Mon premier rendez-vous chez le gynécologue

Dernière mise à jour 15/01/14 | Article
Mon premier rendez-vous chez le gynécologue
Il suscite de nombreuses questions, craintes et fantasmes auprès des adolescentes. Le premier rendez-vous chez le gynécologue ne va pas de soi.

Quand? Comment? Pourquoi? Le Dr Martine Jacot-Guillarmod, spécialiste en gynécologie et médecin associée à l’Unité de Gynécologie de l’enfant et de l’adolescente au Centre hospitalier universitaire vaudois à Lausanne (CHUV), démystifie avec nous cette étape-clé dans le devenir femme.

A quel âge devrais-je consulter pour la première fois un gynécologue?

Il n’y a pas d’âge précis à partir duquel il faudrait commencer à consulter régulièrement un gynécologue. Si vous avez des questions sur votre corps, sur vos règles, votre sexualité ou votre santé, alors ça peut être le bon moment. A savoir que la première consultation peut consister seulement en une prise de contact, mais peut aussi avoir un caractère plus «médical», si vous présentez un symptôme particulier. «Parfois, ce sont les parents (la mère en particulier) qui encouragent leur fille à consulter, parfois c’est la jeune fille elle-même qui en fait la demande», précise le Dr Martine Jacot-Guillarmod.

Pourquoi consulter?

«Dans son cadre familial, l’adolescente n’a pas toujours la possibilité, pour diverses raisons, de partager ses questionnements sur son corps et sa sexualité. Le degré d’ouverture de ses parents, leur culture ou leurs appartenances peuvent en effet rendre le dialogue difficile. Dans de tels cas, la rencontre avec un spécialiste peut être très utile», décrit la doctoresse.

Ensuite, les questions ou soucis liés aux règles ou plus généralement à la sexualité constituent souvent un signe d’appel. Par exemple, des troubles du cycle tels que des règles douloureuses ou irrégulières. Une demande de contraception, des craintes concernant les infections sexuellement transmissibles (IST), le déroulement et les éventuelles douleurs lors des premiers rapports sexuels, une prise de risque après un rapport (suspicion de grossesse, contraction d’une IST), la peur de ne pas être normale sur le plan anatomique ou des doutes sur l’orientation sexuelle sont d’autres motifs de consultation courants.

Est-ce que le fait d’avoir une vie sexuelle nécessite d’aller voir un gynécologue?

Non, ce n’est pas une obligation. Par contre, cela peut être utile car c’est souvent à ce moment-là que les questions sur la contraception ou les IST arrivent. Une consultation permet de prévenir une grossesse non désirée ainsi que des maladies et offre la possibilité de s’assurer, si besoin, que les relations sexuelles et relationnelles sont harmonieuses avec le partenaire choisi.

Puis-je y aller seule?

Une jeune fille, même mineure, a le droit de consulter seule un gynécologue, avec ou sans l’accord de ses parents. De même, elle peut se faire prescrire la pilule contraceptive sans avoir reçu leur autorisation. «Elle peut aussi être accompagnée par sa mère. Sa présence – ou non – dépend du degré d’indépendance de la jeune fille, parfois de sa volonté ou encore du motif de la consultation», observe la spécialiste.

Est-ce que l’entretien est confidentiel?

La question épineuse de la confidentialité est en principe abordée par le gynécologue devant les deux parties (parents et jeune femme). A moins que la mère assiste à la consultation, celle-ci est en principe confidentielle. En revanche, si vous êtes mineure et que la situation suppose une mise en danger de votre vie (désir suicidaire, prise de risque...), le médecin a alors l’obligation légale d’en informer votre représentant légal. Il est par ailleurs tout à fait possible que la consultation se déroule en deux temps: avec la mère (ou un autre accompagnant) et sans elle. Aussi, lors de situations délicates (demande de pilule, grossesse non désirée, etc.), le gynécologue ou d’autres intervenants (assistante sociale par exemple) aideront à renouer le dialogue par un travail de médiation entre parents et enfant. La facturation se fait toujours au nom de l’assuré, mais là encore, des solutions peuvent être trouvées pour préserver la confidentialité des soins.

Comment se déroule la consultation?

La première consultation se limite généralement à un entretien, à moins qu’il y ait une plainte particulière comme des douleurs dans le bas-ventre, des pertes vaginales anormales, des douleurs ou grosseurs au niveau des seins, ou si la patiente souhaite être rassurée sur la «normalité» de son anatomie ou si la pose d’un stérilet est envisagée. S’il y a un examen médical, il faut d’abord enlever le bas (sa culotte), puis s’installer sur la chaise gynécologique. Le médecin va regarder l’hymen (membrane qui peut se rompre lors des premiers rapports sexuels) et l’entrée du vagin. Sur indication seulement, il examinera le vagin et le col de l’utérus à l’aide d’un spéculum (instrument permettant d’inspecter l’intérieur du vagin), puis procédera au toucher vaginal, qui consiste à palper l’utérus et les ovaires en introduisant un ou deux doigts dans le vagin et en posant l’autre main sur l’abdomen. La tension et le poids seront mesurés en cas de prescription d’une contraception hormonale. Dans un second temps seulement et selon les cas, le médecin proposera d’enlever le haut (le soutien-gorge) pour examiner les seins (inspection visuelle et palpation).

Est-ce que l’examen fait mal?

En principe, l’examen gynécologique ne doit pas être douloureux, au pire il peut être inconfortable. Il n’y a aucun risque de lésion de l’hymen. En effet, le gynécologue a recours à des instruments (le spéculum) adaptés à l’anatomie de chacune et à sa virginité.

Après le premier rendez-vous, à quelle fréquence est-ce que je dois y retourner?

D’un point de vue strictement médical, le premier contrôle gynécologique est prévu à partir de 21 ans. En effet, selon les recommandations internationales, c’est à ce moment-là que le frottis de dépistage du cancer du col de l’utérus (et donc l’examen du col) est prévu. Ensuite, le renouvellement du frottis se fait tous les trois ans. En cas de prescription d’un contraceptif, un nouveau rendez- vous sera donné trois à quatre mois après la première prescription pour vérifier l’adéquation du moyen de contraception choisi. Le renouvellement de l’ordonnance est ensuite annuel.

Comment choisir son gynécologue?

Il y a plusieurs possibilités: se rendre chez un spécialiste en gynécologie installé dans son propre cabinet, dans une maternité dotée d’une policlinique de consultation (par exemple à la maternité du CHUV), dans une consultation spécialisée comme l’Unité multidisciplinaire de santé des adolescents au CHUV (l’UMSA) ou la Consultation Santé Jeunes des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), ou encore dans un Planning familial.

Dans la pratique, certaines jeunes filles se rendent naturellement chez le gynécologue de leur mère. D’autres, au contraire, préfèrent choisir un médecin différent. Quant au genre (homme/femme) de ce dernier, là aussi tout est affaire de choix personnel. «C’est une bonne question à se poser. Mais, souligne le Dr Martine Jacot-Guillarmod, il est souvent compliqué pour une jeune fille de consulter un gynécologue homme».

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