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Qu'est-ce que c'est?

Des médecins ont rédigé pour vous des réponses aux questions que vous vous posez à propos des maladies les plus fréquentes.

Attention: ces informations ne remplacent pas un contact avec le médecin

       
 
Borréliose

Borréliose

Tique gorgée de sang © istockphoto.com/milanfoto
La borréliose est transmise par les tiques. Elle commence par une rougeur de la peau, qui s'étend et s'éclaircit en son centre. Non traitée, elle peut toucher les articulations ou le système nerveux.

Brève description

Les tiques, parentes des araignées et des acariens, sont présentes dans toute la Suisse. Il existe plus de 800 espèces de tiques dans le monde, mais la tique la plus répandue en Suisse est Ixodes ricinus. Elle vit dans les forêts à riches sous-bois et en lisière, jusqu’à 1500 mètres d’altitude. Au cours de sa vie, la tique passe par trois stades : larve, nymphe et adulte. Pour passer d’un stade à l’autre, ou lorsque la femelle doit pondre des œufs, la tique a besoin d’un repas de sang sur un animal ou un homme. Au cours de ce repas, la tique peut transmettre des agents infectieux responsables de maladies chez l’humain. En Suisse, deux infections peuvent principalement être transmises : l’encéphalite à tiques (ou méningo-encéphalite verno-estivale) et la maladie de Lyme ou borréliose.

Dans ce dernier cas, suite à une piqûre, une tique infectée peut transmettre une bactérie nommée Borrelia. A l’endroit de la piqûre peut apparaître une rougeur. Si sa taille dépasse 5 cm et ensuite se développe sous forme d’un anneau, c’est le signe d’une borréliose de Lyme débutante (qu’on appelle “érythème migrant “). Sans traitement, l’infection peut se propager (phase de dissémination) et la maladie évoluer avec des symptômes au niveau de la peau, puis d’autres complications (problèmes cardiaques, neurologiques, articulaires et cutanés) (Voir Symptômes, Evolution et complications).

Symptômes

L’endroit de la piqûre de tique doit être surveillé pendant 4 semaines. L’apparition d’un érythème (rougeur) (photo) est le signe d’une infection à Borrelia et nécessite une visite médicale.

L’érythème migrant est la manifestation la plus fréquente de la maladie de Lyme. Cette lésion de la peau survient après 3 à 32 jours (moyenne 7 jours) à l’endroit de la piqûre de tique. Il s’agit d’une tache annulaire (en forme d’anneau) rouge dont le centre est plus pâle, d’un diamètre de plusieurs centimètres, et qui grossit progressivement. Son apparition signifie que la tique a transmis la Borrelia.

Les endroits du corps les plus touchés sont les aisselles, les plis de l'aine et les creux des genoux chez l’adulte, le cou et la nuque chez l’enfant. Cette lésion est en général non douloureuse, mais elle peut parfois causer des démangeaisons. Lors de l’apparition de l’érythème migrant, des symptômes qui ressemblent à une grippe peuvent aussi être présents. Il faut distinguer l’érythème migrant de la réaction locale qui survient de quelques heures à deux jours après la piqûre de tique : la rougeur due à la piqûre de tique ne dépasse alors pas 1 centimètre de diamètre et disparaît rapidement.

L’érythème migrant ne doit pas être banalisé, et même s’il finit par passer, l’infection peut se poursuivre.

La maladie de Lyme évolue en trois stades : stade I ou stade précoce (1er mois après la piqûre), stade II ou stade précoce disséminé (4 semaines à 6 mois après la piqûre), stade III ou stade tardif (plus de 6 mois à plusieurs années après la piqûre). Voir : Evolution et complications

Causes

La Maladie de Lyme est due à une bactérie nommée Borrelia burgdorferi qui se trouve dans l’intestin des tiques infectées. Pour prendre un repas sanguin, la tique va s’accrocher à son hôte, les Borrelia vont remonter de l’intestin dans les glandes salivaires de la tique avant d’être injectées à l’animal ou à l’homme au niveau du point de morsure.

Souvent, la piqûre passe inaperçue ou la rougeur sur la peau est banalisée parce que non douloureuse et qu’elle finit par disparaître. L’infection peut alors se poursuivre et atteindre différents organes. Si, à ce moment, le diagnostic d’infection n’a pas été posé et un traitement adéquat prescrit, l’infection peut devenir chronique.

Situations à risque

Le risque d’être piqué par une tique est augmenté lors du travail ou des balades en forêt (par exemple : recherche de champignons) ou de toute autre activité de plein air en dessous de 1500 mètres d’altitude environ.

Les enfants sont particulièrement à risque en raison de leur taille (à bonne hauteur pour les tiques) et sont plus fréquemment piqués sur la tête. A cause notamment des cheveux et des nombreux plis du visage et du cou, la piqûre ou l’érythème (rougeur) seront plus difficiles à mettre en évidence.

En Suisse, le taux de tiques infectées par les Borrelia varie de 5 à 30% (jusqu’à 50% par endroits) selon les régions. Le risque de transmission de Borrelia par la tique va dépendre de la durée pendant laquelle la tique reste attachée. Si cette durée est inférieure à 24 heures, le risque de transmission est très faible.

Traitement

Les manifestations survenant au niveau de la peau peuvent être traitées efficacement par des antibiotiques qui évitent la dissémination de la Borrelia aux autres organes et diminuent le risque de complications neurologiques ou articulaires.

Au stade précoce et au stade de dissémination, un traitement par voie orale est efficace. Le médecin prescrira alors un antibiotique comme une pénicilline (amoxicilline), une tétracycline (doxycycline) ou un macrolide (azithromycine, clarithromycine).

Dans certaines formes rares, plus tardives, telles que des atteintes cardiaques ou du système nerveux central, les antibiotiques par voie orale seront remplacés par un traitement par voie intraveineuse (ceftriaxone).

Dans les autres formes de manifestations tardives, au niveau de la peau (acrodermatite chronique atrophiante (ACA)) ou des articulations (arthrite de Lyme), un traitement antibiotique par voie orale est en général suffisant.

Evolution et complications

Sans traitement, seule une minorité de personnes vont voir leur maladie évoluer vers une forme disséminée qui va devenir chronique sous formes d’atteintes cérébrales (neuroborréliose), articulaires (arthrite chronique) ou dermatologiques (acrodermatite chronique atrophiante (ACA)).

Chez quelques personnes qui n’ont jamais présenté d’érythème chronique migrant ou qui n’ont pas remarqué cette lésion cutanée typique, la maladie peut parfois évoluer vers des stades plus avancés (symptômes neurologique ou articulaire). Il existe alors également des antibiotiques efficaces pour les traiter.

Dans la phase de dissémination, on peut observer des érythèmes (rougeurs) multiples, des douleurs articulaires migrantes (touchant surtout les genoux, les coudes ou les chevilles), une atteinte neurologique (par exemple une méningite (inflammation des enveloppes du cerveau et de la moelle épinière) qui va causer des maux de tête (fluctuants et qui peuvent persister des jours ou des semaines) ou une atteinte du nerf facial, plus fréquente chez l’enfant que chez l’adulte, qui cause une asymétrie du visage) ou des troubles du rythme cardiaque.

Le traitement antibiotique dans la phase précoce ou la phase de dissémination est habituellement efficace et la guérison est complète et sans séquelle. En cas de manifestations tardives de la borréliose de Lyme, malgré le traitement antibiotique, des séquelles sont possibles. Ainsi dans l’arthrite de Lyme, si l’infection chronique a entraîné une érosion du cartilage, l’articulation restera douloureuse. De même dans l’ACA, l’atrophie du derme (partie profonde de la peau) est en général définitive, ce qui veut dire que la lésion cutanée restera visible.

Dans les cas d’atteintes cérébrales graves (que l’on peut mettre en évidence par des examens radiologiques et une ponction lombaire), des symptômes peuvent persister malgré un traitement antibiotique adéquat et bien suivi. Il s’agit notamment de douleurs dans différentes parties du corps, des sensations de picotement, des maux de tête ou une fatigue. 

La persistance de ces symptômes est liée à d’autres mécanismes que l’infection elle-même qui est guérie. Une prise en charge par différents spécialistes peut être nécessaire. Un nouveau traitement antibiotique est inutile.

Prévention

Comment prévenir les piqûres de tiques ?

Les tiques (Ixodes ricinus en particulier) sont à l’affût sur les herbes et les buissons et attendent un hôte de passage (animal ou promeneurs) le long des sentiers, à l’orée des forêts et dans les buissons. La tique Ixodes ricinus est présente partout en Suisse sauf dans les régions d’altitude (à partir de 1500 mètres environ). Cette espèce de tique peut transmettre plusieurs maladies (Borréliose de Lyme, encéphalite à tique, etc.).

Aucun vaccin n’est actuellement disponible pour prévenir la maladie de Lyme. En revanche, il existe un vaccin contre l’encéphalite à tiques qui elle, est d’origine virale. Ce vaccin est recommandé aux personnes qui vivent dans ou fréquentent les régions à risque (lien vers carte OFSP et texte encéphalite).

 

Mesures de prévention

Avant la promenade :

  • mettre des habits clairs et unis et si possible bien fermés aux poignets et aux chevilles (mettre le bas du pantalon dans les chaussettes ; porter des chaussures fermées).
  • appliquer un répulsif anti-tiques (efficace également contre les moustiques) au niveau du cou, des mains et des chevilles.

Pendant la promenade :

  • éviter de se frotter aux buissons en bordure de sentiers, de traverser les broussailles ou les hautes herbes.
  • s’observer mutuellement à la recherche de tiques sur les habits ou sur la peau.
  • remettre du répulsif anti-tiques pendant la journée.

Après la promenade :

  • observer les habits et la peau à la recherche de tiques.
  • lors du déshabillage, examiner attentivement l’ensemble du corps (en particulier au niveau du cuir chevelu, des aisselles et des plis de l’aine) pour repérer d’éventuelles tiques.
     

Si une tique est fixée :

  • enlever la tique le plus rapidement possible (quel que soit le moyen) Attention : éviter absolument d’appliquer de l’huile ou du pétrole et d’attendre que la tique tombe d’elle-même.
  • désinfecter l’endroit de la piqûre
  • observer le site de la piqûre régulièrement pendant 4 semaines

Quand contacter le médecin ?

Informations utiles au médecin

Pour préciser le diagnostic de maladie de Lyme, le médecin s’intéresse en particulier :

  • aux facteurs de risque : une ballade récente en forêt, une piqûre de tique observée ou non ou voyage récent dans une région particulière.
  • aux symptômes : présence d’un érythème sur la peau ou d’autres symptômes (maux de tête, douleurs articulaires, etc.).

Examens

Le diagnostic d’un érythème migrant est posé sur la base du simple examen clinique. Cette lésion typique apparaît souvent avant le développement des anticorps. A ce stade, il n’est donc pas recommandé d’effectuer une prise de sang pour mesurer le taux des anticorps ou effectuer d’autres examens, et un traitement antibiotique doit être administré.

Si la situation clinique n’est pas claire ou lorsque l’on suspecte des complications, le médecin effectuera des tests supplémentaires à la recherche d’anticorps anti-Borrelia burgdorferi ou, plus rarement, des examens spécialisés (analyses de sang, ponction articulaire, ponction lombaire ou biopsie de peau). Il n’est actuellement pas recommandé d’effectuer un test sur la tique à la recherche de Borrélies. De même, un traitement prophylactique (pour prévenir l'apparition de la maladie) n'est pas indiqué.

Références

1.  J.Evison, C.Aebi, P.Franciolli et al. Diagnostic et traitement de la borréliose de Lyme chez l’adulte et l’enfant : recommandations de la Société suisse d’Infectiologie. Rev Med suisse 2006 : 919-940.
2.  http://www.maladies-a-tiques.com/
3.  http://www.2.unine.ch/cnrt

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