Le curcuma: une nouvelle voie dans la prévention du diabète

Dernière mise à jour 16/10/13 | Article
Le curcuma: une nouvelle voie dans la prévention du diabète
Utilisé depuis la nuit des temps comme anti-inflammatoire dans les médecines traditionnelles chinoise et ayurvédique, le curcuma pourrait également protéger du diabète, considéré aujourd’hui comme une véritable épidémie. Enquête sur cette épice pas comme les autres.

Le curcuma: une épice bienfaisante

Si vous avez un jour mangé indien ou thaï, alors vous connaissez déjà le curcuma, l’un des principaux ingrédients du curry. Cette épice jaune-orangée, qui provient des racines de la plante Curcuma longa, est cultivée dans toute l’Asie, mais aussi en Afrique tropicale et aux Antilles. Colorant pour les vêtements et condiment, le curcuma est également utilisé dans les médecines traditionnelles pour ses vertus thérapeutiques. Ceci a donc amené des chercheurs à regarder de plus près cette épice aux vertus miraculeuses.

Plusieurs études ont déjà montré que la curcumine, principe actif du curcuma, possède par exemple des propriétés anti-inflammatoires semblables à celles de l’hydrocortisone, mais sans les effets secondaires. Des recherches in vivo sur des souris ont également mis en évidence que la curcumine diminue l’inflammation intestinale, notamment dans des modèles de maladie de Crohn. Plus récemment, une équipe de chercheurs thaïlandais a montré que le curcuma prévient l’apparition du diabète chez les personnes à risque.

Le diabète, qu’est-ce que c’est?

Caractérisé par un taux de sucre (glycémie) élevé dans le sang, le diabète est placé au 4e rang des causes de décès dans les pays développés et augmente considérablement en Afrique, Asie et Amérique du Sud. Cette maladie peut en effet conduire à des complications graves comme des troubles cardiovasculaires, des troubles de la vision et une insuffisance rénale.

Il existe deux types de diabète. Dans le diabète de type 1, le pancréas n’arrive plus à produire l’insuline, l’hormone qui régule la glycémie. Les cellules pancréatiques sont en effet attaquées et détruites par les propres anticorps du patient: il s’agit d’une maladie auto-immune. Dans le diabète de type 2, l’organisme répond mal, voire plus du tout, à l’insuline. Les causes exactes ne sont pas vraiment connues, mais de nombreuses études ont montré qu’une mauvaise alimentation, une surcharge pondérale, la sédentarité et l’âge en augmentent le risque.

Aujourd’hui, les traitements visent principalement à améliorer la sensibilité à l’insuline, à stimuler sa sécrétion, ou à diminuer la glycémie dans le cas du diabète de type 2, en association avec une activité physique régulière et une alimentation adaptée.

Vous avez dit pas trop sucré? Non, épicé!

Récemment, une étude sur l’Homme parue dans la revue médicale Diabetes Care a comparé deux groupes de personnes saines mais prédisposées au diabète: l’un des groupes était traité à la curcumine chaque jour pendant neuf mois, l’autre groupe recevait un placébo. Les résultats sont impressionnants: 16,4% des patients ayant reçu le placébo ont développé un diabète de type 2, alors qu’aucun cas n’a été détecté dans le groupe traité à la curcumine. Il semble également que cette substance puisse diminuer la résistance à l’insuline et la glycémie, mais aussi améliorer la production de l’hormone. «Ces résultats sont vraiment intéressants! Les effets de la curcumine semblent presque aussi efficaces que ceux observés avec certains médicaments antidiabétiques très onéreux», indique le Dr Juan Ruiz du Service de Diabétologie du CHUV à Lausanne. «Il serait intéressant de répéter l’étude sur des personnes de type caucasien pour vérifier que les effets sont similaires à ceux observés sur les sujets thaïlandais», ajoute le Dr Ruiz.

Outre ses effets préventifs sur le diabète, l’utilisation du curcuma permettrait également de diminuer les coûts liés à la prescription d’antidiabétiques standards. Le diabète représente en effet un enjeu économique majeur, avec quelque 12 milliards d’euros dépensés chaque année pour la prise en charge de la maladie. L’idée serait donc d’identifier les personnes à risque assez tôt pour prévenir le diabète ou en retarder l’apparition, mais également de réduire la fréquence des complications associées. Avec ces résultats, c’est donc une nouvelle voie qui s’ouvre dans la prévention du diabète. De quoi réveiller les papilles… des patients et des médecins!

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