Frénésie et grignotage: attention, troubles émotionnels

Dernière mise à jour 21/02/12 | Article
Buffet
Les troubles du comportement alimentaire les plus connus sont l’anorexie et la boulimie. Cependant au rayon des compulsions alimentaires émotionnelles, il existe de nombreux comportements anormaux plus modérés, qui passent souvent inaperçus et peuvent mener à une prise de poids importante. Par exemple le grignotage frénétique.

La frénésie alimentaire

C’est une compulsion poussée à l’extrême où toute nourriture est avalée en un temps très court, en dehors des repas, de manière très impulsive et obsessionnelle.

Toute activité va être abandonnée sur le champ pour satisfaire la compulsion !

Elle s’associe parfois à des comportements  agressifs, de la violence verbale, de l’ingestion d’alcool immodérée («binge drinking»), et même parfois d’une tentative de suicide.

La souffrance psychologique est toujours très importante.

Le grignotage pathologique

Devant la télévision (ou l’ordinateur), l’adolescent grignote sans cesse, par petites quantités, sans y penser et hors des repas, de gros volumes d’aliments industrialisés.  Au menu: des chips, gâteaux, barres de céréales, chocolat, biscuits, cacahuètes, etc. Cela peut entraîner une prise de poids importante, voire une obésité.

Quelques  pistes pour  déjouer les compulsions alimentaires et le grignotage

a) Restructurer les repas en commençant par un petit-déjeuner, un dîner et un souper et prendre un goûter à 16 h si nécessaire.

b) Le matin, si l’on a pas faim tout de suite ou si l’on n’a pas le temps, prendre un en-cas avec soi: on le mangera dès que la sensation de faim apparaît.

c) Réexaminer les aliments  à consommer pour couvrir ses besoins énergétiques. Manger régulièrement, mais pas tout le temps: cela provoquerait un état de digestion permanente et une baisse de la concentration.

Conseils: Prendre un petit-déjeuner. A midi, augmenter l’apport de protéines sous forme de poissons (non panés) ou de viandes par exemple, avec un féculent (riz, pâtes, pain, etc.) un ou deux légumes différents et un fruit. Emporter un en-cas préparé à l’avance pour le goûter (en-cas à environ 200 kcal: une tranche de pain et une barre de chocolat; un yaourt entier aux fruits, un flan, un fruit et deux biscuits, etc.)

En rentrant de l’école, sortir de la maison pour faire du sport collectif ou de l’activité physique ou inviter des copains ou copines pour faire les devoirs ensemble. Demander de l’aide pour résoudre les difficultés actuelles, à un ami, à son médecin de famille, bref à quelqu’un en qui l’on a confiance.

Il arrive à tout adolescent de manger pour des raisons émotionnelles. Il se fâche avec son meilleur ami et il se précipite sur un paquet de chips ou de biscuits.

Souvent, les schémas alimentaires reposent sur des émotions. Il faut donc tenter de prendre conscience des problèmes affectifs qui déterminent le comportement alimentaire. En effet, la nourriture ne pourra pas réconcilier quelqu’un avec son ami, elle ne pourra pas aider à diminuer de taille de vêtement (elle ferait d’ailleurs plutôt le contraire), pas plus qu’elle ne renverra l’image de la silhouette désirée. Manger dans ces cas-là, c’est chercher un réconfort; or, pour ceux qui désirent perdre du poids, c’est comme frotter une plaie avec du sel.

L’aspect apaisant de la nourriture est très éphémère et ne durera qu’un instant. Puis, apparaîtra le fardeau de la culpabilité. La nourriture ne va pas rassurer. Elle ne fera qu’augmenter l’angoisse.

Extrait de «Alimentation et surpoids à l’adolescence, Manuel de prévention et ateliers pratiques»,  Dr Dominique Durrer et Yves Schutz, Médecine et Hygiène, 2010.

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