La thérapie de couple peut réparer une histoire d’amour

Dernière mise à jour 14/09/17 | Article
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Le prince William et son épouse Kate Middleton ne sont pas plus épargnés que les autres par l’usure des sentiments amoureux. Mais des solutions existent pour clarifier la relation et apaiser les tensions.

De quoi on parle

Kate Middleton et le prince William suivraient une thérapie de couple, selon le siteRadarOnline.com. Une escapade en célibatairedu prince à Verbier au mois de mars auraitété l’élément déclencheur. L’héritier dela couronne britannique a été surpris parla presse à scandale en train de prendre du bontemps dans une discothèque en charmantecompagnie, tandis que le reste de sa familleassistait aux festivités officielles duCommonwealth Day. Sa femme ne le lui auraitpas pardonné.

Le 29 avril 2011, le prince William et sa compagne de longue date Kate Middleton devenaient mari et femme devant les téléspectateurs du monde entier. Depuis, les époux s’affichent souriants et unis en toutes occasions. Mais si l’on en croit les tabloïds anglais, qui font état de rumeurs d’infidélité de la part du prince, leur union battrait de l’aile. Le quotidien, tout princier qu’il soit, avec sa routine et ses obligations familiales, n’épargnerait pas le couple plus qu’un autre.

Le mythe du couple idéal

«L’amour dure trois ans», écrivait Frédéric Beigbeder. Une vision pessimiste, assurément, mais il faut admettre qu’entretenir la flamme est un véritable défi. Voire un leurre. Comme l’explique le professeur Francesco Bianchi-Demichelli, responsable de la consultation de gynécologie psychosomatique et médecine sexuelle aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), pour qui la pire erreur est de rester accroché au mythe du couple idéal. «Autrement dit, à l’illusion d’un véritable triomphe de l’amour. Ce mythe est forcément dangereux, puisqu’il n’est pratiquement pas réalisable. Il exclut d’emblée l’éventualité de conflits, de mésententes majeures et de manifestations indésirables telles que la méfiance ou l’agressivité. En découle toute une série de faux compromis, de demi-mesures ou de pis-aller. Par exemple, le couple tentera peut-être de reporter sur l’extérieur –amis, belle-famille, collègues– la cause de l’affadissement de son amour.»

Et plus on attend pour entamer une relation, plus le risque de désillusion augmente: les personnes qui ont longtemps été seules ont pris l’habitude de vivre comme elles l’entendent et peinent à faire des concessions. «Beaucoup de gens essaient de changer l’autre pour qu’il se comporte conformément à leurs désirs, alors qu’il serait préférable de chercher à s’adapter», reprend Francesco Bianchi-Demichelli. L’inacceptation de la différence peut alors se révéler très destructrice. Typiquement, un partenaire reproche à l’autre de refuser de parler de ses émotions, alors que l’autre ne ressent simplement pas ce besoin. Le sociologue français Jean-Claude Kaufmann, écrivain et directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique, parle, lui, des «agacements» de la vie à deux (il a recueilli de nombreux témoignages et les a compilés dans son livre Agacements, les petites guerres du couple, publié chez Armand Colin en 2007). Ainsi, la chambre à coucher, le salon, la cuisine et la salle de bains deviennent des lieux d’affrontement où chacun tente d’imposer son mode de fonctionnement.

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Il existe cependant des solutions. Comme une thérapie de couple, qui peut être utile quand les partenaires ne parviennent plus à communiquer. Selon le psychiatre et psychanalyste Serge Hefez, auteur du bestseller La danse du couple (Hachette, 2002), il faut consulter quand chacun ne voit que les problèmes que l’autre lui cause et que l’espoir que les choses changent a presque disparu. Mais que choisir, entre thérapie et psychothérapie de couple, conseil conjugal et consultation conjugale? «Dans la pratique, il n’y a pas de différence entre ces termes. Ce qui change, c’est la formation du professionnel. Mais ce critère ne doit pas déterminer le choix. Ce qui compte, c’est de trouver une personne qui leur convient», affirme Benoît Reverdin, directeur de l’Office protestant de consultations conjugales et familiales. Comme son nom l’indique, la thérapie de couple se fait à deux: chacun est censé s’engager à faire de son mieux, le but étant de trouver des solutions ensemble. Si l’un des partenaires a le sentiment que cet objectif n’est pas partagé, il peut entreprendre un travail individuel. Le conseiller ou le thérapeute s’intéressera alors aux difficultés de la personne plutôt qu’à celles du couple.

Il existe enfin deux autres options: la médiation et la sexothérapie. La médiation, en principe réservée aux couples qui se sont engagés sur la voie de la séparation ou qui l’envisagent sérieusement, permet d’organiser plus sereinement l’avenir. La sexothérapie, elle, vient en aide aux couples confrontés à un problème purement physique.

La sexualité en question

La chimie du coup de foudre

Beaucoup de neuroscientifiques se sont attachés à expliquer le sentiment amoureux. D’après les recherches du médecin et sexologue Francesco Bianchi-Demichelli, l’amour naîtrait inconsciemment bien avant que nous nous en rendions compte. Un cinquième de seconde suffirait pour que la douzaine d’aires cérébrales concernées soient activées. D’autres substances chimiques produites par l’organisme entrent en jeu. Par exemple, les phéromones sécrétées par les glandes exocrines exercent une influence sur l’attirance sexuelle. La dopamine, neurotransmetteur appartenant à la catégorie des catécholamines et produite par l’hypothalamus, induit un sentiment de récompense et contribue ainsi à renforcer la motivation et le plaisir abstrait (celui qu’on ressent en écoutant de la musique, par exemple). Ensemble, la dopamine et l’ocytocine seraient responsables de ce qu’on appelle le coup de foudre.

«Certains thérapeutes ne se focalisent pas sur la question de la sexualité. Personnellement, je pense que c’est important de l’aborder, parce qu’elle fait très souvent partie des problèmes. Mais cet aspect est parfois relégué au second plan. Il arrive aussi qu’on découvre un problème sexuel en cours de thérapie. Quoi qu’il en soit, le choix du type de thérapie devrait dépendre de la perception que le couple a de la nature de ses problèmes», explique Francesco Bianchi-Demichelli. La fréquence des séances dépend elle aussi des besoins des patients. «Il est important que le courant passe avec le thérapeute, poursuit-il. Les études ont clairement démontré que l’approche, l’expérience et les outils utilisés sont moins déterminants pour le succès de la démarche que la qualité du lien.»

Les techniques utilisées sont, outre le dialogue avec le thérapeute, des jeux de rôle et certains exercices pratiques. Par exemple, il a été conseillé au prince William de «faire des gestes tendres en public». Efficace? Sans doute. Mais la séparation n’est pas toujours évitable: paradoxalement, il arrive que la démarche thérapeutique soit considérée par le couple comme une réussite, alors qu’elle a consacré sa rupture. C’est le cas lorsque les partenaires se quittent pour le mieux, au lieu de demeurer ensemble pour le pire.

Si la passion s’épuise, c’est la faute à l’ocytocine

Dans l’organisme, l’ocytocine officie comme un philtre d’amour: l’essoufflement des relations serait lié à une diminution de sa sécrétion. Cette hormone constituée de neuf acides aminés est synthétisée par l’hypothalamus et libérée par la partie postérieure de l’hypophyse en réponse à de nombreux stimuli: l’orgasme, les contractions utérines de l’accouchement, la production de lait maternel… Son nom vient du grec et signifie «accouchement rapide». L’ocytocine joue un rôle dans le désir et le plaisir sexuels, l’attachement amoureux, le comportement maternel, la confiance en soi, l’empathie, la générosité, et sans doute encore bien d’autres choses en rapport avec la sociabilité et le bien-être. En particulier, elle aurait un effet sur la perception des problèmes du couple et de la qualité du lien conjugal.

Des études menées en Floride en 2011 et en Suède en 2012 ont démontré que la production d’ocytocine était un facteur de fidélité sexuelle chez les rats. En effet, les campagnols des champs forment des couples stables, tandis que leurs congénères habitant les montagnes vivent dans la promiscuité sexuelle. Or, on a constaté chez les seconds une absence de récepteurs à l’ocytocine dont les premiers sont pourvus en abondance. En bloquant ces récepteurs chez les rats de champs, on obtient le comportement volage observé chez les rats des montagnes.

D’autres hormones seraient impliquées dans le sentiment et le comportement amoureux. Sécrétée au moment de l’orgasme tant chez l’homme que chez la femme, la vasotocine serait apparue il y a cent millions d’années chez les poissons et favoriserait chez ces derniers le comportement de reproduction en réduisant la peur instinctive des femelles d’être approchées pendant l’ovulation. Des études récentes suggèrent que des applications thérapeutiques sont envisageables chez l’homme, par exemple dans le traitement de l’autisme et des phobies sociales.

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Paru dans Le Matin Dimanche du 18/06/2017.

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