Alcool: comment maîtriser sa consommation?

Dernière mise à jour 08/12/20 | Questions/Réponses
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Il n’y a pas de risque zéro avec l’alcool: l’idéal serait de ne pas en boire du tout. Gérer sa consommation est une solution plus réaliste pour beaucoup de gens.

De quoi parlons-nous?

En Suisse, quelque 250'000 personnes auraient un grave problème d’alcool. Plus de 1600 décès sont imputés chaque année à cette substance qui s’avère toxique même à petites doses. Un seul verre par jour fait déjà augmenter le risque de cancer! En tenant compte de cela, on peut conclure que 20% de la population en consomment d'une manière qui nuit à leur santé.

«Une dépendance ne se développe pas d’un jour à l’autre, mais sur des mois ou même des années», explique Markus Meury, porte-parole de l’association Addiction Suisse. «Le problème est souvent lié à un sentiment de vide intérieur, voire de détresse. Dans ce genre de situations, il est dangereux d’utiliser l’alcool pour se sentir mieux. Cela fonctionne sur le moment, mais le corps s’habitue et il faut en ingérer toujours plus pour obtenir le même effet.»

Quels sont les enjeux?

On a souvent entendu dire qu’un petit verre de vin était bon pour le cœur, mais cette croyance a été battue en brèche par de récentes études sérieuses: en fait, le bénéfice est annulé par le risque accru de cancer. «Les effets néfastes de l’alcool ont été sous-estimés», poursuit l’expert. Les femmes enceintes, les enfants et les adolescents, les personnes âgées et/ou sous traitement médical sont particulièrement vulnérables face à l’alcool, pour des raisons physiologiques.

La fragilité des jeunes s’explique par le fait qu’ils manquent d’enzymes responsables du métabolisme de l’alcool, qu’ils ont un moindre poids corporel et que leur cerveau est encore en plein développement. Or, on observe actuellement une tendance, chez les nouvelles générations, à boire de l’alcool lors des sorties nocturnes, souvent en grosses quantités.

Les autorités sanitaires retiennent le critère d’un verre standard pour fixer la limite que l’on pourrait encore considérer comme «acceptable». Cette unité correspond à une bière de 3 dl, ou à 1 dl de vin, ou encore à 0,2 dl d’alcool fort, par exemple. D’après les recommandations officielles, les femmes devraient se limiter à un verre standard par jour et les hommes à deux. En outre, il est conseillé de s’abstenir de consommer de l'alcool au moins deux jours par semaine. En réalité, l’idéal serait de ne pas en boire du tout. Si l’on décide de faire une exception, il faudrait alors ne pas dépasser quatre verres pour une femme et cinq pour un homme. À noter que tous ces seuils limite s’appliquent aux sujets en bonne santé.

Dans les faits, il existe au moins autant de manières de boire que de buveurs, lit-on sur le site www.stop-alcool.ch. Pendant longtemps, on a préconisé l’abstinence totale aux personnes dépendantes. Mais l’expérience a montré que cette extrémité ne convenait pas à tout le monde. À partir des années 1980, le principe de la consommation contrôlée s’est profilé comme un possible objectif thérapeutique. L’idée a été d’autant mieux acceptée que de nombreuses personnes ne souhaitent pas renoncer totalement à l’alcool. La solution varie donc selon les individus; c’est une question éminemment personnelle.

Que faire?

Comment savoir si vous avez un problème d’alcool? La réponse à cette question est aussi assez personnelle. Cependant, il existe des outils d’évaluation en ligne pour aider à se situer, notamment sur les sites officiels MyDrinkControl et Stop-alcool.ch.

Markus Meury cite plusieurs signes qui évoquent une dépendance : un désir puissant de boire, une perte de maîtrise de la consommation, une augmentation progressive des quantités, le développement d’une tolérance, des symptômes de manque en cas de sevrage, une réduction des centres d’intérêt et la poursuite de la consommation malgré les conséquences néfastes.

Vous obtiendrez des informations plus détaillées auprès d’associations comme Addiction Suisse, la Croix-Bleue ou les Alcooliques Anonymes. En ce qui concerne les options thérapeutiques, ce sont notamment l’approche cognitivo-comportementale, l’entretien motivationnel et l’intervention brève qui sont recommandés.

Quelques conseils

  • Boire lentement, en jouissant consciemment du goût de la boisson.
  • Choisir de plus petites bouteilles ou canettes pour se fixer des limites.
  • Tenir un journal de sa consommation à des fins d’auto-examen.
  • Planifier des «journées sans alcool».
  • Se rappeler qu’il est dangereux de boire dans les moments où on trouve que la vie est difficile.
  • Faire confiance en ses capacités à trouver des idées de solution pour contrôler sa boisson… et les expérimenter!
  • Ne pas hésiter à chercher de l’aide auprès d’associations spécialisées et de professionnels qualifiés.

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