Comment savoir si une personne âgée souffre de dénutrition?

Dernière mise à jour 08/08/18 | Article
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La dénutrition est un problème fréquent chez les personnes âgées. Difficilement mesurable et due à de multiples facteurs, elle est encore mal diagnostiquée.

Environ 4 à 10% des personnes âgées résidant à domicile, 15 à 38% de celles placées en maison de retraite et 30 à 70% de celles hospitalisées sont considérées comme étant en situation de dénutrition. Certes, les personnes âgées sont prédisposées à cette problématique en raison de la diminution de l’odorat et du ralentissement du système digestif. Mais malgré tout, ce problème ne se limite pas à une simple perte d’appétit ou de poids. La dénutrition augmente les risques de mortalité et ce indépendamment de l’indice de masse corporelle de l’individu. En effet, même une personne souffrant d’obésité peut être victime de dénutrition.

Puisqu’il s’agit d’un problème fréquent, le médecin doit systématiquement rechercher une éventuelle dénutrition chez tout patient âgé de 75 ans et plus. Le critère le plus utilisé pour détecter une dénutrition est une perte pondérale involontaire d’au moins 5% en un mois ou 10% en six mois. Toutefois, ce critère, qui fait l’objet de débats au sein du monde médical, ne permet pas de mettre en lumière une dénutrition précoce. De plus, il n’existe aucun examen mené en laboratoire spécifique à cette maladie.

Des facteurs multiples

Ainsi, une nouvelle approche du problème consiste à ne pas se concentrer uniquement sur la perte de poids mais à évaluer chez les personnes à risque de dénutrition les différents facteurs possibles. En premier lieu, le médecin traitant devrait analyser l’état médical de la personne afin de vérifier si la perte de poids n’est pas due à un cancer, une maladie cardio-vasculaire ou respiratoire, etc. Le patient peut aussi avoir des difficultés à se déplacer en raison de l’arthrose ou souffrir de séquelles à la suite d’un AVC. Des troubles cognitifs ou dépressifs peuvent aussi influencer l’alimentation du patient.

Ensuite, on ciblera des facteurs médicaux indirects. Par exemple, certains médicaments peuvent engendrer une perte de poids en raison d’effets secondaires multiples: nausées, anorexie, diarrhée, constipation… Un problème qui peut être amplifié par la prise multiple de médicaments, fréquente chez la personne âgée. La source d’une dénutrition peut aussi être liée à l’hygiène de vie, l’excès d’alcool ou le suivi d’un régime mal adapté pouvant être à l’origine du problème.

Par ailleurs,il convient d’être attentif au fait que la dénutrition n’est pas toujours causée par un problème médical. A domicile, certaines personnes font face à des difficultés financières ou ne sont plus en mesure de cuisiner, de faire leurs courses ou même de se nourrir seules. Les personnes âgées souffrant souvent d’isolement social ou vivant un deuil à la suite de la perte de leur conjoint, elles ne peuvent pas toujours compter sur l’aide des proches pour faire face à ces difficultés.

Reprendre du poids

Si un diagnostic de dénutrition est posé, le plus urgent est avant tout la reprise de poids. Le but étant d’améliorer les apports caloriques et d’adapter ces derniers en fonction du patient grâce à l’aide d’un-e diététicien-ne. Pour reprendre du poids efficacement, plusieurs moyens sont bons. On peut enrichir son alimentation en produits laitiers, beurre et œufs selon ses préférences. Fragmenter les repas et prendre des collations pour susciter l’appétit est également utile. Certaines personnes âgées souffrant d’une perte du goût et de l’odorat, il conviendrait de varier la texture des aliments et d’utiliser des exhausteurs de goût afin de recréer l’envie de manger.

En cas de difficultés pour se déplacer ou de problèmes psychologiques, il est possible de faire appel à un service de soins à domicile, voire même à un restaurant ou un traiteur. Il est aussi possible d’intégrer pendant un certain temps un Centre d’accueil temporaire (CAT) ou à l’inverse adapter son logement pour faciliter la préparation des repas. Pratiquer une activité physique est aussi un bon moyen de stimuler l’appétit.

Enfin, en cas de prise de médicaments, le médecin peut chercher à remplacer un médicament par un autre comportant moins d’effets secondaires sur l’alimentation. Un suivi doit alors être mené pendant un à trois mois pour surveiller que tout se passe bien.

Si malgré toutes les mesures prises, une personne âgée est toujours en situation de dénutrition, il faut alors songer à la prise de suppléments nutritifs oraux, voire, dans les cas les plus sévères, à une nutrition par sonde.

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Adapté de «Approche déambulatoire de la dénutrition chez la personne âgée», Drs Nathalie Yerly, Sylvain Nguyen, Kristof Major, Wanda Bosshard Taroni, et Pr. Christophe Büla, Service de gériatrie et de réadaptation gériatrique, CHUV; Centre de traitement et de réadaptation, Hôpital de Lavaux, Cully. In Revue Médicale Suisse 2015:11:2124-8.

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