Quand bébé n’arrive pas…

Dernière mise à jour 27/06/16 | Article
Un couple sur sept est confronté à la difficulté d’avoir un enfant. Quand consulter? Au bout d’un an, dès six mois parfois.

Naissances

En 2013, sur un total de 82 731 naissances, 1891 enfants ont vu le jour en Suisse après une procréation médicalement assistée (PMA). A noter parmi eux, une proportion de 27% de jumeaux.

(Source: Office fédéral de la statistique, 2014)

Egalité

Pendant longtemps, le tableau semblait clair : l’infertilité était féminine ou n’était pas. Aujourd’hui, des chiffres objectifs apportent un éclairage tout autre à la problématique et ouvrent la voie à une prise en charge plus en adéquation avec la réalité. Car c’est dans une même moyenne de 30% que le dysfonctionnement provient de la femme, de l’homme ou des deux. A noter que les 10% restants relèvent d’un problème d’infertilité aux causes mal comprises.

5 juin

La PMA –dont la fécondation in vitro fait partie– et le diagnostic préimplantatoire (DPI) s’invitent dans les bureaux de vote pour un référendum le 5 juin prochain. L’objectif: statuer sur la modification du 12 décembre 2014 de la loi fédérale sur la procréation médicalement assistée (LPMA) qui permet notamment, sous des conditions strictes, un diagnostic génétique des embryons issus d’une PMA avant leur implantation dans l’utérus de la future mère.

Les mois passent, et toujours rien. A partir de quand s’en préoccuper vraiment? «Au bout d’une année de tentatives infructueuses», indique le Dr Nicolas Vulliemoz, responsable de l’Unité de médecine de la reproduction au Centre hospitalier universitaire de Lausanne, se faisant l’écho de l’indication de l’Organisation Mondiale de la Santé qui définit l’infertilité comme l’absence de grossesse pour un couple ayant des rapports sexuels non protégés depuis au moins douze mois.

Pour autant, à ce stade, le verdict d’infertilité est loin d’être implacable. «Si de nombreux couples peinent à concevoir un enfant, tous n’auront pas besoin de traitements pour mettre en route une grossesse», rappelle le spécialiste. De simples conseils (voir encadré) et un regain de patience suffisent parfois. Reste que consulter sans trop attendre est crucial: «Après six mois si la femme a 36 ans ou plus, si elle a des règles irrégulières, des problèmes gynécologiques ou si des soucis de santé particuliers sont connus dans le couple», indique le Dr Vulliemoz.

Trente-six ans

L’objectif de ce premier rendez-vous: dresser un tableau complet de la situation. Ainsi antécédents familiaux des deux partenaires, pathologies ou traitements en cours et cycle menstruel de la femme vont être les premières clés de l’investigation. S’ensuivent les examens médicaux. Pour l’homme, un spermogramme évalue la concentration, la mobilité et la morphologie des spermatozoïdes. Si une anomalie apparaît, il peut être complété par un bilan hormonal et un test génétique. Pour la femme, les investigations se jouent sur plusieurs plans : bilan hormonal, échographie pelvienne, frottis du col de l’utérus, hystérosalpingographie (examen des trompes utérines) et test d’ovulation. Une laparoscopie peut également s’avérer nécessaire. Derrière ce nom complexe, une opération permettant de diagnostiquer, et de traiter en même temps si besoin, des lésions potentiellement à l’origine de l’infertilité, comme l’endométriose.

Place alors au second rendez-vous avec le spécialiste, quatre à six semaines en moyenne après la toute première consultation. «Dès lors que tous les résultats des examens sont réunis, un plan de traitement se dessine selon les cas et le temps à disposition. A partir de 36 ans, la fécondité d’une femme diminue et il ne faut pas perdre de temps», précise le médecin. Si une intervention médicale se justifie, deux options majeures apparaissent: un traitement de stimulation ovarienne ou une fécondation in vitro (FIV).

Traitement de stimulation ovarienne ou FIV

Leur mission? Déclencher l’ovulation de la femme par le biais d’une injection hormonale et aider l’ovule tout juste sorti de l’ovaire à être fécondé par un spermatozoïde. Cette rencontre ovule-spermatozoïde se fait via un rapport sexuel au moment propice ou par insémination médicale des spermatozoïdes dans l’utérus dans le cas d’un traitement de stimulation ovarienne. Dans le cas d’une FIV, la rencontre est orchestrée en laboratoire. Si des pré-embryons naissent de cette union in vitro, un ou deux d’entre eux (exceptionnellement trois) seront implantés dans l’utérus de la femme. Contrairement au traitement de stimulation ovarienne, la FIV n’est pas remboursée par l’assurance maladie (LAMal ou complémentaire). Son coût est de 8000 à 10 000 fr. en moyenne.

Qu’il s’agisse d’un traitement de stimulation ovarienne ou d’une FIV, cette première étape laissera place à une attente de deux semaines, jusqu’au test de grossesse. «C’est une période éprouvante pour le couple, témoigne le Dr Vulliemoz. Car à ce stade, il n’y a plus rien à faire, juste attendre.» En cas d’échec, de nouvelles tentatives sont possibles. En ce qui concerne les FIV, le taux de succès est de 37% en moyenne. «Mais ce pourcentage s’effondre vite notamment avec l’augmentation de l’âge maternel, alerte le spécialiste. Passés 43 ans pour la femme, les chances de réussite d’une FIV deviennent extrêmement faibles. Dans les traitements contre l’infertilité, les erreurs sont liées à deux extrêmes: vouloir agir trop vite sans laisser de chance à une grossesse naturelle, ou trop attendre.».

Bébé, mode d’emploi

Le moment idéal pour la conception? Deux jours avant l’ovulation. Pour rappel, chez une femme ayant un cycle menstruel régulier de 28 jours, l’ovulation a lieu quatorze jours après le premier jour des règles (début du cycle). En tenant compte de la survie à la fois des spermatozoïdes dans l’utérus (jusqu’à 7 jours) et de celle de l’ovule dans les trompes utérines (au maximum 24 heures), la période propice à la mise en route d’une grossesse commence cinq jours avant l’ovulation et se prolonge jusqu’au jour de l’ovulation, soit du 9e au 14e jour du cycle.

L’idée n’est pourtant pas de calquer sa vie sexuelle sur un calendrier, test d’ovulation en main. «Ce n’est pas l’idéal, d’autant que le résultat n’est pas du tout garanti, rappelle le Dr Nicolas Vulliemoz, responsable de l’Unité de médecine de la reproduction au Centre hospitalier universitaire de Lausanne. L’enjeu est que le couple garde de la spontanéité dans sa vie intime et ne s’impose pas un stress excessif en voulant tout planifier. En cas d’échec, de mois en mois, la déception n’en est que plus éprouvante.» Le conseil du médecin pour optimiser les chances de grossesse? «Des rapports sexuels tous les deux ou trois jours».

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