséquent, patients et soignants convergent vers les hôpitaux de la capitale et les engorgent.

Les acteurs privés ont-ils aussi leur rôle à jouer dans l'évolution de la médecine humanitaire?

Il ne faut pas voir la question dogmatiquement, on a besoin de tout le monde! Gavi, l'alliance du vaccin, est un excellent exemple. C'est un partenariat public-privé et il fonctionne. Il faut mettre à la même table philanthropes, responsables de santé publique et industriels. Et demander à ces derniers si, tout en respectant leur modèle économique, ils ne peuvent pas réduire leur marge et la compenser par un accroissement du volume de leurs ventes.

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