Le stress aura votre peau
Il n’est pas rare de voir, sous la pression, son visage ou son corps se couvrir de plaques, de boutons ou d’autres manifestations de maladies de peau aussi gênantes que désagréables. Si le stress à lui seul ne cause pas de pathologies, il agit comme un déclencheur et un facteur aggravant. «L’eczéma, le psoriasis, l’herpès, l’acné, mais également la maladie de Verneuil (ou hidradénite suppurée qui provoque des abcès dans les plis de la peau) sont liés à des prédispositions génétiques ou immunologiques. S’il est vrai qu’une poussée d’acné ou de psoriasis peut survenir après une période particulièrement stressante, celle-ci n’en est pas la cause, mais le déclencheur », explique la Dre Sadaf Sanii, cheffe de clinique adjointe au Service de dermatologie et vénéréologie du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV).
Même certaines maladies virales, comme l’herpès ou les verrues, sont directement impactées par le stress. «Pour l’herpès (ou bouton de fièvre), le virus est en dormance dans les nerfs et de fortes émotions peuvent le réactiver. Dans le cas des verrues, le système immunitaire est affaibli par les tensions auxquelles il est soumis et l’organisme est plus facilement contaminé par le HPV, le virus responsable de ces atteintes cutanées», poursuit la spécialiste.
L’immunité n’aime pas être mise sous pression. «Un stress ponctuel est tout à fait normal et l’organisme parvient à le gérer. Il est utile pour signaler un danger. Le problème survient lorsqu’il devient chronique. Le système nerveux sympathique, celui qui prépare le corps à agir pour se sortir de situations risquées, est alors suractivé et cela se fait au détriment du parasympathique qui contrôle la digestion et l’immunité, entre autres. C’est la raison pour laquelle surgissent divers problèmes de santé chez des personnes qui sont très tendues. Sans oublier que la peau est directement connectée au système nerveux et réagit aux hormones», explique Katia Schenkel, psychologue d’urgence à Genève et vice-présidente de l’Association genevoise des psychologues (AGPsy).
La Dre Sanii précise : «Le cerveau produit des hormones du stress et la peau en fabrique aussi. Cet axe cerveau-peau est fortement conditionné par tout ce qui provoque une surcharge émotionnelle ou trop de tensions. Le cortisol n’est pas la seule hormone qui est produite en pareil cas, ni la seule responsable des maladies. Les changements hormonaux dus au cycle menstruel ou la baisse de testostérone liée à l’âge influencent aussi l’état de la peau.»
Prendre soin de sa peau
La peau est le plus grand organe du corps humain. Il est donc primordial de la traiter avec douceur. Les personnes sujettes aux maladies dermatologiques doivent être encore plus vigilantes. Quelques conseils de la Dre Sadaf Sanii, dermatologue, et de Katia Schenkel, psychologue.
- Nettoyer la peau avec des produits doux et bien l’hydrater pour restaurer l’équilibre et la barrière protectrice. Des crèmes spécifiques peuvent être prescrites par le ou la dermatologue ainsi que des corticoïdes pour diminuer l’inflammation
- Éviter les douches trop chaudes
- Ne pas consommer d’aliments ultra transformés qui aggravent les inflammations
- Éviter le tabac, le surpoids et privilégier une bonne hygiène de vie
- Opter pour un suivi psychologique: les maladies de la peau se voient – contrairement au diabète ou à l’hypertension – et cela peut, en soi, provoquer un mal-être ou être source de stress
- Rétablir l’équilibre entre le système nerveux sympathique et le parasympathique en se livrant tous les jours à une activité apaisante (relaxation, yoga, respirations profondes, balades en forêt, acupuncture, etc.)
- De manière générale, prendre soin de sa santé mentale en se demandant chaque jour «Qu’est-ce que j’ai fait pour moi aujourd’hui?». Cela évite des problèmes de peau, mais aussi de sommeil, de digestion ou encore des blocages du dos, des migraines, etc.
Comprendre le stress pour mieux le gérer
Dermatite atopique
Une peau sèche avec des plaques rouges, parfois suintantes, sur une ou plusieurs zones du corps, qui s’accompagne par de fortes démangeaisons. La dermatite atopique, plus connue sous le nom d’eczéma atopique, est une affection fréquente de la peau. En raison de l’inconfort qu’elle entraîne et de son impact sur l’image de soi, elle peut être vécue comme invalidante par ceux qui en souffrent. Environ 60% des patients développent la maladie au cours de leur première année de vie et 90% dans les cinq premières années. Si les symptômes ont tendance à s’atténuer, voire à disparaître avec l’âge, dans 10 à 30% des cas, ils persistent à l’âge adulte.
Acné
L’acné est une maladie du follicule sébacé formé par la glande sébacée et le poil. À la puberté, la glande sébacée sécrète du sébum en excès et trop épais, ce qui obstrue son orifice. C’est ce qui s’appelle la séborrhée. Cela provoque alors des comédons ouverts –les fameux points noirs– et des microkystes blancs, aussi appelés comédons fermés. Apparaissent également des pustules et des papules qui sont des petits boutons fermes et lisses.