Détecter les troubles cognitifs pour mieux les prévenir

Dernière mise à jour 25/09/17 | Article
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Détecter très tôt les troubles cognitifs chez les personnes âgées permet de mieux les traiter et d’éviter leurs complications.

En Europe, sur 100 personnes de plus de 60 ans, six présentent une forme de démence. Principalement liés à l’avancée de l’âge et à la prédisposition génétique, les troubles cognitifs ne connaissent pour le moment aucun remède médicamenteux qui agirait avec efficacité sur leurs causes. En revanche, les facteurs de risque et de protection sont de mieux en mieux connus. La détection précoce et systématique de ces troubles permettrait ainsi de prévenir et de retarder la survenue de ces affections, parfois même sans l’aide de médicaments.

Dépister les symptômes de la démence

Plutôt que de dépister la démence en tant que telle, diverses études suggèrent de détecter de façon systématique les symptômes neuropathologiques qui se mettent en place petit à petit. Le diagnostic de la démence se fait en effet trop souvent lors d’un incident médical (chute, accident, opération), lorsque la maladie est déjà complètement installée et que la personne atteinte s’est isolée et n’est plus capable de gérer sa vie quotidienne. En détectant de façon précoce l’altération des performances cérébrales, on donne aux personnes atteintes et à leurs proches des outils pour mieux gérer et anticiper la maladie.

Moyens de dépistage

En cas de trouble cognitif présumé, une évaluation spécialisée et approfondie devrait être menée chez le patient. Plusieurs moyens existent: un bilan neuropsychologique et une analyse de biomarqueurs spécifiques permettent d’établir un diagnostic et un pronostic. Des contrôles réguliers sont ensuite nécessaires pour suivre l’évolution de la maladie.

L’analyse des biomarqueurs permettrait également de détecter les signes avant-coureurs de la maladie. Dans le cas d’Alzheimer, la dégénération neurologique et artérielle peut en effet apparaître des décennies avant que la maladie ne soit tangible. Plusieurs stades de la maladie ont été identifiés, avec des essais thérapeutiques qui sont actuellement en cours.

Traitements médicamenteux

Concernant les thérapies médicamenteuses, celle qui semble le mieux fonctionner est une substance agissant sur un biomarqueur spécifique, le peptide bêta-amyloïde. Elle peut être administrée très rapidement dans des stades précoces de la maladie, lors d’un Alzheimer débutant ou d’un trouble cognitif léger. Plus tôt elle est utilisée, mieux elle agit.

Plusieurs autres médicaments ont été étudiés (anti-inflammatoires, statines, hormonothérapies substitutives) sans se révéler efficaces. Pour le moment, seuls les antihypertenseurs ont un effet bénéfique avéré.

Agir sur les facteurs de risque

En attendant que les études cliniques identifient des médicaments efficaces dans les années à venir, d’autres types de thérapies peuvent jouer un rôle très positif dans la prévention et le traitement des troubles cognitifs. En effet, les facteurs influençant la survenue d’Alzheimer et des démences sont bien connus: tabagisme, alcoolisme, inactivité physique et surpoids, diabète, lésions cérébrales vasculaires, hypertension artérielle, dépression ou encore faible niveau d’éducation. Dès lors, il est nécessaire d’agir sur les facteurs réversibles: des thérapies non médicamenteuses incluant une bonne alimentation, un entraînement cognitif et physique, des activités sociales et une surveillance de la santé cardiovasculaire auraient ainsi un impact positif significatif sur les performances cognitives. Elles permettraient même d’améliorer l’évolution des troubles cognitifs, tout en agissant aussi sur d’autres pathologies prédisposantes comme le diabète et l’hypertension artérielle, et ce, d’autant plus lorsque la détection se fait rapidement.

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Adapté de «Dépistage et prévention des troubles cognitifs chez les sujets âgés», Dr A. Gietl et P. Gerson Unschuld, Département de recherche psychiatrique, Clinique de gérontopsychiatrie, Schlieren. In Revue Médicale Suisse 2015;11(491):1944-1948, en collaboration avec les auteurs.

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