Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) pèse sur le moral

Dernière mise à jour 02/05/12 | Article
Silhouette d'un homme déprimé
Comme beaucoup de maladies chroniques, l’infection par le VIH (transmis sexuellement et par voie sanguine ) se répercute sur de nombreux domaines: défis personnels, médicaux, sociaux, psychologiques et psychiatriques font partie intégrante du quotidien des personnes vivant avec le VIH.

La dépression ou le mal du siècle

Le risque de développer une dépression majeure serait doublé chez les personnes vivant avec le VIH par rapport au reste de la population. Plusieurs études ont été menées, mais se limitent le plus souvent aux patients de sexe masculin. Les répercussions sur les femmes sont encore peu étudiées. Le sujet reste à explorer, mais certaines conclusions voient déjà le jour.

Les symptômes dépressifs…

Les symptômes dépressifs sont les mêmes que pour la population générale. Ils peuvent se déclarer à tous les stades de la maladie et peuvent aller du simple sentiment de tristesse dans les stades difficiles (annonce du diagnostic, perte d’un travail, stigmatisation sociale, progression de la maladie) à certaines maladies psychiatriques. Certains patients ont connu des dépressions avant d’être infectés par le VIH, d’autres la développent après.

Les symptômes plus communs sont l’humeur dépressive, l’irritabilité, le manque de plaisir, des sentiments de culpabilité, des problèmes de concentration, la fatigue, la perte de l’appétit et/ou la baisse de la libido.

…Et leurs origines

Certains facteurs augmentent le risque de développer une dépression: le fait d’être une femme, l’abus de substances (actuel ou passé), une histoire familiale de dépression, une situation relationnelle conflictuelle ou violente, un état socio-économique défavorable, les situations de perte et de deuil.

Dans le cas particulier du VIH certains facteurs peuvent favoriser l’émergence de la dépression, tels qu’un abus de substances, certains effets secondaires de la trithérapie, les infections opportunistes et la toxicité du virus pour le système nerveux.

L’équipe multidisciplinaire du CHUV

La prise en charge des problèmes secondaires au VIH est complexe et nécessite la collaboration de plusieurs intervenants. Au CHUV, l’équipe multidisciplinaire est constituée d’infectiologues, neurologues, neuropsychologues, psychiatres, l’équipe infirmière et les intervenants sociaux dans le but de soutenir et soigner au mieux les répercussions du virus.

Référence

Adapté de «Troubles de l’humeur et VIH: épidémiologie, clinique et prise en charge thérapeutique», Drs Giorgio Enrico Maccaferri et Alexandre Berney du Service de psychiatrie de liaison, Dr Matthias Cavassini du Service des maladies infectieuses, CHUV, Lausanne, in Revue Medicale Suisse 2012; 8: 362-7, en collaboration avec les auteurs.

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