Dépression

Dernière mise à jour 24/08/11 | Maladie
Personne seule

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ADAPTATION / VALIDATION

La dépression peut se manifester par une tristesse, un manque de plaisir et d'énergie, mais aussi par des changements dans le sommeil, l'appétit ou le poids.

Brève description

La dépression est un état momentané caractérisé par une perception très négative de soi, des autres et du monde, qui engendre un épuisement moral, psychique et physique. Dans les situations graves, cela peut aller jusqu’à la volonté de mourir.

Le passé, le présent et l’avenir sont marqués par cette vision désespérée, avec le sentiment de ne pas pouvoir changer cet état des choses.

Un épisode dépressif peut durer quelques mois, parfois plus d’une année.

Symptômes

Les symptômes habituels de la dépression sont :

  • un épuisement général avec une perte de l’énergie vitale. Les gestes quotidiens (se lever, s’habiller, se préparer pour sortir, etc.), auparavant facilement effectués, demandent alors un effort considérable
  • des troubles du sommeil, notamment des réveils très matinaux
  • une perte de l’appétit (les aliments que l’on aime ne font plus plaisir)
  • une perte de la confiance en soi ou de l’estime de soi (sentiment de n’avoir aucune valeur, de ne pas être à la hauteur)
  • un sentiment de culpabilité
  • un état d’anxiété durable
  • un retrait social (repli sur soi et diminution de l’envie de voir sa famille ou ses amis)
  • une consommation excessive de substances (alcool, drogues, médicaments)
  • un état de tristesse et une vision assombrie du passé, du présent et de l’avenir, avec un sentiment de désespoir profond qui peut parfois provoquer des idées suicidaires ou conduire à une tentative de suicide.

Ces symptômes ne sont pas toujours présents en même temps. Ils peuvent aussi se manifester de manière plus ou moins importante d’une personne à l’autre.

Causes

Une dépression peut survenir dans certaines circonstances de vie particulièrement difficiles (deuil, perte, divorce ou séparation) ou être liée à une maladie physique (certaines anémies, troubles thyroïdiens, tumeurs, maladie de Parkinson), voire à des changements métaboliques (ménopause, andropause, grossesse, etc.). Il peut aussi s’agir d’une maladie psychique en soi.

La dépression peut avoir une composante génétique familiale, c’est-à-dire qu’elle peut survenir plus fréquemment chez des personnes dont d’autres membres de la famille ont souffert de cette maladie.

L’environnement social joue également un rôle important dans l’apparition d’une dépression, en particulier : perte d’emploi ou de statut professionnel ; difficulté à vivre dans une société qui pousse l’individu à se surpasser dans tous les domaines (travail, loisirs et vie personnelle) et engendre le sentiment de ne pas être assez performant ni à la hauteur.

Facteurs de risque

Les facteurs de risque de la dépression sont essentiellement les antécédents familiaux et les pressions ressenties dans le cadre professionnel, social ou familial.

Certaines situations existentielles et certains contextes sociofamiliaux sont associés à un risque plus grand de développer une dépression (étapes de vie, deuil, naissance d’un enfant, nouvelles responsabilités, retraite, maladie, échec social, exclusion, migration, etc.).

D’une manière générale, le surmenage ou le fait de devoir assumer plusieurs obligations en même temps (par exemple une femme qui travaille et doit en même temps s’occuper de ses enfants et d’un parent malade) augmente le risque de dépression.

Traitement

Un épisode dépressif dure en général plusieurs mois. Des aménagements du mode de vie sont souvent nécessaires pour guérir, notamment :

  • le repos est impératif (arrêt de travail, libération des responsabilités, éviter les stimulations motivationnelles (qui encouragent les gens à se prendre en main, à ne pas se laisser aller ou à aller de l’avant) telles les mesures éducatives, le coaching, les séminaires motivationnels, etc.)
  • la réduction des sollicitations extérieures : l’entourage ou la famille se doit de respecter le besoin de repos et de tranquillité du malade
  • la diminution ou l’interruption de la prise de substances, y compris de l’alcool
  • l’établissement d’une relation de confiance garante d’une écoute durable et patiente (avec un thérapeute, un ami proche, un médecin de famille), si nécessaire, dans le cadre d’une psychothérapie.

Des médicaments peuvent être prescrits par le médecin traitant ou le psychiatre. Il s’agit principalement :

  • des antidépresseurs, dont l’efficacité se fait sentir deux à quatre semaines seulement après le début du traitement. Ils sont utiles pour diminuer la souffrance (effet palliatif). En ce sens, ils ne devraient pas être administrés sans un suivi médical régulier.
    Ils ont également des effets secondaires (diminution ou perte de la libido) et paradoxalement, de par l’amoindrissement de la sphère émotionnelle (émoussement des émotions), ils peuvent retarder la guérison. Une prescription de très longue durée est néanmoins possible.
  • des anxiolytiques, dont l’effet est immédiat, mais leur prescription doit être limitée dans le temps (quelques semaines), afin d’éviter l’apparition d’une dépendance à ces médicaments.

Dans des situations bien spécifiques, l’électrothérapie peut être indiquée, notamment en cas de mélancolie (abattement physique et psychique complet) ou de dépression extrême insensible aux médicaments. Ce traitement se pratique de préférence en milieu hospitalier, sous anesthésie générale.

Evolution et complications possibles

La dépression est une maladie qui évolue lentement. Il faut laisser au malade le temps de récupérer l’énergie vitale perdue.

Selon la période où elle se produit ou l’évolution de la maladie, des complications peuvent apparaître :

  • une détérioration de l’état général, une évolution vers la mélancolie (abattement physique et psychique complet) et un risque suicidaire
  • des conséquences psychologiques et affectives pour les proches et en particulier l’enfant lors d’une dépression post-partum (après l’accouchement) de la mère
  • au niveau social et professionnel, une certaine stigmatisation de la personne malade, notamment en raison des congés maladie parfois prolongés, avec parfois des conséquences pour l’emploi.

Prévention

La prévention relève d’une approche globale basée sur une philosophie de vie et ses valeurs. On préconise plutôt de rechercher une vie avec des intérêts multiples, plutôt que centrée sur un seul pôle (travail, enfants). Il s’agit aussi d’accepter ses émotions (y compris la tristesse), comme faisant partie intégrante de la vie, plutôt que de courir en vain après un état de bonheur permanent.

Pour une bonne hygiène de vie, il faut autant que possible éviter le travail en excès, la consommation excessive de médicaments, d’alcool ou d’autres substances, le manque de sommeil.

Des relations sociales conviviales (dépourvues d’enjeux de rivalité) et des contacts réguliers avec ses amis constituent un aspect important de la prévention.

Quand contacter le médecin ?

Il y a urgence en cas de risque suicidaire ou de risques pour les proches.

Dans ce cas, la prise en charge médicale doit parfois se faire contre le gré de la personne malade.

Lorsque des difficultés à mener des activités ordinaires ou sa propre vie apparaissent, le médecin traitant devrait être contacté dans un délai de quelques jours.

Voir aussi : Je pleure souvent / je n’ai pas le moral / je suis déprimé(e)

Informations utiles au médecin

Lorsqu’il s’occupe d’une personne dépressive, le médecin s’intéresse particulièrement à son ressenti, à ses perceptions subjectives et l’aide à identifier des pistes pour soulager ses souffrances.

Dans le cadre du suivi régulier qui dure souvent plusieurs mois, le médecin accordera beaucoup de temps pour que la personne puisse exprimer ses sentiments et explorer les voies qui lui permettent de soulager ses souffrances.

Examens

Le médecin pourra prescrire des analyses sanguines pour diagnostiquer une éventuelle maladie qui pourrait être responsable de la dépression.

Références

  • La fatigue d’être soi. Dépression et société. Alain Ehrenberg. Editions Odile Jacob, 1998.
  • Face aux ténèbres. William Styron. Editions Gallimard Folio, 1993.
  • La Dépression, comment s’en sortir. Christine Mirabel-Sarron, Editions Odile Jacob, 2002.
  • J’ai envie de comprendre la dépression, Suzy Soumaille, Editions Médecine & Hygiène, 2003

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