Les traitements du futur se cachent dans votre sang

Dernière mise à jour 18/11/14 | Article
Les traitements du futur se cachent dans votre sang
Notre sang est précieux. Nous le savons tous, sans pour autant avoir une idée précise de ce qu’il contient.

Nous connaissons les éléments les plus importants (globules, plaquettes...) mais ce que la population ignore souvent, c’est qu’il est également composé à 54% d’un liquide (le plasma) dont la principale fonction est de transporter les déchets dans le corps! Le sang est sollicité 365 jours par année dans les hôpitaux. Jugez plutôt: le CHUV reçoit quotidiennement l’équivalent de 50 dons, soit environ 14 litres de sang. Et rien que pour une opération de pose de prothèse de hanche, ce sont déjà 0,55 l qui sont réquisitionnés. Un chiffre qui grimpe encore lorsque le Service de chirurgie cardiaque effectue une transplantation de cœur ou de poumon, avec 1,7 l pour cette seule intervention!

Du sang pour les chercheurs

Mais depuis quelque temps, les chercheurs ont aussi besoin de notre sang pour pouvoir travailler. Pourquoi? Parce qu’il renferme notre ADN, autrement dit notre génome. Et c’est précisément ce patrimoine génétique qui pourrait constituer les fondations de la médecine de demain, appelée la médecine génomique. Tout a été dit ou presque sur l’acide désoxyribonucléique (le nom scientifique de l’ADN). Il a fallu attendre 2003 pour que cette gigantesque source d’information (il faudrait grosso modo 10 ans à un être humain pour la lire en totalité) soit décodée. De la couleur de nos yeux à notre densité capillaire en passant par notre souplesse, tout semble écrit dans les deux mètres (!) qui composent cette désormais célèbre double hélice.

Les biobanques, ambassades de la recherche

S’il est aujourd’hui très facile (et bien moins cher) de faire décoder son ADN, la communauté scientifique est encore loin d’en avoir percé tous les mystères. Pourtant, les promesses sont infinies: nous pourrions dépister au plus vite les potentiels risques de maladies dans une population ou chez un enfant, trouver des traitements ou même des thérapies directement sur le gène…

Tout semble possible dans un avenir plus si éloigné. Mais pour y arriver, les chercheurs ont besoin d’énormément de données.

Le raisonnement est simple: en recevant les informations de nombreuses personnes souffrant d’une maladie particulière, il sera plus facilement envisageable de déceler le point commun dans leurs génomes et ainsi trouver –un jour– le moyen de combattre la pathologie en question. C’est dans ce but précis que le CHUV et l’UNIL ont créé la Biobanque Institutionnelle de Lausanne (BIL) en 2013, une initiative unique en Europe qui recense déjà les échantillons et données de plusieurs milliers de patients.

Une goutte suffit

Attention, pas question de vampiriser la population: la BIL ne ponctionne que 9 ml de sang, soit une toute petite et unique éprouvette. Et seulement après avoir reçu l’accord du patient dont les données sont codées.

Ensuite? Cette banque est mise à disposition des chercheurs du CHUV, dans un cadre strict défini par une commission d’éthique, ainsi que par la législation cantonale et fédérale. Vous vous dites sûrement: «Mais alors, cela veut dire que mon sang va servir à trouver des super médicaments d’ici quelques années?»

Oui et non. Certes, la recherche sur le génome, ainsi que les moyens qui sont mis en œuvre à Lausanne et partout ailleurs dans le monde, permettent d’envisager un bond fantastique dans les années à venir. Toutefois, les étapes d’une recherche classique sont nombreuses et s’étendent sur plus de 10 ans entre le début des travaux et l’éventuel lancement d’une réalisation concrète!

Ce qui est sûr, c’est que plus les chercheurs auront d’échantillons, moins la recherche avancera à tâtons. Alors… êtes-vous prêt à ajouter votre petite goutte à l’océan?

    

Le sang en chiffres

Dans le corps d’un homme circulent en moyenne 5 à 6 litres de sang, 4 à 5 litres chez une femme et 4 litres chez un enfant.

Dans la moelle rouge des os, naissent chaque jour environ 25 milliards de globules rouges.

Les globules blancs sont 600 fois moins nombreux que les globules rouges.

Un adulte possède 30 milliards de globules rouges, soit 5 fois le tour de la terre, et des cellules 10 fois plus petites que l’épaisseur d’un cheveu.

Chaque jour, le CHUV reçoit 13,75 litres de sang, soit 50 dons. Mais… saviez-vous que: il faut en moyenne 0,55l pour une pose de prothèse totale de la hanche et 1,7l pour une transplantation de cœur ou de poumon.

Lors d’un effort intense, le cœur pompe 30 litres chaque minute! (5l au repos)

         

A LIRE AUSSI

Anti-inflammatoires
Guérir d'une épaule douloureuse demande de la patience

Guérir d'une épaule douloureuse demande de la patience

Fréquents et douloureux, les problèmes à l'épaule prennent du temps à guérir. L'origine de la douleur...
Lire la suite
Anesthésie
Une banane

Circoncision: à quoi sert le prépuce?

La circoncision, du latin circumcisio, signifiant «découper autour», consiste en l’ablation du prépuce,...
Lire la suite
Automédication
paracetamol_ibuprofene_utiliser_risque

Paracétamol, ibuprofène, aspirine, etc.: comment les utiliser sans risque?

Les antalgiques font partie des médicaments les plus consommés en Suisse. Disponibles librement sans...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
immunotherapie_ou_sommes_nous

Immunothérapie: où en sommes-nous?

Moins d’une décennie après son arrivée, l’immunothérapie suscite les espoirs les plus vifs, mais fait aussi des déçus. Explications.
radiotherapie_flash_espoir

La radiothérapie FLASH: l’espoir d’une nouvelle arme contre le cancer

Utilisant des faisceaux d’irradiation ultra-brefs, cette technique pourrait venir à bout de certaines tumeurs résistantes aux traitements.
demeces_greffe_neurones

Démences: l’espoir des greffes de neurones

Pour lutter contre les ravages des démences, la recherche scientifique s’acharne. Parmi les pistes de recherche, les thérapies cellulaires, qui suscitent un réel espoir.
Videos sur le meme sujet

Une nouvelle maladie due au changement climatique

Le réchauffement climatique serait à lʹorigine dʹune nouvelle pathologie rénale, selon deux médecins américains.

Une bactérie cousine du bacille de la tuberculose découverte à Bâle

Une bactérie, lointaine cousine du bacille de la tuberculose, a été découverte à Bâle.

Un diagnostic plus rapide de la maladie de Huntington

Un nouveau procédé va permettre de diagnostiquer mieux et plus rapidement la maladie de Huntington.