L’INTOLÉRANCE AU LACTOSE: DÉMÊLER LE VRAI DU FAUX

Dernière mise à jour 23/06/26 | Article
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Yaourts, fromages, beurres ou laits sans lactose se multiplient dans les rayons des supermarchés. Leur apport positif pour la santé est-il réel ou s’agit-il d’un effet de mode? Comment savoir si l’on souffre d’une intolérance au lactose? Pour rappel, celle-ci s’explique par une production insuffisante de lactase, enzyme digestive nécessaire à la digestion du lactose. Les personnes concernées ont pour symptômes ballonnements, gaz, diarrhées ou encore douleurs abdominales dès la demi-heure suivant la consommation des aliments en question. Faut-il alors bannir tous les produits laitiers ou privilégier ceux qui sont dits «délactosés»? Les explications du Pr Jean-Louis Frossard, médecin-chef du Service de gastroentérologie des Hôpitaux universitaires de Genève.

UNE QUESTION DE SEUIL

Généralement, les personnes intolérantes au lactose le supportent tout de même en très faible quantité. En moyenne, elles peuvent consommer entre 6 et 8g de lactose par jour, soit l’équivalent d’un verre de lait de 2dl ou d’une petite portion de fromage ou de yaourt, sans réagir de manière trop intense. Par ailleurs, certaines personnes éprouvent un inconfort digestif après avoir ingéré une dose importante de lactose, sans pour autant y être intolérantes.

L’INTOLÉRANCE AU LACTOSE EST IRRÉVERSIBLE

L’intolérance au lactose correspond à l’expression limitée de l’activité de l’enzyme lactase. Comme il n’est pas possible d’induire sa production, l’intolérance est a priori irréversible. Lorsqu’elle est très sévère, les personnes peuvent absorber de la lactase synthétique pour limiter les symptômes. Disponibles sans ordonnance, ces médicaments se présentent sous forme de comprimés à prendre avant, pendant et après un repas riche en lactose. Les produits «délactosés» par l’industrie agroalimentaire n’ont qu’un faible intérêt car ce sont généralement des aliments déjà faibles en lactose. À noter que si la fabrication de la lactase diminue avec l’âge, ce phénomène ne se traduit pas pour autant par une intolérance, celle-ci étant avant tout liée à des facteurs génétiques.

UN TEST RAPIDE

Pour diagnostiquer une intolérance au lactose, le Pr Frossard propose une expérience simple: boire deux verres de lait et noter la survenue d’éventuels symptômes. Si dans les minutes qui suivent la consommation du second verre, des maux de ventre, des ballonnements ou des diarrhées apparaissent, une intolérance au lactose est à envisager. Des examens génétiques supplémentaires peuvent être réalisés pour parvenir à un diagnostic définitif. Le plus souvent, cette intolérance se manifeste lors des vingt premières années de la vie, mais les personnes concernées consultent en général plus tardivement.

MOINS GRAVE QU’UNE ALLERGIE ALIMENTAIRE

L’allergie au lactose n’existe pas, car cette substance est un sucre, or seules les protéines peuvent provoquer une réaction auto-immune propre aux allergies alimentaires. Les personnes qui sont allergiques au lait ne le sont donc pas au lactose, mais à la caséine et à la lactalbumine, des protéines naturellement présentes dans les produits laitiers. Ces allergies surviennent chez les bébés et peuvent persister après l’enfance. Il est très rare que les adultes en développent. Celles-ci se démarquent par des symptômes plus sévères que les intolérances alimentaires: vomissements, perte de poids, réactions cutanées ou troubles respiratoires. Dans certains cas, une prise en charge médicale en urgence s’impose.

L’IMPORTANCE DU CALCIUM DES PRODUITS LAITIERS

Les produits laitiers ont l’avantage de contenir du calcium facilement absorbable par l’organisme. Mais leur teneur en lactose ne doit pas conduire à les exclure d’une alimentation équilibrée, même en cas d’intolérance. Pour rappel, le calcium est nécessaire tout au long de la vie et les besoins journaliers de l’adulte sont de 1g par jour. Certains légumes en contiennent également comme les crucifères, les épinards ou le soja, mais il est moins bien absorbé par l’organisme que celui qui se trouve dans les produits laitiers.

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Paru dans Planète Santé magazine N°61- Juin 2026

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