Le long chemin de la digestion

Dernière mise à jour 02/08/13 | Article
Le long chemin de la digestion
Un chemin de huit mètres, c’est ce qu’accomplissent les aliments que nous mangeons. Quelles sont les différentes étapes de la digestion? Réponse avec Jean-Louis Frossard, professeur de gastro-entérologie aux Hôpitaux universitaires de Genève.

Le long chemin de la digestion
1. Tout commence par la bouche. La mastication réduit mécaniquement les aliments mais un début de digestion a déjà lieu à ce stade. Notre nourriture commence en effet à être dégradée en éléments de plus en plus simples par des substances appelées enzymes. Celles qui sont dans la salive s’attaquent, entre autres, à l’amidon. La salive sert aussi à lubrifier ce que nous mangeons pour faciliter la suite du parcours dans notre système digestif. Pour une bonne digestion, il faut donc de bonnes dents et produire assez de salive (en moyenne 1,5 litre par jour!)

2. Après être passés par l’oesophage, les aliments parviennent à l’estomac qui a pour mission de les réduire. Il le fait de deux façons. Mécaniquement, en les malaxant et les broyant à l’aide des muscles dont il est tapissé. Et chimiquement, par le biais de l’acide chlorhydrique que produit le corps (1,5 litre par jour) et d’une enzyme, la pepsine. Cela permet de décomposer les protéines en plus petits éléments, les acides aminés, qui seront absorbés plus loin dans la digestion.

3. Le chyme, le liquide qui sort de l’estomac, arrive ensuite dans l’intestin grêle, qui terminera la décomposition des aliments. Long de quatre à six mètres, il est composé de trois parties: le duodénum, le jéjunum et l’iléum. Dans la première débouchent deux conduits, l’un provenant du pancréas et l’autre du foie et de la vésicule biliaire. La bile acheminée par cette dernière permet la digestion des graisses; le pancréas, pour sa part, est une «usine à enzymes», il en produit 1,5 litre par jour, qui digère graisses, protéines et sucres. Inactives dans le pancréas, les enzymes ne sont opérationnelles qu’une fois arrivées dans l’intestin grêle.

Le bypass gastrique, un court-circuit
Le bypass gastrique, un court-circuit

Opération destinée à aider les personnes sévèrement obèses à retrouver un poids plus sain, le bypass gastrique court-circuite une partie du trajet présenté ici. Le but? Raccourcir la surface d’absorption de l’intestin grêle en raccourcissant sa longueur. On le fera en «branchant» le jéjunum à l’estomac et en réduisant de manière importante (de 1 litre à 50-100 ml) le volume de ce dernier. Le duodénum est donc effectivement court-circuité et l’intestin grêle raccourci. Cette intervention provoque une malabsorption des aliments et réduit ainsi la quantité de calories qui passent dans l’organisme, entraînant un amaigrissement.

4. En parallèle, et tout au long de l’intestin grêle, le corps commence à absorber les éléments nutritifs. Cette partie du tube digestif est couverte de myriades de plis, les vilosités. Cela lui permet d’avoir une surface d’absorption énorme, 250 mètres carrés! Acides gras, acides aminés, vitamines, protéines, graisses, sucres: différentes substances sont intégrées à différentes hauteurs. Vivre sans intestin grêle est impossible.

5. Dernière étape avant l’excrétion, le côlon. Long d’environ 1m50, le côlon est une zone de stockage et de récupération d’eau. A ce stade de la digestion, tous les éléments nutritifs ayant été absorbés, il ne reste que des fibres alimentaires, ces parties des céréales, des fruits et des légumes que nous ne digérons pas. Avec de l’eau et des bactéries, elles forment les selles que le sphincter anal expulse sous le contrôle de notre volonté. Pourquoi récupérer de l’eau? Parce que pour produire 1,5 litre de salive, 1,5 litre de sucs de l’estomac et 1,5 litre de sucs digestifs, il vaut mieux ne pas en gaspiller. Les excréments sont une matière vivante. Les deux tiers de leur poids sont composés de bactéries, entraînées hors du corps par la digestion.

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