Portrait-robot d’un dépressif…?

Dernière mise à jour 28/04/15 | Article
Portrait-robot d’un dépressif…?
Le dépressif type n’existe pas. Il est impossible de dresser son portrait-robot, tant cette maladie peut frapper n’importe qui, n’importe quand.

Quelle que soit la latitude où elles vivent, les femmes sont deux fois plus touchées par la dépression que les hommes. Cette maladie psychique frappe 20% des femmes contre 10% des hommes. L’explication de cette «suprématie» féminine est peut-être à rechercher du côté des facteurs psychosociaux, de l’éducation et des inégalités entre les sexes.

Citons le cumul des fonctions de mère et de professionnelle assumées par un nombre croissant de femmes. Quand s’ajoutent à ce double labeur des difficultés familiales et/ou matérielles, la coupe menace de déborder et les résistances lâchent. A noter aussi que dans le couple, moins les rôles sont partagés, plus le risque de dépression pour la femme est élevé. Enfin, avec une espérance de vie plus longue, les femmes finissent leur existence souvent veuves, ce qui les expose davantage à l’isolement social et affectif.

Reste que, si les femmes paient le plus lourd tribut à la dépression, il ne faut pas sous-estimer la maladie dans la population masculine, puisqu’un homme sur dix est concerné. En outre, s’ils sont moins souvent touchés, les hommes se suicident davantage.

Rôle des hormones étudié

Etude suisse

D’après l’étude «La santé psychique en Suisse», publiée en 2012 par l’Observatoire suisse de la santé, les troubles dépressifs sont plus fréquents au Tessin et dans la région lémanique. Parmi les personnes interrogées, 3% font état de symptômes dépressifs moyens à sévères (nécessitant un traitement). Si les femmes ont nettement plus souvent des symptômes légers, la différence entre les sexes est quasi nulle lors de dépression sévère.

Même si les épisodes de vie marqués par de grands bouleversements hormonaux (accouchement, ménopause…) se soldent parfois par une dépression, rien ne prouve actuellement que la vie génitale féminine constitue un facteur de fragilisation. Sauf peut-être le syndrome prémenstruel…

Sans limite d’âge

Il n’y a pas d’âge pour déprimer. Cependant, contrairement à une idée répandue, la vieillesse n’est pas un facteur de risque de dépression. La population à plus haut risque dépressif est la tranche des 18-44 ans. On assiste même à un rajeunissement de l’âge moyen de survenue du premier épisode dépressif qui, aujourd’hui, se manifeste dans 75% des cas avant l’âge de 24 ans.

Maladie démocratique

On a longtemps pensé que la dépression était une maladie de la classe aisée, laissant supposer que les états d’âme étaient un luxe réservé aux privilégiés. Tout faux! Les études montrent, au contraire, une corrélation entre milieu défavorisé et dépression. Une certitude: aucune classe sociale n’échappe à cette maladie.

Rôle positif du mariage

D’une manière générale, le mariage a un effet protecteur contre la dépression, sauf en cas de mésentente conjugale bien sûr. Cependant, les sujets non mariés sont tout de même mieux lotis que les sujets divorcés, séparés ou veufs, lesquels restent les plus exposés au risque d’être touchés un jour par cette maladie.

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Extrait de : J’ai envie de comprendre… la dépression (éd. 2012), de Suzy Soumaille en collaboration avec Guido Bondolfi et Gilles Bertschy

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