Détente

Dernière mise à jour 17/10/11 | Article
Personne dormant dans un hamac
La meilleure manière de nous détendre, c’est de faire le mort, de ne plus donner d’ordres à notre cerveau.

Pour récupérer, pour retrouver de l’énergie, il est plus important de se détendre que de dormir. Plus nous voulons dormir, moins nous y parvenons, car les ordres que nous donnons à notre cerveau maintiennent ce dernier dans un état d’éveil et augmentent l’intensité des stimulations qu’il reçoit. Lorsque la somme de ces stimulations par l’effet d’un mécanisme central régulateur atteint un certain degré d’inhibition, le sommeil naturel se déclenche, indépendamment de notre volonté. Le sommeil est un phénomène neurophysiologique naturel sur lequel nous n’avons aucune prise. Il est important de le prendre quand il vient et de ne pas l’obsessionnaliser. Il est possible de récupérer, de retrouver de l’énergie, même si le sommeil ne vient pas.

La détente, c’est d’abord une attitude de l’esprit, une sagesse, celle de donner à la nature la possibilité de faire son travail, de permettre au cerveau de fonctionner harmonieusement, de cesser de le martyriser en lui donnant des ordres. Le cerveau n’est ni un esclave à disposition de notre volonté, ni une machine infiniment perfectible. C’est un organe d’une complexité inouïe dont le fonctionnement doit être respecté et qui sans cesse travaille pour nous maintenir en vie.

Si par une hygiène de vie aberrante, le cerveau reçoit des stimulations qu’il n’est plus capable d’intégrer, ces stimulations altèrent notre manière de penser et d’éprouver ou irradient dans notre corps sous forme de symptômes. Ces symptômes d’hyperactivité­ cérébrale correspondent à un blocage de l’énergie. Quand ces symptômes sont reconnus et respectés, nous retrouvons immédiatement de l’énergie.

Se détendre, c’est en définitive décongeler de l’énergie, se sentir responsable de la gestion de son énergie, réduire voire supprimer totalement les stimulations inutiles ou inappropriées et s’ouvrir à celles qui nous apaisent ou qui nous fortifient. Plus précisément, se détendre, c’est harmoniser ses stimulations. Plus nous essayons de nous détendre, plus nous découvrons que ce n’est pas si facile que ça. Nous butons sur une activité neurophysiologique permanente de nature biologique qui est le mécanisme même de la vie cérébrale. C’est cette activité qu’il convient d’harmoniser. Ce travail ne peut être effectué seul.

Sans aide, nous ne nous rendons même pas compte que nous sommes tendus, que nous perdons de l’énergie, que nous la bloquons. Quand nous essayons de nous détendre, de lâcher prise, souvent l’angoisse apparaît et nous préférons nous activer mentalement ou physiquement. Si nous cherchons à comprendre comment la détente se produit, nous réfléchissons et au lieu de réduire nos stimulations, nous les augmentons et nous nous crispons.

La meilleure manière de nous détendre, c’est de faire le mort, de complètement nous laisser aller, de ne plus donner d’ordres à notre cerveau. Pour nous détendre vraiment, en profondeur, nous mettre en face de nous-mêmes, appréhender sans crainte la richesse déroutante de notre activité biologique complexe et contradictoire, nous avons besoin d’être soutenus, guidés et encouragés. Nous cesserons d’accorder de l’importance à nos pensées parasites de nature biologique qui ne sont pas les nôtres, mais qui proviennent de notre entourage et nous encombrent. Nous pourrons complètement nous laisser aller, faire le mort sans avoir peur de ce que nous pouvons ressentir. L’angoisse abandonnique que nous rencontrons inévitablement lorsque nous nous détendons ne sera plus perçue comme un phénomène pathologique terrifiant à éviter à tout prix. Nous l’accueillerons au contraire comme un orage neuro-physiologique naturel inévitable, sain et maturatif, devant être affronté et géré, chaque crise nous rassurant et nous renforçant dans la réalité de notre existence.

Couverture du Petit lexique de la psychothérapie

Source

Retrouvez d'autres mots essentiels dans le Petit lexique de la Psychothérapie du Dr François Adler aux éditions Georg.

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