L'exercice physique agit sur notre ADN

Dernière mise à jour 18/04/12 | Article
Départ pour un sprint
Il ne fait plus de doute que le sport est bénéfique pour la santé. Rien de tel en effet pour réduire les risques de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2, de dépression ou d’obésité. Mais quels sont les impacts exacts de cette pratique sur notre organisme?

A cette question, des chercheurs suédois, danois et irlandais viennent d’apporter un nouvel élément de réponse. Dans la revue Cell Metabolism, ils expliquent que l’exercice physique intense, même relativement bref, suffirait à modifier quasi instantanément notre ADN.

Changement d’expression

Juleen Zierath, de l’Institut Karolinska à Stockholm et ses collègues ont proposé à quatorze jeunes femmes et hommes, en bonne santé mais non sportifs, de pédaler rapidement sur un vélo stationnaire, puis ils ont prélevé un petit échantillon du muscle de leur cuisse. C’est alors que les expérimentateurs ont constaté que plusieurs gènes des volontaires avaient été modifiés. Notamment ceux qui interviennent dans l’oxydation musculaire et dans la régulation du transport de glucose à l’intérieur et à l’extérieur des cellules.

Ce n’est pas la nature intrinsèque de ces gènes, hérités à la naissance, qui a été transformée, mais leur expression, donc leur capacité à remplir leur tâche. L’exercice physique a pour effet de les «déméthyler». En d’autres termes, elle leur fait perdre un groupe méthyle, lequel agit comme un cadenas qui bloque leur fonction. La serrure une fois libérée, les muscles peuvent donc augmenter leur capacité à travailler.

«Nos muscles sont comme du plastique, ils s’adaptent à ce que nous faisons, souligne Juleen Zierath. Si nous ne les utilisons pas, ils deviennent inutiles et le mécanisme que nous avons mis en évidence est l’un de ceux qui mènent à cela.»

C’est donc par des modifications de ce type que les muscles pourraient s’adapter à l’effort. «Il a été démontré que l’exercice aigu était plus délétère, car il induisait une forte réaction inflammatoire. Il est donc possible que cette diminution de la méthylation permette de réduire les effets douloureux de cette inflammation», commente Gérald Gremion, médecin-chef du Swiss Olympic Medical Center du CHUV.

Cet effet se manifeste tout de suite après l’effort, mais il ne dure pas: au bout de quelques heures de repos, les gènes retrouvent leur état initial. Cette constatation laisse le médecin du sport «perplexe» car, précise-t-il, «on sait que pour pouvoir profiter des bienfaits de l’exercice physique sur la santé, cela prend du temps. Or cette étude ne montre aucun changement dans le cas d’un exercice physique régulier, alors que c’est bien lui qui est responsable d’une amélioration de l’état de santé globlal». Un paradoxe qui reste à expliquer.

Effet similaire pour la caféine

Plus surprenant encore, a priori. En étudiant, cette fois en laboratoire, des cellules musculaires de rats, les chercheurs ont observé que la caféine produisant des effets similaires. Cette observation s’explique par le fait que cette substance libère du calcium, comme le fait la contraction des muscles.

Toutefois, Juleen Zierath tient à dissuader les sédentaires qui voudraient se ruer sur le café. «Il faudrait consommer l’équivalent d’une cinquantaine de tasses par jour, à peu près la dose mortelle», précise-t-elle. Mieux vaut donc se tourner vers l’exercice physique pour garder la santé.

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