Pollution sonore: quel impact le bruit a-t-il sur notre santé?

Dernière mise à jour 26/11/20 | Questions/Réponses
MV_pollution_sonore_impact_santé
Beaucoup de Suisses souffrent de nuisances sonores. La loi fixe des limites et leur donne des droits pour cesser de subir.

De quoi parlons-nous?

La pollution sonore, c’est un bruit indésirable qui provoque du stress: trafic routier, camion poubelle, chantiers de construction, éclats de voix dans les immeubles, musique dans l’espace public… En Suisse, beaucoup de gens sont exposés à ces nuisances au-delà des normes fixées par la Confédération. Le trafic routier est leur source la plus importante, avant le trafic ferroviaire et aérien. Une personne sur sept est indisposée par ce type de bruit à son domicile durant la journée et une sur huit la nuit, ce qui représente 14% de la population, selon Sophie Hoehn, cheffe de la section bruit routier à l'Office fédéral de l'environnement (OFEV).

Les valeurs limites, exprimées en décibels (dB), varient selon la zone considérée. Dans les habitations, par exemple, le seuil toléré en journée est de 50 dB, ce qui correspond grosso modo au fond sonore d’un bureau où des gens travaillent. Ces valeurs sont issues de sondages et ont été retenues lorsque 20 à 25% des personnes interrogées se disaient gênées par le bruit.

Quels sont les enjeux?

Avec l’intensification de l’urbanisation, de plus en plus de personnes souffrent du bruit. Sophie Hoehn parle de «smog sonore continu». Or, chaque bruit incommodant met notre corps en état d’alerte: notre cerveau déclenche la sécrétion d’hormones du stress, notre cœur bat plus vite, notre pression sanguine augmente et notre respiration s’accélère. « Il a été établi que les nuisances sonores sont à l’origine d’une quantité de problèmes de santé», souligne Sophie Hoehn. Par exemple: insomnies, dépression, hypertension artérielle, diabète et même infarctus!

Chaque année, quelque 500 décès prématurés seraient imputables à cette forme de pollution. À chaque tranche supplémentaire de 10 dB, le bruit routier ferait augmenter le risque d’infarctus du myocarde de 4%. Quant à notre sommeil, il est déjà perturbé à partir d’un niveau sonore de 40 à 50 dB, d’où des problèmes de concentration et de mémorisation en journée. En résumé: le bruit rend malade ! Les coûts sanitaires et immobiliers, à charge de la collectivité, sont estimés à plus de 2 milliards de francs par an.

La question de savoir si l’on peut s’habituer au bruit est controversée. Selon la Société suisse d’acoustique, les personnes qui ont l’impression de ne plus être dérangées continueraient de présenter des symptômes corporels. Autrement dit, ce n’est pas parce qu’on se résigne que le bruit cesse d’être délétère. Bien sûr, chaque individu réagit différemment. Mais les études menées en Suisse ne permettent pas de dire si l’ampleur de l’atteinte à la santé est influencée par notre sensibilité personnelle.

Il existe également des incertitudes quant au seuil à partir duquel le bruit nous affecte négativement. On suppose que l’intensité, la soudaineté et l’imprévisibilité sont des facteurs aggravants.

Que faire?

Comment procéder en cas de problèmes récurrents avec les voisins? Il est conseillé de chercher le dialogue avant de réclamer auprès de la régie. Si la situation paraît ingérable, il est possible d’alerter la police locale. Il faut savoir que les bruits évitables, tels que les cris, les claquements de porte, les travaux ménagers et le bricolage, par exemple, sont interdits durant la nuit, soit au moins depuis 22 heures jusqu’à 6 heures du matin, y compris le week-end et les jours fériés. Une distinction est faite entre les bruits admissibles (typiquement, les cris d’un bébé) et les bruits excessifs, comme une musique dont le volume sonore traverse les murs, ou des sauts d’enfants sur le plancher.

Si les nuisances sonores proviennent de la rue, on peut s’adresser à la commune ou, en cas de travaux publics, au responsable du chantier, sachant qu’il n’est pas possible d’empêcher un ouvrier de travailler avec un marteau-piqueur. En revanche, et sous certaines conditions, il est possible de demander réparation pour les éventuels dommages provoqués par des travaux de construction. Enfin, pour ce qui est des concerts, la valeur limite est en principe de 93 décibels.

Quelques conseils

  • Installez votre chambre à coucher dans la pièce la moins exposée.
  • Essayez de dormir les fenêtres fermées : cela permet d’atténuer le bruit extérieur de 28 dB.
  • Installez des rideaux et des tapis: ils absorbent le bruit!
  • Si possible, posez des isolants phoniques (cloisons) sur les murs.
  • Mettez des bouchons acoustiques (boules Quies).
  • Dormez sur une literie confortable, pour favoriser le sommeil.
  • Utilisez les conseils classiques contre l’insomnie pour vous détendre: écouter une musique douce, boire une tisane relaxante ou une tasse de lait chaud, etc.

A LIRE AUSSI

Libido
libido_femme_frequent

Problèmes de libido chez la femme: un trouble sexuel fréquent mais mal connu

Alors que la médecine actuelle reconnaît l’importance du désir sexuel féminin, ses troubles sont souvent...
Lire la suite
Emotions
Une explosion de rage révèle des troubles psychiques

Une explosion de rage révèle des troubles psychiques

Incapable de gérer sa colère, un passager a été débarqué d’un avion puis interné. Car si ce sentiment...
Lire la suite
Burnout
LMD_burn-out_sortir

Burn-out, comment s’en sortir?

De plus en plus de personnes en Suisse souffrent d’épuisement professionnel. Avec l’aide d’un psychothérapeute,...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
MV_sante_mentale_ados

Santé mentale des ados: les signes d’alerte

Entre 10 et 20% des adolescents ont des problèmes de santé mentale, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Certains comportements, discours ou réactions ont valeur de signaux d’alarme pour les parents. Quelques pistes pour les détecter.
Videos sur le meme sujet

Un patch pour mieux comprendre les affections dues au stress

Un patch à coller sur la peau pourrait permettre de mieux comprendre les maladies liées au stress comme le burn-out ou lʹobésité.