Si vous voulez faire des bébés, éteignez la télé

Dernière mise à jour 13/03/13 | Article
Si vous voulez faire des bébés, éteignez la télé
L’inactivité diminue la production de spermatozoïdes.

De quoi on parle?

Les faits

Une étude menée par des chercheurs de Harvard révèle que rester devant la télévision et pratiquer peu d’activité physique nuirait à la qualité du sperme et à la quantité de spermatozoïdes.

Le bilan

En plus des problèmes de qualité, on observe que le nombre de spermatozoïdes moyen chez un homme a baissé. Dans les années 1950, il tournait autour de 100 millions par millilitre. On l’estime aujourd’hui à la moitié. Cette baisse est préoccupante, même si la quantité de spermatozoïdes ne détermine pas directement la fertilité masculine.

Regarder la télévision et concevoir des enfants serait peu compatible, selon une étude publiée début février, qui apporte un éclairage nouveau sur la fertilité masculine. Ne pas bouger favorise non seulement l’obésité, mais diminue aussi la quantité de spermatozoïdes émis à chaque éjaculation. Deux phénomènes sont probablement en cause. D’abord, l’inaction a tendance à maintenir les testicules au chaud, alors qu’ils ont besoin d’une température de 34 degrés pour fonctionner correctement (d’où l’utilité du scrotum, qui maintient les testicules hors du corps). Ensuite, il semble que l’obésité elle-même joue un rôle dans la diminution du nombre de spermatozoïdes.

Cette étude n’est d’ailleurs pas la seule à constater cette baisse. Elle s’ajoute à toutes celles montrant que, depuis quatre-vingts ans, leur nombre diminue dans le sperme des hommes. Si bien qu’on peut légitimement s’interroger: l’humanité se dirige-t-elle vers une stérilité masculine généralisée?

Un paramètre parmi d’autres

Probablement pas. Et ce pour plusieurs raisons. A commencer par le fait que le nombre de spermatozoïdes n’est pas le seul critère de qualité du sperme. Et que la qualité du sperme n’est qu’un des paramètres de la fertilité. «Nous n’avons pas d’étude qui montre que la fertilité baisse chez les hommes», insiste le Dr Marc Wisard, du Centre de procréation médicalement assistée (CPMA), à Lausanne.

Pour mesurer l’infertilité, c’est en effet au niveau du couple que tout se joue. Un enfant se fait généralement à deux, et il est possible qu’un sperme en dessous du seuil de «normalité» défini par l’OMS (15 millions de spermatozoïdes par millilitre) soit compensé par la femme, en particulier si elle est jeune et très fertile. «A côté du nombre et de la qualité des spermatozoïdes, l’âge de la conjointe est un paramètre essentiel de l’équation. Ainsi, les chances pour une femme d’avoir un enfant après 35 ans décroissent de façon exponentielle», résume le biologiste Fabien Murisier, directeur scientifique du laboratoire Fertas.

Par ailleurs, les études sur la concentration des spermatozoïdes sont à prendre avec précaution. Souvent effectuées dans le cadre de consultations de fertilité, elles ont tendance à montrer un biais de sélection, en reflétant l’état d’une population à problème plutôt que celui des hommes sains. Sans compter qu’une mesure doit toujours être confirmée trois mois plus tard, le temps qu’un ensemble complet de nouveaux spermatozoïdes ait été fabriqué. «Une grosse fièvre ou un stress important peuvent en effet faire brutalement chuter leur production», souligne le Dr Wisard.

Que penser, enfin, du nombre de 15 millions de spermatozoïdes par millilitre que l’OMS a défini comme limite du normal? Il s’agit d’un repère utile, mais insuffisant. La qualité des spermatozoïdes, autrement dit leur capacité à se montrer suffisamment mobiles pour pouvoir «nager» à la rencontre de l’ovule, doit aussi être prise en considération.

Imposture hormonale

La baisse de la concentration de spermatozoïdes au fil des années ne fait quant à elle plus débat. Entre 1950 et 2000, elle est passée en moyenne de 100 à 50 millions spermatozoïdes par millilitre.

Quelle en est la cause? L’environnement est très certainement le facteur déterminant dans cette affaire. Quantité de substances chimiques, en particulier, peuvent jouer un rôle de perturbateur endocrinien (du système hormonal): pesticides, phtalates (utilisés dans les plastiques) ou bisphénol A, par exemple. Dans notre corps, ces perturbateurs miment nos hormones, provoquant de nombreux effets indésirables et augmentant les risques de cancer. Ils peuvent aussi troubler le système reproducteur, notamment en se faisant passer pour des hormones mâles (androgènes) ou femelles (œstrogènes).

Durant la grossesse, la fabrication des organes génitaux du jeune garçon peut ainsi être affectée par ces perturbateurs endocriniens, capables de féminiser l’enfant. Le résultat? «Un syndrome de dysgénésie testiculaire» explique le Dr Alfred Senn du CPMA. Des testicules plus petits, une concentration en spermatozoïdes diminuée, un risque accru de malformation et de cancer du testicule. Les perturbateurs endocriniens ont aussi un effet chez l’homme une fois adulte, en particulier sur la production de spermatozoïdes.

Ce qu’il faut faire

Quelques attitudes pour «chouchouter »ses spermatozoïdes existent malgré tout. «Si vous voulez avoir un enfant, arrêtez de fumer, cigarettes comme cannabis, et ne vous dopez pas. Diminuez l’alcool et évitez le surpoids, adoptez éventuellement une alimentation riche en antioxydants. Et surtout, protégez vos testicules d’une chaleur excessive: évitez de travailler avec votre ordinateur portable sur les genoux!» résume le Dr Wisard.

Raison de plus pour affirmer que si vous voulez procréer, il vous faut commencer par bouger. Ne serait-ce que du poste de télévision à la chambre à coucher.

Le spermogramme

Trois remèdes à l'infertilité

Assistance

Il est possible de pallier l’infertilité masculine. Les explications du Pr Marc Germond, du Centre de procréation médicalement assistée, à Lausanne (CPMA).

L’insémination artificielle: du sperme prélevé chez l’homme est placé directement dans l’utérus. L’opération est généralement accompagnée d’une stimulation des ovaires.

La fécondation in vitro: spermatozoïdes et ovules sont mis en contact en laboratoire puis réimplantés dans l’utérus de la femme. Depuis vingt ans, le spermatozoïde peut même, si besoin, être introduit directement dans l’ovule.

Banques du sperme: enfin, si l’homme ne produit aucun spermatozoïde, on peut faire appel à un don de sperme. Les banques de sperme suisses cherchent d’ailleurs des donneurs.

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