L’hypnose, c’est aussi pour les enfants

Dernière mise à jour 25/09/17 | Article
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L’hypnose à des fins médicales et thérapeutiques rencontre toujours plus de succès. On le sait moins, mais cet outil est aussi bénéfique aux enfants.

Plus qu’une simple technique médicale, l’hypnose peut être perçue comme une véritable hygiène de vie. L’état de conscience modifié qu’elle provoque permet de trouver en soi les ressources nécessaires pour faire face aux difficultés.

L’hypnose peut se révéler utile dans de nombreux cas de figure. Dans le milieu hospitalier, elle est souvent utilisée à des fins de confort, pour aider les patients à gérer leur douleur, leurs angoisses, diminuer les saignements, changer des pansements, etc. En psychothérapie, elle peut permettre de traiter une multitude de troubles, toujours en fonction des besoins du patient. Ce dernier peut aussi apprendre, lors d’une séance avec son thérapeute, des exercices simples à faire chez soi. On parle alors d’autohypnose. Tout un chacun est capable de provoquer lui-même cet état naturel de rêverie légère afin de faire travailler son inconscient dans différentes situations de la vie quotidienne.

Si le recours à l’hypnose est aujourd’hui en pleine expansion, cet outil est encore peu utilisé chez les jeunes enfants. Pourtant, elle peut leur être bénéfique dans bien des cas. Par exemple, pour aider un enfant anxieux, souffrant de troubles du sommeil ou encore d’énurésie nocturne (enfants qui font régulièrement pipi au lit).

Exercice à faire avec son enfant

Si votre enfant semble préoccupé par un problème particulier, vous pouvez réaliser avec lui ce petit exercice simple, proposé par la psychologue et hypnothérapeute Martine Oswald. A l’aide de dessins, il permettra à votre enfant de visualiser son problème et de chercher lui-même une solution, sans qu’on ne la lui suggère.

Conceptualiser le problème

La première étape de l’exercice consiste à demander à votre enfant de dessiner sa difficulté sur une feuille blanche. Vous pouvez tout d’abord lui suggérer de fermer les yeux, d’imaginer, puis de dessiner son idée.

Imaginer la résolution du problème

Une fois le premier dessin terminé, encouragez votre enfant à fermer une nouvelle fois les yeux. Posez-lui alors la question suivante: «Et c’est comment quand c’est mieux?». Encouragez-le ensuite à faire un deuxième dessin représentant cette nouvelle situation.

Trouver soi-même des solutions

Lorsque les deux dessins sont terminés, posez le premier au-dessus de l’autre, en laissant un espace entre les deux. Demandez alors à votre enfant de ressentir le chemin entre les deux, puis de le dessiner. Vous pourrez alors voir son cheminement intérieur et la solution qu’il aura lui-même trouvée pour résoudre la situation problématique.

Adapter les techniques

«Certains enfants sont assez matures pour pouvoir faire de l’autohypnose dès l’âge de sept ans», explique Martine Oswald, psychologue FSP à Nyon, spécialiste en hypnose médicale et formatrice et superviseuse à la Société médicale suisse d’hypnose. Mais généralement, les techniques proposées aux plus jeunes diffèrent de celles destinées aux adultes. «Avec les tout-petits, on travaille plus facilement sous forme de jeu». L’aspect ludique est important pour créer un lien de confiance avec les enfants, qui ont souvent plus de difficultés que les adultes à verbaliser ce qu’ils ressentent. Autre différence, les premiers ne peuvent pas se concentrer aussi longtemps que leurs aînés. Proposer des activités concrètes permet au thérapeute de s’adapter aux besoins des jeunes enfants. «Je suivais un petit patient hyperactif que j’avais du mal à capter tant il n’arrivait pas à se concentrer, se souvient Martine Oswald. Comme il adorait les jeux vidéo, j’ai un jour eu l’idée de le faire jouer pendant la séance. Alors qu’il se focalisait sur sa console, je n’ai cessé de lui raconter une histoire, pour que son inconscient saisisse le message. Au final, il n’a pu s’empêcher de réagir à ce que je disais, preuve qu’une partie de lui était réceptive». Avec les enfants, les thérapeutes ont souvent recours à ce type de récits métaphoriques, des techniques hypnotiques qui permettent à l’inconscient de comprendre un message indirect qui lui est adressé.

Des réactions différentes

«Les enfants ne réagissent pas vraiment de la même manière que les adultes, constate la spécialiste. Ils sont souvent plus réceptifs et travaillent plus vite». Lorsqu’ils sont mis en confiance, les jeunes patients opposent généralement moins de résistances. En revanche, il faut être prudent, car l’hypnose provoque parfois toutes sortes de sensations dans le corps, qui peuvent surprendre et paraître inquiétantes. Là aussi, le jeu s’avère très utile: «Il permet aux enfants d’être libres de prendre ou non ce que je leur transmets, explique Martine Oswald. Si je les sens prêts à entrer en état de transe, je leur explique qu’il s’agit d’un état d’éveil, comme pendant une grasse matinée». La transe, cet état de conscience modifié atteint lors d’une séance d’hypnose, reste cependant plus difficile à contrôler chez des enfants qui ont tendance à beaucoup bouger et à moins bien se concentrer. Avant tout, l’important pour le thérapeute est de savoir s’adapter aux besoins de l’enfant. Parmi les nombreuses techniques d’hypnose existantes, il choisira celle qui semble le mieux correspondre à la situation.

Et les parents dans tout ça ?

Pas toujours facile, pour les parents, de lâcher prise et laisser son enfant seul pendant la séance. La perspective de ne pas savoir exactement ce qu’il s’y passe peut être angoissante. Les thérapeutes veillent donc à inclure les parents dans le processus, en les invitant souvent en début de séance pour une discussion. « Les parents sont nos yeux et nos oreilles, assure Martine Oswald, psychologue et hypnothérapeute. Ce sont eux qui côtoient l’enfant au quotidien et qui peuvent témoigner des éventuels changements survenus après une séance ». Les informations apportées par les parents sont notamment de bons indicateurs pour le choix de la méthode d’hypnose à adopter. Dans certains cas, les parents peuvent même être amenés à prendre activement part à la séance. Si le thérapeute en perçoit l’utilité, il arrive parfois qu’il leur montre des exercices reproductibles à la maison à faire avec l’enfant. L’important avec les techniques d’hypnose étant avant tout de créer un lien, afin que l’enfant soit en confiance pour accéder à ses propres ressources.

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Paru dans le Quotidien de La Côte le 12/07/2017.

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