Une démarche ralentie peut être le signe annonciateur d’une démence précoce

Dernière mise à jour 15/09/14 | Article
Une démarche ralentie peut être le signe annonciateur d’une démence précoce
Une vaste étude internationale conclut qu’il est possible de détecter un état de pré-démence à partir de la vitesse de la marche. Explications

La manière dont nous marchons (la vitesse de la marche notamment) peut, avec le temps, constituer un indice fiable quant à notre vieillissement cérébral. A ce titre, elle pourrait éventuellement permettre aux médecins de prédire le degré de risque d’apparition d’une démence précoce. C’est là le thème d’un vaste travail dirigé par le Pr Joe Verghese, spécialiste de neurologie et de gériatrie à l'Albert Einstein College of Medicine. Ce travail a été mené sur près de 27000 participants âgés de 60 ans et plus vivant dans dix-sept pays et souffrant ou non de démence. Ses conclusions viennent d’être publiées dans la revue Neurology(1).

Outils simples et peu coûteux

Il s’agit d’une des nombreuses tentatives menées pour trouver et développer des outils de diagnostic simples et peu coûteux permettant de déterminer si une personne est ou non exposée à un risque de démence. Un test simple associant la mesure de certaines des capacités cognitives et la vitesse de marche pourrait fournir un nouvel outil de diagnostic qui serait, en outre, peu coûteux. Les auteurs mettent en garde: la vitesse de la marche d’une personne entrant dans le troisième âge peut être affectée par de multiples causes organiques, et ne peut donc pas constituer un élément unique de diagnostic.

10% de personnes concernées

En pratique, le test repose sur la mesure de la vitesse de marche et sur quelques questions simples concernant les capacités cognitives de la personne. Rapide, il est donc à la portée de tous les professionnels de santé – à commencer par ceux qui n’ont pas accès aux matériels de neuro-imagerie ou aux dosages de marqueurs biologiques. En observant un très grand nombre de patients, les auteurs ont remarqué que lorsqu’une personne âgée marchait lentement, il y avait une grande probabilité pour qu’elle présente par ailleurs des troubles cognitifs.

Une personne sur dix présentait des résultats positifs au test. Ceux-ci étaient plus fréquemment retrouvés chez les hommes ainsi que chez des personnes ayant fait peu d’études. Un résultat positif est associé à un risque doublé de développement d’une démence précoce au cours des douze années suivantes.

0,8 mètre/seconde

Un résultat positif doit pousser les soignants à rechercher des causes connues de démence (hypertension artérielle, tabagisme, hypercholestérolémie, obésité, diabète…). Causes qui peuvent être corrigées. Plusieurs études publiées ces dernières années (notamment dans le Journal of the American Medical Association (JAMA)), avaient également montré l’intérêt de la mesure de la vitesse de la marche des personnes âgées, une vitesse associée à la durée de l’espérance de vie. Concrètement, à 75 ans, une vitesse de marche d'environ 0,8 mètre / seconde correspond à l'espérance de vie moyenne. En deçà, l’espérance de vie est inférieure à la moyenne – au-delà elle est supérieure à la moyenne.

_________

(1) Un résumé (en anglais) de la publication de Neurology est disponible ici

(2) L’étude (en anglais) du JAMA est disponible ici

A LIRE AUSSI

Borderline
Enfant triste

Comment apparaît le trouble de la personnalité borderline?

Ces dernières décennies, des recherches approfondies ont été consacrées aux origines du trouble de la...
Lire la suite
Troubles bipolaires
masques

Médicaments pour le traitement des troubles bipolaires

Ces médicaments psychotropes sont utilisés pour traiter les fluctuations extrêmes de l’humeur telles...
Lire la suite
Borderline
reflet d'un visage dans un miroir

Critères diagnostiques du trouble de la personnalité borderline?

Neuf critères diagnostiques sont utilisés pour diagnostiquer le trouble de la personnalité. Ils vous...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
prevention_mode d'emploi

Prévention, mode d’emploi

L’idée de la prévention est, en fonction de l’âge, de repérer ce qui nous prédispose à une possible maladie. Puis, plus tard dans la vie, d'aller chercher les indices du développement éventuel de cette pathologie. Et, une fois qu’elle a pu être prise en charge et soignée, éviter qu’elle ne revienne. Les médecins parlent respectivement, pour ces trois étapes, de prévention primaire, secondaire et tertiaire. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un mode de vie sain permet d’éviter ou de retarder l’apparition des maladies non transmissibles (tels que cancer, diabète, maladies cardio-vasculaires) dans plus de 50% des cas. Dans les faits, comment insuffler de la prévention dans sa vie? L’affaire est plus simple qu’il n’y paraît.
tranquilisants_pas_innocents

Des tranquillisants pas si innocents

Sur le long terme, les benzodiazépines, prescrites notamment contre l’anxiété, ne sont pas sans risque, en particulier chez la personne âgée.

Comment l’addiction modifie le cerveau

Neuroscientifique à l’Université de Genève, Christian Lüscher a élucidé les mécanismes cérébraux qui conduisent à l’addiction et a trouvé le moyen de les neutraliser chez les souris. Le chercheur a reçu le prix Théodore Ott 2017 pour ses travaux qui pourraient avoir d’importantes implications cliniques.
Videos sur le meme sujet

Après la dernière cigarette

Le tabagisme fait de nombreuses victimes en Suisse et beaucoup de fumeurs tentent de mettre un terme à leur addiction.

Vivre à deux modifie le système immunitaire

La force des êtres vivants, c’est l’adaptation.

L'afantasie ou l’incapacité de produire des images mentales

Fermez les yeux, essayez d’avoir des images de votre dernière sortie en ski ou de vos parents…
Symptômes sur le meme sujet
Pense-bête

Perte mémoire

J’ai (il a) des pertes de mémoire