Pousser les ados à boire via Facebook

Dernière mise à jour 15/02/12 | Article
Adolescente à son ordinateur
La publicité pour l’alcool n’est pas interdite sur Facebook. Quelle est l’influence des réseaux sociaux sur la consommation des plus jeunes? Le point avec le Dr Thierry Favrod-Coune, référent alcool pour la médecine de premier recours des HUG.

Un producteur d’alcool américain a conclu un contrat publicitaire de plusieurs millions de dollars avec Facebook, rapporte Addiction Suisse. La publicité pour l’alcool n’étant pas interdite sur le réseau social alors qu’elle l’est dans plusieurs pays. Par ce canal, ce producteur a obtenu une augmentation de 20% des ventes sur cinq de ses produits phares aux USA.

Des études scientifiques viennent justement de mettre le doigt sur l’influence des réseaux sociaux sur la tendance des jeunes à abuser de certaines substances. « L’alcoolisation massive nous préoccupe car des études relèvent qu’elle a tendance à devenir une norme parmi les jeunes de 16-25 ans», annonce le Dr Thierry Favrod-Coune, référent alcool pour la médecine de premier recours des HUG.

Mais ce qui inquiète d’autant plus les spécialistes c’est que le public-cible dépasse le cadre des adolescents puisque des enfants de  8-12 ans surfent déjà sur Facebook.

Le rôle des réseaux sociaux

Sachant cela, la question qui se pose est : cette consommation massive est-elle accentuée par la publicité? «On sait que l’interdiction de la publicité diminue la consommation et  a donc un effet positif de protection de la jeunesse. Utiliser Facebook est un moyen de contourner les législations nationales. Donc oui, c’est un véritable danger pour les adolescents et les enfants», répond le spécialiste.

Autre aspect lié aux réseaux sociaux: la socialisation. L’adolescent a besoin de s’identifier à un groupe et Facebook symbolise cette appartenance à une communauté. Si l’alcool apparaît dans ces échanges en étant présent à l’écran, il y a interaction, dangereuse, entre alcool et socialisation. «On sait que l’effet groupe peut favoriser la normalisation d’une alcoolisation dangereuse. Et le réseau social est l’expression par excellence de ce besoin de socialisation. Donc pour moi,  la présence de l’alcool sur Facebook est vraiment un sujet digne d’intérêt, et d’inquiétude, malheureusement» explique le médecin.

Toucher les plus petits

Facebook est aussi consulté par des enfants. Même si, théoriquement, le site s’en défend.

«A l’âge de 12 ans, on se situe dans le contexte du premier contact avec l’alcool et pas encore dans celui des 16-25 ans qui sont eux déjà clairement exposé à cette substance. Les recherches démontrent que plus ce premier contact est précoce, plus le risque de dépendance future est grand. Il s’agit donc de reculer ce premier contact. Alors certes, si l’enfant croise des annonces pour l’alcool sur Facebook, cela peut l’interpeller, éveiller sa curiosité. C’est donc un effet pervers de ce genre de publicité. Pour la contrer, il serait intéressant d’infiltrer Facebook avec des messages inverses de prévention», conclut le Dr Thierry Favrod-Coune.

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