Et s’il s’agissait d’une maladie artérielle périphérique?

Dernière mise à jour 17/06/26 | Article
P61_Maladie artérielle
Des douleurs en marchant qui généralement s’estompent après une pause et réapparaissent après un effort similaire: si le phénomène est récurrent, une consultation médicale s’impose pour en identifier l’origine. Parmi les causes possibles: une maladie des artères affectant les jambes.

Pour que le sang puisse circuler librement dans les artères des jambes, il faut que le «passage» soit bien dégagé. Dans le cas contraire, une maladie artérielle périphérique (MAP) peut se développer et entraîner une gêne à la marche, voire des complications plus graves en l’absence de prise en charge. Dans le détail, cette pathologie se caractérise par le rétrécissement ou l’occlusion d’un segment d’une artère, avec pour conséquence l’obstruction partielle ou complète de la circulation sanguine. Elle peut toucher une ou plusieurs artères, d’une seule jambe ou des deux. Dans 90% des cas, le trouble est dû à l’athérosclérose (lire encadré).

QU’EST-CE QUE L’ATHÉROSCLÉROSE?

Principale cause des maladies affectant les artères, l’athérosclérose est une inflammation chronique de la paroi des vaisseaux sanguins. Plus précisément, elle se caractérise par la formation de plaques ou de dépôts de graisse qui obstruent progressivement les artères et perturbent la circulation sanguine. Cette pathologie affecte principalement les artères dites de gros et moyens calibres. Si celles des jambes sont les plus concernées, les artères irriguant le cœur ou le cerveau notamment peuvent aussi être touchées. L’athérosclérose se manifeste de manière sournoise au cours des premières années, sans nécessairement provoquer de symptômes (forme asymptomatique de la maladie). Elle progresse ensuite lentement, mais dangereusement sur plusieurs années, jusqu’à provoquer un rétrécissement du calibre de l’artère ou son occlusion. Elle est favorisée par des facteurs de risque dits «modifiables», autrement dit relatifs à l’hygiène de vie (tabagisme, hypercholestérolémie, hypertension artérielle, sédentarité, etc.), et d’autres non modifiables (âge, sexe, hérédité). 

Quatre stades

Touchant 1,5% de la population, la MAP devient plus fréquente avec l’âge. Ainsi, 15% des personnes entre 80 et 84ans en souffrent. Le plus souvent asymptomatique, elle peut entraîner des douleurs à l’effort (pendant la marche par exemple), voire au repos dans les cas les plus graves. Plusieurs classifications ont ainsi été établies en se basant sur la présence et la sévérité des symptômes. La plus répandue en Europe est celle de Leriche-Fontaine, qui distingue quatre stades, la maladie évoluant en l’absence de traitement. Le stade I est l’état asymptomatique, aucune douleur n’est alors perceptible. Le stade II correspond à des symptômes appelés «claudication intermittente». Ce trouble peut se traduire par une douleur à la jambe, sous forme de crampes, de gêne ou d’une sensation de serrement. Au stade III, les douleurs surviennent même au repos. La diminution de la circulation est telle que l’oxygénation des tissus n’est plus suffisante pour garantir leur viabilité. Les symptômes se manifestent surtout en position allongée, en particulier la nuit. Au stade IV, le manque d’oxygénation expose à des lésions sévères, comme des nécroses aux orteils.

Médecin angiologue

Comment savoir si on souffre de cette maladie? Si les douleurs à l’effort ou au repos peuvent alerter, le diagnostic ne peut être posé que par un médecin angiologue. Plusieurs examens sont alors effectués, dont la mesure de l’index de pression systolique. Non invasif, cet examen consiste à mesurer la pression artérielle aux bras et aux chevilles avec un appareil appelé Doppler.

Côté traitement, la prise en charge de la MAP vise à la fois à réduire le risque cardiovasculaire et à traiter les symptômes. Commençons par le premier. L’approche repose essentiellement sur le contrôle des facteurs clés que sont le tabagisme, l’hypertension artérielle, un taux élevé de cholestérol ou encore le diabète. Pour cela, des traitements médicamenteux (antihypertenseurs, antidiabétiques, etc.) et non pharmacologiques (arrêt du tabac, contrôle du poids, alimentation de type méditerranéen, pratique régulière d’une activité physique) sont discutés au cas par cas. Concernant les symptômes eux-mêmes, la prise en charge est adaptée selon l’évolution de la maladie. Pour le stade I, l’objectif étant de limiter la progression de la maladie, il s’agit surtout de traiter les facteurs de risque cardiovasculaire. Pour le stade II, le traitement préconisé combine un programme d’entraînement à la marche supervisé (de type AngioFit) à un traitement médicamenteux. Une intervention appelée «revascularisation» n’est envisagée que si les symptômes persistent malgré ces mesures. Aux stades plus avancés (III et IV), ou en cas de claudication invalidante persistante, une revascularisation peut être proposée. En améliorant la circulation sanguine, elle soulage les douleurs et favorise la cicatrisation des lésions. Une prise en charge complémentaire, incluant notamment un programme d’exercice supervisé, est ensuite recommandée.

*Adapté de: Stefano Lanzi, Lucia Mazzolai et Maxime Pellegrin Je bouge… pour la santé de mes vaisseaux Éd. Planète Santé, 2026.

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