Benzodiazépines: vrai ou faux?

Dernière mise à jour 15/02/15 | Article
Des réponses aux idées reçues sur ces médicaments aux propriétés tranquillisantes et hypnotiques.

Apparues sur le marché dans les années 60 avec le Valium®, les benzodiazépines sont aujourd’hui parmi les molécules les plus consommées dans les pays occidentaux. Prescrites pour leurs propriétés tranquillisantes, somnifères ou myorelaxantes (contre les douleurs musculaires), elles soulagent des symptômes, mais ne soignent pas.

Le point avec la Dresse Anne François, médecin adjointe au service de médecine de premier recours des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et avec le Dr Gerard Calzada, chef de clinique au service d’addictologie des HUG, sur des médicaments qu’il ne faut ni diaboliser ni banaliser. «Ils demandent une prescription attentive, limitée dans le temps et fréquemment réévaluée», insistent les deux praticiens.

Les benzodiazépines rendent accros

Vrai. Comme pour d’autres substances addictives, la prise de benzodiazépines mène à une tolérance –augmenter la dose pour avoir le même effet– et des symptômes de sevrage (état de manque) font leur apparition lors de l’arrêt du traitement. D’où l’importance d’un arrêt progressif pour éviter le risque de crise d’épilepsie. Vu que ces médicaments rendent dépendants, il ne faut pas les prescrire plus de trois à quatre semaines : si l’anxiété se poursuit, il vaut mieux entreprendre un travail thérapeutique (psychothérapie de soutien, techniques de respiration, approche corporelle, etc.).

Ils sont donnés lors d’une dépression

Vrai et faux. On peut les utiliser pour traiter une anxiété invalidante ou des difficultés d’endormissement présentes lors d’une dépression. Mais cela doit se limiter à une courte période, comme accompagnement momentané du traitement antidépresseur qui demeure celui de référence.

Il faut se méfier de leurs effets secondaires

Vrai. Ces médicaments provoquent une somnolence, de la fatigue, des troubles cognitifs (diminution de l’attention, perte de mémoire), mais aussi des apnées du sommeil voire une dépression. Chez la personne âgée, ils augmentent le risque de chute. En cas de prise prolongée, il y a un risque de développer la maladie d’Alzheimer ou un cancer.

On note des effets sur la conduite d’un véhicule

Vrai. Ils diminuent la concentration et prolongent le temps de réaction, d’où un risque de provoquer un accident.

L’interaction avec d’autres médicaments est dangereuse

Vrai. Avec la plupart des sirops contre la toux, des antiallergiques, des antidouleurs comme les dérivés morphiniques, il y a un risque de renforcement des effets sur l’organisme pouvant aller jusqu’à un arrêt respiratoire.

Il faut éviter de boire de l’alcool et de prendre en même temps des benzodiazépines

Vrai. Les effets secondaires sont démultipliés avec la prise simultanée de ces deux substances.

Contre les attaques de panique, rien ne vaut les «benzos»

Faux. Leur réponse immédiate est tellement efficace qu’en les prescrivant on empêche les gens de chercher des techniques alternatives pour diminuer ces symptômes aigus. En fait, les benzodiazépines permettent de traiter les symptômes, mais pas le problème qui génère ces crises de panique.

L’anxiété est à éliminer à tout prix

Faux. L’anxiété n’est pas une maladie. Elle fait partie de l’être humain et a une utilité majeure dans l’évolution de l’espèce: elle nous dit ce qui ne va pas (ce qui est dangereux) et nous permet de réagir (échapper au danger). C’est un signal d’alerte, comme la douleur, mais au niveau psychologique. Par contre, une anxiété excessive et durable peut engendrer une souffrance personnelle et altérer la qualité de vie.

A LIRE AUSSI

Somnambulisme
Ce que vous devez savoir sur le somnambulisme

Ce que vous devez savoir sur le somnambulisme

Dormir debout, c’est possible pour les somnambules. Zoom sur un trouble pas si rare, et même fréquent...
Lire la suite
Apnée du sommeil
Aspirateur

Les secrets révélés de l'apnée du sommeil

Des millions de personnes s’étouffent chaque nuit. La coupable? L’évolution.
Lire la suite
Apnée du sommeil
test_detecte_apnee

Un test très simple détecte l’apnée du sommeil

Il existe désormais un test rapide et très fiable pour détecter les personnes qui risquent de souffrir...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
sommeil_fatalite

Même s’ils sont de plus en plus fréquents, les troubles du sommeil ne sont pas une fatalité

De plus en plus observé et contrôlé, le sommeil reste une fonction biologique mystérieuse. Pourquoi certains ont de la peine à s’endormir? Et comment aborder les problèmes d’insomnie? Les réponses du Dr Raphaël Heinzer, co-auteur du livre «Je rêve de dormir» aux éditions Favre et fondateur du Centre d’investigation et de recherche sur le sommeil (CIRS) du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) qui fêtera ses dix ans le 13 décembre prochain.
Videos sur le meme sujet

Troubles du sommeil: la fin du cauchemar!

Lorsque nos nuits se passent mal, ce sont nos journées qui trinquent. On est fatigué, irritable, somnolent, dangereux parfois. Cette émission s'intéresse aux troubles du sommeil avec l'avis d'un expert médecin et directeur du centre lausannois du sommeil.

Santé en vacances: partir tranquille

Le plaisir de partir loin de chez soi est parfois entaché de tracas de santé. Un séjour prévu agréable peut s'avérer être un cauchemar. L'antidote fait le point sur les problèmes que l'on peut rencontrer et les manières de les éviter.

Apnées du sommeil: des solutions pour vivre avec

Qu'est-ce que les apnées du sommeil? Comment lutter contre et les prévenir ? L'antidote fait le point.