Comment dire adieu aux kilos de la pandémie?

Dernière mise à jour 15/10/22 | Article
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Inactivité forcée, plateau-télé et télétravail ont eu un impact sur la silhouette de beaucoup ces deux dernières années. Comment se débarrasser du poids pris pendant la crise sanitaire et pourquoi a-t-on tendance à se ruer sur le chocolat et les chics lorsque l’on angoisse? Éléments de réponse.

Les angoisses liées aux deux ans de crise sanitaire que nous venons de traverser ont eu un impact sur la qualité de vie de tout un chacun, mais aussi sur la silhouette. Elles ne sont pas rares, les personnes qui ont vu leur poids augmenter de quelques kilos pendant cette période. La faute à une activité physique drastiquement réduite – en raison des centres sportifs fermés, de sorties diverses annulées, entre autres–, mais également à une alimentation moins équilibrée et parfois compulsive. Chips, chocolats, bonbons, biscuits et autres snacks ont en effet la fâcheuse tendance de rassurer, au détriment du tour de taille. 

«Manger est une activité en lien direct avec nos émotions. Cela active les zones du cerveau liées à la récompense», explique Magali Volery, psychologue et fondatrice du Centre consultations nutrition et psychothérapie à Genève. Lorsque l’on est confronté à une situation anxiogène (la crise du Covid en était une), à un stress intense, à un mal-être ou à toute autre situation qui altère notre sérénité, se ruer sur de la nourriture – qui plus est sucrée – soulage instantanément, bien que cela ne résolve pas le problème de fond… «À cause de la pandémie, nous ne pouvions plus faire certaines activités habituelles qui procuraient de la satisfaction, poursuit Magali Volery. Manger est alors devenu une des rares sources de plaisir. Les addictions ont aussi passablement augmenté pendant cette période. Tout comme les troubles anxieux, qui ont augmenté de plus de 27%, et les dépressions, avec une hausse de plus de 25%[1]!» 

La crise étant, semble-t-il, passée, il convient d’en tirer quelques enseignements afin de ne pas retomber dans le piège du grignotage à chaque contrariété. 

Ne grignotez pas vos émotions

Plutôt que d’ouvrir le garde-manger chaque fois qu’une émotion intense ou désagréable survient, Magali Volery conseille de s’arrêter quelques secondes. «Il faut s’occuper de cette émotion, l’identifier et essayer de la réguler avec des outils efficaces. Cela peut être simplement caresser son chat, appeler un ami, marcher un peu à l’extérieur ou carrément crier dans un coussin. La méditation en pleine conscience ou la cohérence cardiaque (exercice de respiration qui consiste à inspirer pendant 5 secondes, puis à expirer pendant cette même durée. Cela ralentit les battements cardiaques et apaise, ndlr) sont aussi des moyens qui permettent de retrouver la sérénité.» 

Se détendre pour éviter de succomber à un paquet de chips ou de se mettre à grignoter à chaque contrariété est la garantie de ne manger que pour répondre à un besoin physiologique: calmer une véritable faim et fournir des calories utiles à l’organisme. Pour y parvenir, il faut parfois accepter que la vie est pleine d’incertitudes et essayer de ne pas se focaliser sur toutes les choses que l’on ne peut influencer ou maîtriser. «Afin de se sentir bien et apaisé, il est important de prendre le temps de s’occuper de soi, de se respecter et de faire respecter ses propres besoins», poursuit la psychologue. Un massage, une sortie entre amis, aller voir une exposition ou un film au cinéma sont des activités à nouveau possibles qui permettent d’avoir du plaisir sans alourdir sa silhouette. 

Cuisiner soi-même permet également d’éviter de consommer des aliments industriels de qualité souvent contestable. Pour un goût plus attractif, ils sont souvent très riches en sucres, sel et graisses, sans oublier les nombreux additifs alimentaires qu’ils peuvent contenir. Sans pour autant s’astreindre à faire son pain soi-même, le simple fait de préparer sa propre vinaigrette pour agrémenter la salade ou sa sauce bolognaise permet de choisir des produits bons pour la santé, savoureux et rassasiants. 

Vieillir et grossir… pas forcément

En vieillissant, l’organisme perd une partie de sa masse musculaire et cela commence dès l’âge de 50 ans. C’est un phénomène normal et physiologique. Laurence Margot, diététicienne à Pully, explique: «La perte de muscle entraîne une réduction du métabolisme de base. Cela signifie qu’en continuant à manger comme on en a l’habitude, on risque de prendre du poids, car notre organisme brûle moins de calories au repos.» 

Pour contrer ce phénomène, il y a donc deux possibilités: manger moins ou bouger plus. «Réduire les calories n’est pas conseillé car cela s’accompagne souvent d’une diminution des apports en vitamines et minéraux alors que le corps a toujours les mêmes besoins, poursuit la spécialiste. Le mieux est donc de manger de manière équilibrée et d’augmenter l’activité physique.» Stimuler la musculature par des exercices adaptés et veiller à manger suffisamment de protéines, un peu à chaque repas sous forme animale (viande, poisson, fromages…) ou végétale (seitan, soya, lentilles…), pour conserver une bonne masse musculaire, est l’heureuse combinaison qui permet aux seniors de rester en pleine forme sans affoler la balance. 

«Il est également important de bien s’hydrater et de sortir régulièrement se promener pour bien métaboliser la vitamine D (avec le calcium, elle est essentielle à la santé des os et le corps la fabrique grâce aux rayons du soleil, ndlr), cruciale pour éviter l’ostéoporose», continue la diététicienne. Elle précise que les personnes de moins de 75 ans devraient surtout essayer de garder un poids stable, alors que celles qui sont plus âgées veilleront plutôt à ne pas en perdre. «Les seniors qui appartiennent au "quatrième âge" sont souvent dénutris. Ces personnes sont davantage isolées, elles ont aussi souvent des problèmes dentaires et les repas deviennent vite pénibles. Il faut donc essayer de stimuler chez elles le plaisir de manger et de boire suffisamment.» 

Perdre les kilos de la pandémie sans les reprendre

Les régimes ne fonctionnent pas, c’est désormais un fait avéré. «La frustration alimentaire et la restriction totale génèrent une plus grande prise alimentaire plus tard et donc une augmentation du poids», explique Magali Volery. 

Le bien connu effet yo-yo est la conséquence directe d’une période carottes vapeur-blanc de poulet suivie d’une orgie compulsive de chips ou de chocolats! «Pour perdre le poids pris pendant la pandémie, il est préférable de réduire les aliments trop riches sans les bannir totalement. Manger tous les jours un aliment plaisir permet de ne pas se sentir frustré et de perdre progressivement les quelques kilos en trop.» La psychologue met en garde: «Les personnes qui ont un poids sain ne doivent absolument pas chercher à maigrir! Au contraire, à vouloir atteindre un chiffre sur la balance qui ne correspond pas au leur, elles risquent grandement de reprendre plus que ce qu’elles auront perdu.» 

L’alcool, particulièrement riche en calories, est également à limiter lorsque l’on cherche à se débarrasser de quelques kilos. Malheureusement, les sodas et les jus de fruit fournissent également beaucoup de sucres. L’eau, que l’on peut aromatiser avec du jus de citron, de la menthe fraîche, entre autres, reste la meilleure option pour s’hydrater sans alourdir la balance énergétique.

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Paru dans Générations, Hors-série «Comment rebondir… dans son corps, dans sa tête, dans son couple, dans sa famille, dans sa vie», Octobre 2022.

[1] Chiffres provenant de The Lancet, en ligne, octobre 2021.

 

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