Voyager avec le VIH

Dernière mise à jour 29/10/13 | Article
Voyager avec le VIH
Etre atteint du VIH ne vous empêche pas de partir en vacances. Mais, il y a certaines précautions à prendre avant le départ. Une consultation chez le médecin s’impose pour faire le point sur votre système immunitaire mais aussi pour parler des vaccins à faire.

Pour beaucoup de monde, les vacances riment souvent avec « farniente » au soleil et bronzette sur une plage de sable blanc. Les personnes atteintes du VIH n’échappent pas à cette règle. Elles désirent aussi partir à l’étranger mais doivent toutefois prendre certaines précautions. Au préalable, une visite chez le médecin est nécessaire pour faire le point sur l’état de leur système immunitaire.

A cause de leurs défenses immunitaires affaiblies, les porteurs du VIH sont plus exposés aux infections. Sachant qu’ils attrapent le plus souvent celles qui peuvent être évitées par une vaccination, il est indispensable de discuter des vaccins à faire, surtout si la destination du voyage se trouve dans une région tropicale.

Interdiction de séjour

Avant de partir, il est important de se renseigner sur les régions «accessibles». En effet, en 2013, certains pays interdisent toujours l’entrée sur leur territoire aux personnes atteintes du VIH et cela, même pour un court séjour. N’essayez donc pas d’aller au Qatar, aux Bahamas, et, plus surprenant encore, en Corée du Sud ou en Russie car dans tous ces pays, vous n’aurez pas de visa touriste si vous avouez être porteur du VIH.

Problèmes fréquents

Lors de voyages à l’étranger, un problème récurrent est l’arrêt du traitement causé par la perte ou le vol du bagage qui contenait les médicaments. C’est pourquoi, il est conseillé de voyager avec ses médicaments dans son bagage à main accompagnés d’une liste de traitement signée par le médecin afin de justifier le passage de ceux-ci aux contrôles de sécurité. Et qu’il est recommandé d’avoir aussi une boîte de réserves dans la valise en soute. Les principaux problèmes de santé vont dépendre de l’état du système immunitaire, de la destination et du type de voyage.

Consultation médicale

Avant de partir, une visite chez le médecin s’impose. L’état immunitaire du patient est primordial car il influence le risque d’attraper une infection. Le taux dans le sang de lymphocytes T (une variété de globules blancs) permet dans ce but d’évaluer le degré d’immunodépression (déficit immunitaire). En effet, le VIH infecte les cellules immunitaires de l’organisme avec pour principale cible ces lymphocytes T, appelées aussi CD4+. Ainsi, plus le taux de CD4+ est bas, plus le système immunitaire est affaibli et donc très exposé aux infections. S’il est « correct », le risque d’infections sera le même que pour n’importe quel autre touriste en vacances.

Comme le risque d’infections est plus élevé chez les personnes nouvellement diagnostiquées ainsi que chez les patients ayant un taux de CD4+ très bas, ceux-ci devraient attendre que leur état immunitaire s’améliore avant d’envisager un séjour à l’étranger.

Vaccination et VIH              

Les vaccins à faire dépendent de la destination mais aussi du status immunitaire. Si les défenses immunitaires sont trop faibles, certains vaccins ne peuvent pas être prescrits car ils ne seront pas efficaces ou alors dangereux. Mais, de manière générale, cela ne concerne que les patients qui présentent un taux de CD4+ très faible.

Vaccins obligatoires

La vaccination contre l’hépatite A est fortement recommandé pour tous les patients voyageant dans des zones à risque. Le vaccin contre la fièvre jaune est aussi obligatoire dans les régions tropicales d’Afrique et d’Amérique du Sud. Il représente toutefois un danger chez les patients avec de très faibles défenses immunitaires car il y a un risque de complication, certes rare, mais qui provoque la mort dans 50% des cas. Quant à la fièvre typhoïde, (maladie contagieuse causée par une bactérie de type salmonelle), les porteurs du VIH sont plus susceptibles de l’attraper mais ils ne peuvent pas recevoir le vaccin par voie orale.

Paludisme

Le choix du traitement anti-malaria va, quant à lui, dépendre du type de traitement antirétroviral pris par le patient car le risque d’interaction est plus fort avec les médicaments contre la malaria. Mais plusieurs options sont possibles. La doxycycline est le traitement anti-malaria le plus utilisé car il peut être prescrit à tous les porteurs du VIH et il ne diminue pas l’action des antirétroviraux.

Avoir le VIH et partir à l’étranger ne sont pas incompatibles mais le patient doit prendre certaines précautions avant son départ. Si son état est trop faible, il vaut mieux renoncer aux vacances car les risques d’infections sont trop élevés.

Référence 

Adapté de «Voyages et VIH: les points-clés», par Dr C. Gardiol, Dr M. Cavassini, Service des maladies infectieuses, CHUV. In Revue médicale suisse 2013; 9: 963-967, en collaboration avec les auteurs.

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