PMA : Les risques et les chances

Dernière mise à jour 19/07/11 | Article
Les grosseses multiples
La procréation médicalement assistée (PMA), comme toute autre technique médicale, comporte certains risques. Un article pour en savoir plus.
CHUV

Un article de l'Unité de médecine de la reproduction
repris depuis le site du CHUV

Grossesses multiples

Le taux de grossesses gémellaires après le transfert de 2 embryons est de 15 à 20%. Le risque d`avoir des triplés après le transfert de 2 embryons est extrêmement minime (environ 1/500 à 1/1000). Si on transfère 3 embryons, les chances de grossesse sont les mêmes qu'avec le transfert de 2 embryons, mais le risque d'avoir des triplés est de 6% et plus. Il faut savoir que les grossesses multiples sont significativement associées à un taux de prématurité plus élevé et à la naissance d'enfants de faible poids (moins de 1'500 gr). De plus, les complications chez l’enfant né sont plus importantes en nombre et en sévérité s'ils sont issus de grossesses gémellaires et à fortiori triples ou plus.

Pour vous offrir le plus de chances d'avoir une grossesse sans augmenter les risques pour la santé de la mère et de l'enfant nous transférons en principe un maximum de 2 embryons.

Les grossesses multiples sont significativement associées à un taux de prématurité plus élevé et à la naissance d’enfants de faible poids (moins de 1'500 gr).

Les coûts inhérents aux grossesses multiples sont de même extrêmement élevés. La fécondation in vitro permet de gérer beaucoup plus aisément ce problème par la limitation du nombre d’embryons transférés à 2, voire à 1. En effet, un transfert électif de 3 embryons n’a actuellement plus sa place dans les traitements de FIV modernes.

Le syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO)

Le SHO correspond à une réponse ovarienne importante à la stimulation, dont l'ampleur est imprévisible. Les symptômes ressentis par la patiente sont divers et peuvent être dangereux: douleurs au bas-ventre, nausées, vomissements, œdèmes, liquide libre dans l’abdomen (=ascite), épaississement du sang avec danger de thromboses, dysfonction rénale, etc. Dans de rares cas (moins de 1%), une hospitalisation est rendue obligatoire pour une surveillance, voire pour une amélioration de la fonction rénale. La collaboration entre la patiente et le médecin est essentielle dans ce contexte. Les signes avant coureurs du SHO, à savoir une distension abdominale, des nausées, une diminution de la quantité d’urine émise, doivent immanquablement pousser la patiente à contacter l’UMR.

Nous faisons des contrôles stricts pour ajuster le dosage des hormones de manière individuelle. Parfois, le traitement FIV doit même être abandonné, soit en cours de stimulation, soit après la récolte des ovocytes. Le transfert des embryons congelés – décongelés aura lieu au cours de cycles ultérieurs.

Grossesse extra utérine

La grossesse extra-utérine (GEU) se produit lorsque la grossesse s'implante en dehors de l'utérus. Ce type de grossesse concerne 1% à 5% des grossesses obtenues après FIV. Bien que les embryons soient replacés à l'intérieur de la cavité utérine, ils peuvent migrer postérieurement dans une trompe endommagée par des contractions utérines normales. Lors de la grossesse, les analyses de sang fournissent des informations sur l'évolution de l'embryon et un ultrason, exécuté un mois après le transfert, permet de localiser le sac gestationnel (normalement dans l’utérus). Lorsqu' une grossesse extra-utérine est détectée, il est habituellement nécessaire d'effectuer une laparoscopie, un procédé chirurgical pour ôter le sac gestationnel de la trompe utérine. Parfois, l’ablation de la trompe entière est inévitable. Dans quelques cas particuliers, au lieu du traitement opératoire, un traitement médicamenteux peut être prescrit à la patiente afin d'arrêter l'évolution de la grossesse extra-utérine.

Malformations et aberrations chromosomiques

Plus de cinq millions d'enfants ont vu le jour dans le monde grâce à une FIV ou à une ICSI. Les données épidémiologiques sur la santé et le développement de ces enfants sont toutes rassurantes. Toutefois, plusieurs équipes, dont la nôtre, suivent le développement des enfants au travers d'un suivi téléphonique et de questionnaires personnalisés.

Jusqu'à ce jour, le nombre de malformations congénitales observé chez les enfants issus d'une FIV ou d'une ICSI est légèrement supérieur (5,3%) à celui observé parmi la population générale (3% à 4%).

Les malformations congénitales ne semblent pas directement liées à la technique de la PMA (FIV ou ICSI). L'origine des malformations est en principe imputable à des facteurs génétiques héréditaires ou à des facteurs maternels.

Les malformations sont détectables par l’ultrason. Selon la gravité de la malformation, une interruption thérapeutique de grossesse peut s'imposer.

Les abérrations chromosomiques, comme par exemple la trisomie 21 (Down syndrome ou mongolisme), peuvent être détectées par des examens sanguins et échographiques précoces (12ème semaine) ou par un examen invasif (choriocentèse / amniocentèse).

Le risque de fausse-couche est légèrement augmenté (en raison de l`âge biologique élevé des femmes qui font une FIV par rapport aux autres femmes et également en raison du diagnostic de grossesse très précoce), et est de 15% à 25%.

La transmission génétique d'une infertilité paternelle à la descendance masculine: risque intervenant clairement dans les procédures d'ICSI et de FIV, surtout lorsque l'hypospermatogenèse est due à une mutation du chromosome Y. Notons que ce risque existe théoriquement également lors d'une conception naturelle.

Autres risques

  • Les risques traumatiques (blessures des organes adjacents, saignements) ou infectieux secondaires à une ponction ovocytaire ou au transfert d’embryon est extrêmement rare (<0.1%).
  • Les accouchements prématuréscésariennes: sont chez les patientes FIV-ICSI statistiquement plus fréquemment rencontrés, dépendent cependant de plusieurs facteurs (état de santé de la femme, âge de la femme, grossesses multiples, etc.) et ne sont pas directement liés à la technique de FIV/ICSI.
  • L'épuisement psychologique lié aux échecs répétés et la précarité financière pouvant empêcher certains couples d'accéder aux traitements sont des risques présents, mais non directement associés à la technique.

Les chances

Les chances d’avoir une grossesse après un cycle de stimulation FIV-ICSI dans notre centre sont en moyenne entre 32 et 35%.

Si on calcule les taux de grossesses cumulés, c’est-à-dire après plusieurs cycles de FIV-ICSI, on obtient des taux de grossesses entre 60 et 70%.

Les chances d’avoir une grossesse après un cycle de décongélation dans notre centre sont en moyenne environ 25%.

Le taux de grossesses gémellaires est dans notre centre d’environ 17%.

Comme nous ne transférons pratiquement jamais trois embryons, nous n’avons pas de grossesses triples (le risque d`avoir des triplés après un transfert de 2 embryons étant extrêmement minime, environ 1/500 à 1/1000).

Les chances d’avoir une grossesse après un seul cycle d’insémination varie entre 10 et 17%.

Article original: http://www.chuv.ch/dgo/dgo_home/umr/dgo_fer_prise_charge/dgo_fer_info_risques.htm

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