Grossesse et varicelle: attention dangers!

Dernière mise à jour 02/12/11 | Article
Femme enceinte
Désagréable, mais bénigne durant l’enfance, la varicelle peut être bien plus problématique à l’âge adulte, en particulier chez les femmes enceintes. Pour l’éviter, mieux vaut se faire vacciner, dès l’adolescence.

Ça défigure, ça gratte. La varicelle se caractérise par des vésicules rouges qui pullulent sur le visage et sur le corps. Très contagieuse, cette maladie est presque un passage obligé durant l’enfance : à l’âge de 10 ans, 96% des enfants ont été exposés au virus et la majorité d’entre eux ont développé la maladie. Sans conséquences chez l’enfant, son évolution est volontiers plus sévère chez l’adulte, raison pour laquelle il est conseillé de se faire vacciner à l’adolescence, si on ne l’a pas contractée avant, comme le prévoit le plan suisse de vaccination.

En cas de doute, un test peut être effectué pour vérifier son immunité face au virus. Ou alors, on peut se faire administrer directement les deux doses de vaccins par son médecin traitant. Les femmes en âge de procréer (mais qui ne sont pas enceintes !) devraient tout particulièrement appliquer ces mesures de prévention, pour leur santé d’abord, mais surtout pour la santé et la survie de leur futur enfant !

Danger de pneumopathie

La complication la plus fréquente et la plus sévère (puisqu’elle peut entraîner la mort) de la varicelle chez l’adulte a pour nom la pneumopathie ou syndrome de détresse respiratoire aigu. Les fumeurs, les femmes enceintes ou celles souffrant de maladie pulmonaire chronique sont plus susceptibles de développer cette complication. Le cumul de plusieurs de ces facteurs augmente naturellement ces risques. En cas de contact avec le virus, une vaccination post-exposition sera proposée (hors grossesse) tandis que des immunoglobines spécifiques seront administrées aux futures mamans. Cette mesure vise à prévenir l’infection, et si c’est trop tard, à réduire les risques de complications pour la mère et le fœtus, même si, à ce jour, aucune étude ne vient démontrer d’effet bénéfique pour ce dernier.

Si les femmes enceintes sont une population particulièrement à risques – la survenue d’une pneumopathie représente 5% des cas- c’est parce que la santé du bébé peut elle aussi être menacée. Les complications diffèrent en fonction du stade gestationnel dans lequel se trouve sa mère au début de l’éruption. La proximité avec la date de l’accouchement va alors déterminer les modalités d’actions et de soins. Les cas de figure sont les suivants : contraction du virus pendant la grossesse jusqu’à sept jours avant l’accouchement, une semaine avant ou deux jours après, ou encore deux jours ou plus après la naissance.

Varicelle intra-utérine et fœtopathie

Si la mère contracte la maladie jusqu’à sept jours avant l’accouchement, le virus peut traverser le placenta et infecter le fœtus. La varicelle intra-utérine est une affection bénigne qui, en principe, n’entraîne pas de séquelle pour l’enfant, protégé par la réponse immunitaire de sa mère. Il n’y a aucune inquiétude à avoir en ce qui concerne son développement neurologique ou psychomoteur. La plupart du temps, elle passe simplement inaperçue, mais peut être détectée à la naissance à cause de petites cicatrices discrètes sur la peau du bébé. L’enfant n’est pas contagieux et n’a pas besoin d’être traité. Durant les deux premières années de vie toutefois, il se peut qu’il développe un zona, conséquence de cette varicelle contractée in utero.

Malheureusement, dans d’autres cas, le virus, resté en état de latence chez le fœtus, peut être réactivé et donner lieu à un zona intra-utérin, lui-même à l’origine d’une foetopathie varicelleuse. Il s’agit d’une maladie sévère, qui se traduit notamment par des cicatrices sur la peau d’un ou de plusieurs membres, une atrophie du squelette, des déficits neurologiques, moteurs et du développement, etc. A savoir que 30% des bébés concernés décèdent au cours des premiers mois de vie. Heureusement, cela ne représente qu’1% des cas.

Autour de la naissance

Si la varicelle survient cinq jours avant l’accouchement ou durant les deux jours qui suivent, la donne est quelque peu différente. Tout d’abord, l’enfant est vulnérable à cause de son immaturité immunologique. Mais en plus, étant donné que la réponse immunitaire de la mère met quelques jours avant de se mettre en place, il n’est pas protégé par ses anticorps. Cette varicelle dite périnatale n’est pas forcément grave, mais peut l’être en raison d’une charge virale potentiellement importante, susceptible de s’attaquer aux poumons, au foie, aux reins, et de provoquer des lésions sur la peau etc. Une hospitalisation et un traitement antiviral seront nécessaires pour éviter ce type de problèmes chez l’enfant.

Il se peut aussi que la mère transmette le virus deux jours ou plus après la naissance, par voie respiratoire classique. A nouveau, en raison de son immaturité immunologique et de la fragilité de ses poumons, des complications sont à craindre. Un traitement antiviral sera également indiqué.

Face à une patiente enceinte, le médecin doit s’assurer qu’elle a déjà eu la varicelle. Si tel n’est pas le cas et qu’une exposition au virus s’est produite, il lui proposera des mesures prophylactiques afin de minimiser les risques pour elle et son bébé. Si la maladie se déclare, le spécialiste cherchera à évaluer les conséquences éventuelles sur le fœtus grâce à une échographie, voire à une IRM. Un suivi échographique mensuel est ensuite indiqué jusqu’à la fin de la grossesse.

Références

Adapté de «Varicelle pendant la grossesse : quelles conséquences pour la mère et l’enfant ? », T. Ferry, B. Vaudaux, Y. Vial. Rev Med Suisse 2011 ; 7 : 900-904, en collaboration avec les auteurs.

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