Les étirements sont inutiles avant et après une activité physique

Dernière mise à jour 05/01/12 | Article
Jeune femme faisant du stretching
Depuis les années 80, les étirements ont la cote auprès des sportifs. De la prévention des blessures à une meilleure récupération, ils sont censés être un complément indispensable à l’activité physique. Or, de nombreuses études montrent que le stretching peut avoir, selon le sport pratiqué, un effet négatif sur la performance et la prévention des blessures.

Initialement, les étirements étaient recommandés pour améliorer ce que les spécialistes appellent la mobilité articulaire. Autrement dit, les différentes techniques de stretching doivent permettre à un muscle de s’assouplir sans provoquer de lésions au niveau des articulations et de gagner ainsi en flexibilité. Les différentes techniques de stretching contribuent d’ailleurs réellement à augmenter la mobilité des athlètes et sont donc utiles pour des sports comme la gymnastique ou la danse. Le problème vient par contre du fait que la pratique a été généralisée à tous les sports, alors que justement, lorsque la vitesse ou la force sont en jeu, les étirements peuvent avoir un effet négatif sur la performance et la prévention des blessures.

Pourquoi les étirements ne préviennent pas les blessures

Contrairement aux nombreuses idées reçues, les étirements n’aident pas les athlètes à se protéger des blessures. Bien au contraire. A force d’étirer un muscle, on l’entraîne à acquérir une plus grande flexibilité. Résultat : le seuil de la douleur tolérée par le muscle augmente. Lorsque la personne commencera son activité, le risque de blessure sera élevé car le muscle sera habitué à dépasser son seuil de tolérance à la douleur. Et ce n’est pas tout. Un étirement impose à un muscle une tension maximale qui peut engendrer des microtraumatismes au niveau des fibres musculaires. Lors de l’effort, les parties du corps étirées peuvent s’avérer ainsi plus douloureuses.  En outre, les muscles et ligaments possèdent des gardiens contre les étirements excessifs, appelés mécanorécepteurs. Ces derniers sont responsables de la proprioception, véritable réflexe protégeant nos articulations en cas de risques d’entorses ligamentaires. Ce réflexe proprioceptif est perturbé par le stretching pendant plus d’une heure.

Un effet négatif sur la performance

S’il ne l’aide pas à se prémunir des blessures, le stretching ne permet pas non plus au sportif d’augmenter ses performances. Le muscle étiré perd ainsi de sa force et cela dure pendant plus d’une heure. Un autre phénomène, appelé le creeping, pose aussi des problèmes de performances. Lors d’un étirement, les fibres musculaires, qui sont normalement en torsade, s’allongent provoquant une diminution de leur capacité d’absorption et donc de leur efficacité. Le phénomène est réversible, mais il faut attendre longtemps avant que le muscle se retrouve dans son état initial. Ces deux phénomènes rendent le stretching inutile voir contre-productif avant un effort qui nécessite de la force ou de la vitesse. Le saut est le sport qui pâtit le plus des étirements: il a en effet été montré qu’on sautait en moyenne 4% moins haut en s’étirant avant de pratiquer un exercice où  la détente est en jeu.

Pas de diminution des courbatures après l’effort

Autre idée largement répandue, les étirements seraient censés améliorer la récupération après un effort. Pour cela, il faudrait que le stretching favorise la circulation sanguine pour éliminer les déchets, prévienne les courbatures ou entraîne un relâchement du muscle. Or, pratiqués directement après l’effort, les étirements ne provoquent pas ce genre de réactions. L’étirement provoque une compression des vaisseaux sanguins et ne favorise donc pas la circulation, contrairement à ce qu’on l’on devrait avoir pour assurer une meilleure récupération des fibres musculaires lésées lors de l’effort. On constate d’autre part une augmentation de la myolyse, soit une dégradation du muscle et une diminution de la force musculaire: le stretching n’aide donc pas à combattre les courbatures. Enfin, pratiqués juste après l’effort, les étirements ajoutent une tension musculaire supplémentaire qui risque de favoriser les microtraumatismes à l’intérieur du muscle.

Contrairement aux idées reçues, le stretching n’est donc utile que pour augmenter la souplesse. S’il peut permettre une meilleure relaxation après l’effort lorsqu’il est pratiqué longtemps après l’exercice (six heures sont recommandées), il ne semble pas utile avant et directement après un sport qui nécessite force, vitesse ou détente.

Référence:

«Les exercices d’étirement dans la pratique sportive ont-ils encore leur raison d’être? Une revue de la littérature», Docteur Gérald Grémion, Hôpital orthopédique de la Suisse romande, CHUV, in Revue médicale suisse, n° 28, 2005.

A LIRE AUSSI

Douleurs musculaires
Le claquage fait mal mais guérit bien avec du repos

Le claquage fait mal mais guérit bien avec du repos

Un claquage est un traumatisme rarement grave, mais il ne faut pas pour autant le prendre à la légère,...
Lire la suite
Problèmes de peau
Dermatologie: cinq problèmes de peau

Dermatologie: cinq problèmes de peau

La peau est notre plus grand organe. Elle représente 10% de la totalité de notre corps, ce qui équivaut...
Lire la suite
Douleurs du genou
On peut soigner des ligaments du genou déchirés sans opérer

On peut soigner des ligaments du genou déchirés sans opérer

Après deux opérations au genou, l’Américaine championne de ski Lindsey Vonn a fait un come-back époustouflant....
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
fractures_fatigue_eviter

Fractures de fatigue: peut-on les éviter?

Si vous pratiquez un sport de façon régulière et intensive, vous avez peut-être déjà entendu parler des «fractures de fatigue». Non? Méfiez-vous, vous pourriez bien y être sujet un jour ou l’autre.
questce_point_cote

Qu’est-ce que le point de côté?

La douleur abdominale transitoire liée à l’effort, le fameux «point de côté», apparaît souvent lorsque l’on pratique un sport. Sans conséquences mais parfois pénible, d’où vient cette sensation si particulière?
cheville_etait_entorse

Cheville, et si c'était une entorse?

Traumatisme le plus fréquent en médecine de premiers recours, l’entorse de la cheville ne doit pas être prise à la légère. Mal soignée, elle peut entraîner une instabilité avec des foulures récurrentes.
Videos sur le meme sujet

Quand les symptômes de la commotion cérébrale persistent

10 à 15% des commotions cérébrales ne se remettent pas dans les deux semaines.

Quand on devient un danger pour soi-même en montagne

Nader Perroud, médecin, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie au Département de santé mentale et de psychiatrie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), parle de risque et de sports extrêmes en altitude.

Les commotions cérébrales en recrudescence chez les sportifs

Anne Baecher s'intéresse aux commotions cérébrales dans le sport.
Maladies sur le meme sujet
morsures chiens

Morsure d'animal

Les morsures d'animaux peuvent être superficielles ou profondes. Elles peuvent se compliquer d'une infection, d'un tétanos ou de la rage et, s'il s'agit d'un serpent, d'une envenimation.

Entorse de la cheville

Une entorse est une lésion des ligaments de la cheville, le plus souvent suite à un mauvais mouvement du pied. A l'exception des entorses graves, la plupart guérissent sans complication.

Symptômes sur le meme sujet
Se faire mordre par quelqu'un

Morsure humaine

J'ai été mordu(e) par quelqu'un
cheville tordue

Entorse

Je me suis tordu la cheville
Chien aboyant avec ces crocs bien en vue

Morsure animale

J'ai été mordu(e) par un animal