Deux nouvelles causes de dysfonction érectile

Dernière mise à jour 26/06/12 | Article
Signe masculin
Les mécanismes intimes assurant la parfaite physiologie de l’érection masculine sont plus fragiles qu’on pourrait le penser à première vue. Nouveaux exemples: l’apnée du sommeil et l’approche de la période de l’ovulation de la femme peuvent les perturber. Mieux vaut le savoir si l’on entend corriger ce trouble.

Première cause

Certains parlent ici de «pression de concevoir». L’affaire concerne les couples qui souhaitent ardemment avoir un enfant. Ils prévoient la date probable d’ovulation, calculent les périodes de fécondité et organisent au mieux leurs rapports sexuels pour ces jours et ces nuits fatidiques. Puis ils attendent les premiers résultats, biologiques. Et recommencent autant de fois que nécessaire. Tout ceci peut manquer de romantisme, de spontanéité. Et il est des hommes qui – consciemment ou pas – supportent assez mal ce machinisme. Au point que leur corps s’exprime à sa manière avec, pour diagnostic à la clé: dysfonction érectile. Non pas impuissance mais impossibilité d’entrer en érection à l’heure dite.   

On imaginait bien la chose possible. Elle est désormais démontrée dans les colonnes du Journal of Andrology par un groupe de chercheurs coréens dirigés par Tae Ki Yoon (Fertility Center, CHA Gangnam Medical Center, CHA University, Seoul). Ce travail prospectif a été mené auprès de 439 hommes de juillet 2008 à juin 2011. Selon ces chercheurs au moins quatre hommes sur dix dans la population étudiée ont développé une dysfonction érectile (ou incapacité pour l'homme d'obtenir ou de maintenir une érection pénienne suffisante pour être satisfaisante) après six mois de rapports sexuels planifiés. Quelques uns (un sur dix, disent-ils) vont jusqu’à certaines extrémités: éviter la relation physique avec leur partenaire, voire engager une relation extra-conjugale. «La perspective du coït obligatoire, ou comportement sexuel compulsif, fait naitre un état de stress chez l’homme, expliquent les auteurs. Le stress réduit la production de testostérone, ce qui a un impact direct sur la libido.»

Or, on sait par ailleurs que les rapports sexuels planifiés (pour faire coïncider ces derniers avec la période d’ovulation de la femme) sont communément «prescrits» par les spécialistes de la procréation médicalement assistée. Parfois à tort, selon ces experts coréens. «Les hommes comme les femmes doivent être mis au courant du risque de dysfonction érectile lié à la planification des rapports sexuels» expliquent-ils. Mais encore? Il n’est pas impossible que ces couples envisagent de recourir aux services des érecteurs médicamenteux présents sur le marché pharmaceutique international. Il n’est pas impossible d’imaginer que si la situation perdure, on en vienne à la fécondation in vitro avec micro-injection ovocytaire d’un spermatozoïde.

Deuxième cause

Celle-ci est moins psychologique que pulmonaire et métabolique. Elle a été présentée lors du Congress Sleep 2012 de l’Associated Professional Sleep Societies (APSS) qui vient de se tenir à Boston. Il apparaît notamment que près d’un homme sur deux (45%) des hommes âgés de moins de 60 ans et atteints de syndrome d’apnée du sommeil (SAOS) souffrent d’une dysfonction érectile. Résultat impressionnant auquel il faut immédiatement ajouter que l’étude en question montre qu’il existe des traitements. Et tout particulièrement la thérapie par pression positive continue (PPC), un système de ventilation mécanique autrement dit, qui demeure le traitement de référence le plus efficace pour soigner le SAOS. Et qui peut le plus peut le moins : il peut aussi améliorer la fonction et la satisfaction sexuelles chez la majorité des hommes concernés.

Cette étude a été menée par le Walter Reed National Military Medical Center de l’Université de Bethesda. Le flux constant d'air délivré à partir d'un dispositif PPC permet de maintenir les voies respiratoires ouvertes et de restaurer les niveaux normaux d'oxygène pendant le sommeil. L’étude américaine a évalué la fonction érectile et la libido de quatre vingt-douze hommes souffrant d’un syndrome d’apparition récente d’apnée obstructive du sommeil. Ils ont été traités par PPC, puis ont évalué à nouveau, après 1,3 et 6 mois de thérapie.

Les résultats montrent que la thérapie par PPC a permis d’améliorer la fonction sexuelle et la satisfaction chez la majorité des hommes de l'étude. Et ce indépendamment du niveau de fonction érectile enregistré au début de l’étude. Le degré d’amélioration de la fonction érectile est étroitement lié au degré d’amélioration de l’apnée. «Nous avons été surpris de voir d’abord l’étendue des troubles de la fonction érectile chez les patients souffrant d’apnée mais ensuite l’importance des bénéfices apportés par la thérapie par PPC», raconte le Dr Joseph Dombrowsky, auteur principal de l'étude. C’est peut-être paradoxal mais c’est ainsi : moins on manque d’air et plus on peut se sentir le cœur léger.

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