Dépression: quatre phrases qui trahissent les idées noires

Dernière mise à jour 23/03/15 | Article
Dépression: quatre phrases qui trahissent les idées noires
Le déprimé regarde la vie et lui-même au travers de lunettes déformantes. D’idées pessimistes en auto-accusations, il n’arrive à penser sa vie qu’en termes d’échec.

«Rien ne va plus»

Le déprimé pratique le pessimisme à plein-temps. Le regard qu’il porte sur lui et le monde est sans appel: tout va mal et les choses ne risquent pas de s’arranger, en dépit de ce que peut dire ou faire l’entourage. En clair, il voit toujours le verre à moitié vide même quand il déborde! Passé miné, avenir bouché, présent angoissant, la situation est sans espoir. De toutes les façons, il est convaincu qu’il n’arrivera jamais à rien. C’est le défaitisme conjugué à tous les temps.

Le déprimé a une grande facilité à interpréter tout de travers. Un mot ironique ou une tarte trop cuite et le plus sympathique des repas est irrémédiablement gâché. Incapable de prendre de la distance avec les choses, sa souffrance a eu raison de son sens de l’humour. Il n’arrive plus à rire et supporte difficilement la gaieté des autres.

Pensées négatives

Les idées pessimistes produites en flux continu par le déprimé sont le «carburant» de la tristesse, de la perte de motivation, du ralentissement des activités, etc. Elles empêchent la personne de peindre sa vie autrement qu’en noir.

«Je suis nul(le)»

L’estime de soi du déprimé chute au niveau zéro. Il est déçu de lui-même et ne s’aime guère. Il n’est capable de penser sa vie passée qu’en termes de faillites. Le présent et le futur ne feront que confirmer cette tendance à tout rater. Avec un amour-propre au plus mal, le malade n’arrive plus à se sentir à la hauteur et en a profondément honte. La plus banale des situations lui rappelle ses «faiblesses» et le met en échec. Ce qui vient confirmer, selon lui, combien il est en dessous de tout et indigne d’intérêt. Pour l’entourage, le déprimé semble se complaire dans l’auto-dévalorisation. Il a beau lui affirmer le contraire et souligner ses nombreuses qualités («Ce n’est pas vrai que tu es nul, regarde tout ce que tu as réalisé de bien»), rien n’y fait.

Lunettes déformantes

Comme sa lecture des événements est déformée, le déprimé ne retient que les choses qui lui ont déplu, oubliant tous les moments agréables que lui a apportés la journée. Ce côté rabat-joie n’améliore pas ses relations avec les autres. Devenu inapte au bonheur, il passe, à la longue, pour un éternel insatisfait, toujours déçu par la vie et par les autres.

«Tout est de ma faute»

Si tout va mal, c’est de sa faute. Chez le déprimé, tout est prétexte à l’auto-accusation: «La soirée a été nulle, je suis un poids pour les autres». Très critique à l’égard de ses faiblesses, il se blâme souvent pour des fautes, réelles ou non, qu’il pense avoir commises.

La pratique intensive de l’autocritique ne manque pas de tourner à la rumination permanente sur des thèmes négatifs. Le déprimé fait son mea culpa pour tout et pour rien. Il culpabilise en particulier d’être ce qu’il est devenu: une personne amorphe, vidée de son énergie et désertée par le désir. Il s’en veut terriblement de ne plus être à la hauteur de la vie, des autres et de lui-même.

Ce sentiment de culpabilité est proportionnel à l’intensité des symptômes: plus l’épuisement est grand, plus il se dévalorise d’être dans cet état. Sans parler des autres qui ne manquent pas de lui rappeler sa déchéance à coup de «Secoue-toi!» ou de «Tu as tout pour être heureux!» Dans de rares cas, l’autoflagellation mentale peut prendre des proportions très inquiétantes et aller jusqu’au délire. Le malade s’accuse de crimes qu’il n’a pas commis, se croit atteint d’une maladie grave qui viendrait le punir pour ses «fautes».

«A quoi bon…»

Les allusions à la mort sont une constante dans la dépression: elles traduisent les souffrances endurées et l’envie d’y mettre un terme. «La vie ne vaut plus la peine d’être vécue si c’est pour souffrir autant», «A quoi bon continuer à me battre», «Tout serait plus simple si je disparaissais». Celui qui éprouve des sentiments morbides peut lâcher ce genre de phrases ou les garder pour lui, ce qui est encore plus dangereux. Dans tous les cas, il est essentiel pour l’entourage de ne pas laisser passer ce type de réflexion et d’ouvrir la discussion. Toute insinuation se rapportant, de près ou de loin, à sa propre fin doit être prise au sérieux.

La perte d’espoir, à savoir l’incapacité à entrevoir un avenir positif, peut conduire au geste suicidaire. Ce type de pensées appelle une prise en charge rapide, voire une hospitalisation.

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Extrait de :

J’ai envie de comprendre… la dépression (éd. 2012), de Suzy Soumaille en collaboration avec Guido Bondolfi et Gilles Bertschy

            

    

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