Vaccin contre le zona: la Suisse devrait-elle le recommander?

Dernière mise à jour 24/11/14 | Article
Vaccin contre le zona: la Suisse devrait-elle le recommander?
Depuis 2008, un vaccin contre le zona est disponible en Suisse. Il ne fait toutefois pas partie du plan de vaccination nationale. Les autorités devraient-elles revoir leur décision? Quelle est l'efficacité de ce vaccin?

Chaque année, plus de 1,7 million de personnes présentent un zona en Europe. D'origine virale, cette maladie infectieuse, également appelée «herpes zoster», se caractérise par l'apparition de petites cloques sur la peau, dites «vésicules». Cette éruption cutanée peut être accompagnée de très vives douleurs et se concentre en principe sur une zone localisée de la peau, le plus souvent sur le thorax. Elle est causée par la réactivation du virus responsable de la varicelle, qui, une fois contracté, reste latent (inactif) dans les ganglions nerveux.

Chez les personnes de plus de 60 ans, le vaccin Zostavax permet de diminuer les risques de développer le zona et aussi d'atténuer significativement certaines de ses complications. C'est pourquoi de nombreux pays européens (l'Angleterre, la France et l'Autriche) l'ont intégré dans leur plan de vaccination. La Suisse a, quant à elle, décidé de ne pas le faire.

Le zona et ses complications

Si les boutons disparaissent après un certain temps, des complications peuvent toutefois apparaître au niveau de la peau (dépigmentation), des yeux, des viscères (pneumonie) ou du système nerveux. Le zona ophtalmique (10 à 20% des cas), touchant donc l’œil, peut être sévère et menacer la vue du patient.

La complication la plus courante est la «névralgie post-zostérienne» (NPZ), qui se manifeste par une douleur chronique et persistante, alors que les boutons ont disparu. La douleur ressentie peut être encore plus forte que celle provoquée par une sciatique. Le simple frottement d'un habit sur la peau peut alors devenir insupportable. Cette souffrance est connue pour détériorer la vie quotidienne du patient et diminue l'autonomie des personnes âgées. Cependant, le degré d'inconfort varie selon la durée et l'intensité de la NPZ. Le risque augmente avec l'âge: en effet, 40% des patients de plus de 60 ans présentent une complication de ce type.

Quant au décès dû au zona et à ses complications, il touche surtout les personnes de plus de 70 ans.

Traitement et population à risque

A l'heure actuelle, il n'existe toujours pas de traitement antiviral efficace pour prévenir les séquelles causées par le zona et la NPZ. Toutefois, d'après certaines études, l'administration précoce (dès l'apparition des boutons) de traitements antiviraux permettrait de diminuer la durée de la NPZ mais n'aurait qu'un effet limité sur la douleur.

Les risques d'attraper le zona et sa sévérité augmentent avec l'âge. La plupart des cas recensés ont ainsi plus de 50 ans. De plus, les personnes dont le système immunitaire est affaibli constituent également une population à risque.

L'efficacité du vaccin

Administré en une dose unique par voie sous-cutanée, leZostavaxréduit le risque de développer la maladie, surtout chez les personnes âgées. Il atténuerait aussi la sévérité du zona et de ses complications. En effet, une étude a démontré que, chez les patients de plus de 60 ans, le vaccin diminue de 50% le risque d'être touché par cette infection et de 60% les risques de développer une NPZ. Le Zostavax est toutefois contre-indiqué chez certaines personnes, à savoir les femmes enceintes, les personnes dont le système immunitaire est fortement affaibli et les personnes qui n'ont jamais été exposées au virus de la varicelle.

Plusieurs études suggèrent que le rapport coût-bénéfice d'un plan de vaccination serait favorable en Suisse. Le vaccin pourrait ainsi être recommandé chez les personnes de plus de 70 ans, voire de plus de 60 ans.

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Référence

Adapté de «Vaccin contre le zona: quelles recommandations en 2014?», Dr Julien Vionnet, Pr. François Spertini, Service d'immunologie et d'allergie, Dr Karen Hart, Centre d'immunothérapie et vaccinologie, CHUV. In Revue Médicale Suisse 2014;10:869-875. En collaborations avec les auteurs.

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