Centrage

Dernière mise à jour 17/10/11 | Article
Ventre marqué au centre par une cible
C’est la clarté de l’engagement du psychothérapeute, dès la première consultation, qui permet au patient d’apprendre à se centrer.

C’est la clarté de l’engagement du psychothérapeute, dès la première consultation, qui permet au patient d’apprendre à se centrer. Un patient qui consulte en vue d’une psychothérapie, est plein de doutes. Il ne voit pas ou plus où il en est. Il hésite, est incapable de prendre position. Si le psychothérapeute n’est pas convaincu que la personne, assise en face de lui, a une valeur unique, des richesses intérieures dont elle peut jouir et qu’elle peut librement transmettre à son prochain, rien ne se passe. Se centrer, c’est principalement faire de l’ordre, utiliser son esprit pour ne pas être victime de sa biologie ou de son environnement. C’est l’acte humain fondamental qui doit devenir une pratique. Mais cela ne va pas de soi.

Biologiquement nous sommes rattachés au passé. Tant que nos cellules sont vivantes, elles conservent ce qu’elles ont enregistré. Pour être en forme, il faut trier, ne pas attacher d’importance aux souvenirs pénibles qui nous font mal et nous enlèvent de l’énergie. Ne pas lutter contre eux, mais les laisser passer comme un orage, afin de réduire l’intensité de la charge émotionnelle qu’ils contiennent. Apprendre à les oublier, dès qu’ils apparaissent, afin de les évacuer. A terme, les démémoriser. Accueillir avec joie les souvenirs agréables qui nous donnent de l’énergie. Considérer l’avenir comme imprévisible. Vivre dans le présent, dans la réalité de l’instant qui seul existe.

Pour cela, il importe de résister aux pressions que nous subissons. Socialement nous sommes influencés par l’information que nous captons. Si nous n’y prenons garde, cette information nous décentre, nous aliène, nous encombre, nous entame, nous lamine, nous grignote, nous érode, nous transforme, nous épuise, nous rend malade. Se centrer, c’est s’occuper de sa santé.

Il faut du temps pour apprendre à se centrer, pour que cela devienne une habitude, une pratique constante. Ce n’est pas un acte volontaire, un effort, une tension, une dépense d’énergie, mais une attitude de l’esprit. Ce n’est pas utiliser de l’énergie, mais la renouveler, retrouver des élans, créer les conditions de notre bonheur, se fixer sur ce que nous avons de meilleur en nous-mêmes, d’essentiel, de plus précieux, de personnel, d’intransmissible, d’unique. Se centrer, c’est aller vers la paix, la tranquillité, la sécurité, la joie.

Couverture du Petit lexique de la psychothérapie

Source

Retrouvez d'autres mots essentiels dans le Petit lexique de la Psychothérapie du Dr François Adler aux éditions Georg.

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