Les vertus anti-infectieuses des chiens proches des berceaux

Dernière mise à jour 17/07/12 | Article
Bébé et museau de chien
Qui l’eût cru? La seule présence domestique de nos amis les canins constitue un rempart efficace contre les infections ORL des enfants de moins d’un an. La démonstration vient d’en être faite en Finlande.

Qui fera la liste des apports thérapeutiques de nos animaux de compagnie? «L'animal fait partie du monde spirituel et physique des humains depuis des millénaires», expliquait il y a peu ici même Rachel Lehotkay, psychologue-zoothérapeute aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). On s'attache aux animaux de compagnie, ce sont comme des enfants. Je dirais même que l'animal est un enfant perpétuel, un stimulus de l'attachement. C'est un animal social, on peut projeter sur lui et il provoque un comportement maternel. Qui permet aussi de recevoir et d'exprimer de l'attention.» Et si on lui demande pourquoi le chien occupe dans cette espace une place privilégiée cette spécialiste répond : «C'est le premier animal à avoir été domestiqué, au début c'était d'ailleurs plus pour l'affection que pour la chasse.» Et les chiens sont plus sociables que nos chers félins plus ou moins domestiqués, mais au fond toujours aussi solitaires.

Les chiens agissent sur le psychisme. Mais ils peuvent aussi avoir une action sur d’invisibles germes infectieux. C’est la démonstration qui est apportée dans la célèbre revue américaine Pediatrics. Une démonstration chiffrée qui n’offre toutefois pas d’explication bien claire. Elle suggère aussi que les chats pourraient jouer un rôle similaire, mais dans des proportions plus réduites. Ce travail a été conduit par un groupe de spécialistes finlandais et allemands dirigés par le Dr Eija Bergroth (hôpital universitaire de Kuopio, Finlande).  

Ils ont travaillé sur les dossiers de 397 enfants finlandais nés entre septembre 2002 et mai 2005 médicalement suivis. Les parents avaient en outre consigné quotidiennement l’état de santé de leur enfant depuis leur neuvième semaine jusqu’au terme de leur première année. Les parents se sont engagés à noter les symptômes, les infections, et les expositions aux animaux domestiques. Durant l’étude, de la fièvre a été signalée chez 71,8% des enfants, une otite chez 39,5%, une rhinite chez 96,7%, des épisodes de toux chez 84,4%, et une respiration sifflante chez 32,2%. Au total, durant l’étude, 47,6% des enfants ont reçu des antibiotiques. Il est apparu que 65,2% des enfants n’avaient pas été exposés à la présence d’un chien au domicile et 75,5%  n’avaient pas été exposés à la présence d’un chat.

Et après analyses statistiques les auteurs concluent que comparativement aux enfants privés de contacts avec les animaux au cours de leur première année de vie, les enfants vivant avec des chiens sont remarquables: ils sont en meilleure santé, sont moins susceptibles (dans une proportion de 30%) d'avoir des infections fréquentes de la sphère ORL et, de ce fait, consomment moins d’antibiotiques. Après analyses statistiques complémentaires, la conclusion est que seule la présence d’un chien à la maison est significative et associée à une meilleure santé globale de l’enfant durant la première année. Une présence canine qui ne dépasse pas six heures quotidiennes.

Des études précédentes menées sur le même sujet étaient parvenus à des conclusions contradictoires. Certaines estimaient que  la présence d'animaux domestiques au domicile avait des effets sanitaires favorables. A l’inverse d'autres suggéraient un risque accru d'infections respiratoires. Cette étude plaide donc, et de manière claire, en faveur de la première hypothèse : fidèle gardien de la maison, le chien de la famille protège aussi contre les germes pathogènes étrangers à tropisme respiratoire.

Comment? On peut imaginer que la présence du chien peut contribue à réduire le risque infectieux chez le nourrisson et le tout petit en optimisant le développement de leur système immunitaire. «Nous montrons des premières preuves que la possession d’un chien peut être protectrice contre les infections de l’appareil respiratoire pendant la première année de la vie, indiquent les chercheurs. Nous faisons l’hypothèse que les contacts animaux pourraient aider à faire mûrir le système immunitaire, menant à des réponses immunitaires plus efficaces et à des périodes d’infection plus courtes».

On peut voir là une démonstration supplémentaire de l’intérêt qu’il y a à ne pas maintenir les très jeunes enfants dans un univers par trop aseptisé. Respecter les règles de l’hygiène certes, et plutôt deux fois plus qu’une. Sans pour autant enfermer l’enfant dans un cocon fermé sur la diversité antigénique du monde extérieur. Reste le mystère du chat qui serait ici nettement moins efficace que le chien. A dire vrai personne ne s’en étonnera. Ni ceux qui raffolent de ces ingrats ni ceux qui s’en méfient; à commencer par les jeunes mères qui généralement angoissent à la vue d’un matou se rapprocher d’un couffin.

      

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