La plupart des tumeurs sont opérables

Dernière mise à jour 02/03/12 | Article
En 2011, les HUG ont réalisé quelque 250 interventions grâce à une technologie de pointe.

La chirurgie du cerveau, c’est un monde à part. A peu près chaque millimètre carré de matière grise contrôle une pièce du puzzle organique et psychique composant l’être humain. Au sein d’une telle densité, le neurochirurgien assisté d’un outillage technologique de pointe opère avec d’infinies précautions.

En effet, l’ablation d’une tumeur cérébrale fait l’objet d’une préparation minutieuse. Pour éviter au maximum d’abîmer les tissus qui entourent la partie malade, le patient passe une série d’examens IRM (imagerie par résonance magnétique) destinés à déterminer l’importance et la nature fonctionnelle de la région touchée.

«Ces informations fournissent une excellente indication sur l’opérabilité de la tumeur», explique le Pr Karl Schaller, médecin-chef du service de neurochirurgie.

La bonne nouvelle, c’est que 90% des patients souffrant d’une atteinte tumorale sont opérables. La mauvaise, la tumeur réapparaît à plus ou moins long terme dans la plupart des cas. «Nous avons affaire à une maladie systémique du cerveau. La tumeur, c’est la face visible. Il reste toujours dans les tissus environnants une part invisible impossible à traiter», indique le Pr Schaller.

«En règle générale, plus on enlève de cellules tumorales, meilleures sont les chances de survie du patient et plus les traitements complémentaires sont efficaces», reprend le neurochirurgien. La qualité de l’imagerie médicale joue donc un rôle crucial pour atteindre une précision optimale. Les scanners sont également utilisés pendant l’opération elle-même pour guider la main du spécialiste et lui éviter d’infliger du stress aux tissus sains.

Cerveau

IRM fonctionnelle d’un cerveau (vue de face). La tumeur (en jaune) a partiellement détruit l’aire du langage (en bleu). L’autre hémisphère a compensé la fonction perdue (en rouge).

300 types de tumeurs

Il existe environ 300 types différents de tumeurs classés en plusieurs catégories, dont les plus importantes sont les gliomes et les méningiomes. Les premiers croissent à l’intérieur du cerveau en détruisant les tissus sains. Les seconds poussent depuis l’extérieur, à partir de l’enveloppe méningée. Ils n’envahissent jamais la matière grise, mais la compriment ou l’irritent. En 2011 aux HUG, quelque 250 patients ont été opérés d’une tumeur du cerveau.

En pratique, le neurochirurgien intervient également dans le cas d’urgence, le plus souvent des traumatismes crâniens causés par un accident de la circulation. Lorsque le pronostic vital est en jeu, le premier geste du neurochirurgien consiste souvent à ouvrir la boîte crânienne pour diminuer la pression interne résultant du choc. «Dans ces situations, la préparation est réduite au strict nécessaire. Chaque minute représente une année de vie du patient», rappelle le Pr Schaller.

Source

Pulsations - mars-avril 2012

Article original: http://bookapp.fr/api/hug/viewer/viewer.php?mag=HUGE_123#13

A LIRE AUSSI

Chirurgie de l'obésité
Les effets inattendus du by-pass gastrique

Les effets inattendus du by-pass gastrique

Carences, problèmes psychologiques et esthétiques, prise de poids font partie des effets secondaires...
Lire la suite
Anesthésie
Une banane

Circoncision: à quoi sert le prépuce?

La circoncision, du latin circumcisio, signifiant «découper autour», consiste en l’ablation du prépuce,...
Lire la suite
Paracétamol
Intoxication au paracétamol: quels sont les risques?

Intoxication au paracétamol: quels sont les risques?

Vous ne connaissez peut-être pas le paracétamol et, pourtant, vous en avez déjà sûrement ingurgité. En...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
cancer_2016

Le cancer en 2016

Contre le cancer, quels progrès ont été réalisés ces dernières décennies et quels sont les défis brûlants? Les réponses d’un expert, le Pr Pierre-Yves Dietrich, chef du Service d’oncologie des Hôpitaux universitaires de Genève.
Téléphone portable et cancers cérébraux: le risque ne semble plus d’actualité

Téléphone portable et cancers cérébraux: le risque ne semble plus d’actualité

Au terme d’une vaste étude, des chercheurs australiens aboutissent à une conclusion rassurante: l’essor de la téléphonie mobile ne s’est pas accompagné d’une augmentation des tumeurs cérébrales.
Un robot pour détruire les tumeurs

Un robot pour détruire les tumeurs

Le Cyberknife, c'est un bras robotisé, des appareils de radiothérapie et d'imagerie permettant de s'attaquer aux tumeurs avec une précision inédite jusqu'ici. Découverte.
Videos sur le meme sujet

Le futur de la médecine

Demain, un tiers de la population aura plus de 65 ans. 40% de la population aura une maladie chronique. Les hôpitaux seront saturés, les médecins trop peu nombreux et les coûts de la santé continueront de prendre l’ascenseur. Dès lors, quelles sont les mesures adoptées par le monde médical pour répondre à ces problématiques?

Cancers: faire pencher la balance du bon côté

Avec les progrès de la médecine moderne, les gens vivent plus longtemps et certaines maladies ont quasiment disparu. Mais le cancer fait de plus en plus de morts et s'annonce comme un des défis de la médecine. Cette émission se penche sur cette maladie.

Des cellules en or

Comment se passe le traitement de la leucémie ou d’autres maladies graves du sang au moyen d’une transplantation de cellules souches hématopoïétiques? Témoignages.
Maladies sur le meme sujet
Scanner de la tête

Tumeurs cérébrales

Chaque année en Suisse, environ 600 personnes développent une tumeur maligne du cerveau, ce qui correspond à près de 1,5% de toutes les maladies cancéreuses.