Pression

Dernière mise à jour 20/10/11 | Article
Cocotte-minute
Les pressions qui nous perturbent ne sont pas uniquement celles que nous subissons dans le présent, mais toutes celles que nous avons mémorisées bio-logiquement au cours de notre existence.

Toute pression psychologique, si elle n’est pas neutralisée biologiquement est destructrice. Elle entraîne une modification neurophysiologique cérébrale, susceptible d’irra­dier dans tout le corps. A terme, elle altère l’état général et provoque­ des maladies. Pour résister à une pression, il faut d’abord la percevoir, avant d’y faire face et de pouvoir la neutraliser. Il y a des personnes qui dès le début de leur vie ont subi des pressions si permanentes, si constantes qu’elles ne perçoivent même plus celles qu’elles subissent. Elles leur sont pour ainsi dire naturelles.

Lorsqu’elles se sentent suffisamment en confiance pour s’exprimer librement, elles découvrent à quel point elles ont été conditionnées et se rendent compte avec stupeur qu’elles ne savent pas qui elles sont. D’autres sentent qu’on exerce sur elles une pression, la perçoivent très clairement, mais ignorent comment y remédier. Elles essayent désespérément de comprendre ce qui leur arrive, mais n’obtiennent pas de réponse. Effectivement, il ne s’agit pas d’un problème intellectuel à résoudre, mais d’une épreuve de force, d’un conflit biologique qui occasionne des troubles neuro-végétatifs, des émotions, des modifications métaboliques.

L’aptitude biologique à résister aux pressions psychologiques contradictoires que nous subissons chaque jour est extrêmement variable. Qui ne peut pas résister biologiquement à une pression psychologique est gravement handicapé et sans traitement adéquat, tombe malade plus ou moins vite.

Il ne s’agit pas de dire non verbalement du bout des lèvres ou même avec force, « non je ne veux pas » ou « je vous en prie laissez-moi tranquille », mais viscéralement « je n’entre pas en matière, cela ne me concerne pas ». Il ne s’agit pas d’expliquer, mais de prendre position. A terme, il s’agit de démémoriser les pressions dès qu’elles apparaissent. Cela nécessite un long travail psychothérapique jamais achevé qui consiste à mettre en place une nouvelle mémoire du non qui protège notre intimité, neutralise, voir annihile l’effet des pressions mémorisées.

Les pressions qui nous perturbent ne sont pas uniquement celles que nous subissons dans le présent, mais toutes celles que nous avons mémorisées biologiquement au cours de notre existence, même à notre insu, et qui se trouvent inscrites dans nos cellules. Cette accumulation de pressions historiques, si elles ne sont pas évacuées par une hygiène de vie adéquate, impliquant un bon état général et l’accueil de la totalité des émotions telles qu’elles se manifestent, entraîne un blocage, une congélation de l’énergie, source d’un épuisement physiologique.

Couverture du Petit lexique de la psychothérapie

Source

Retrouvez d'autres mots essentiels dans le Petit lexique de la Psychothérapie du Dr François Adler aux éditions Georg.

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